Pages

samedi 11 avril 2026

Iran : recrudescence des arrestations de femmes et de mineurs

 Vague d’arrestations visant les femmes et les mineurs dans un contexte de guerre en Iran

À la suite de l’intensification de la répression liée au récent conflit, plusieurs sources font état d’une forte augmentation des arrestations à travers l’Iran, touchant de manière disproportionnée les femmes et les mineurs. Les autorités interpelleraient quotidiennement un grand nombre d’individus, souvent sous des chefs d’accusation tels que « collaboration avec des États hostiles » ou « atteinte à la sécurité nationale », avant de les transférer vers des centres de détention et des prisons.

Azar Yahoo : une arrestation liée à son activité sur les réseaux sociaux

Azar Yahoo, 38 ans, est détenue au quartier 6 de la prison de Vakilabad, à Machhad, depuis son arrestation le mercredi 5 mars 2026 par les forces de renseignement affiliées à l’unité Tharallah des Gardiens de la révolution.

Elle est accusée de « collaboration avec Israël », une charge qui serait liée à ses publications sur les réseaux sociaux. Les autorités ont également cité le fait de « danser dans la rue après le décès d’Ali Khamenei » comme preuve d’« atteinte à la sécurité nationale ».

Baran Omidian et Dorsa Ayazi : transfert en prison et en centre pour mineurs

Le 19 mars 2026, Baran Omidian, doctorante, et sa nièce de 17 ans, Dorsa Ayazi, ont été arrêtées. Mme Omidian a été transférée à la prison de Qarchak, à Varamin, après son interrogatoire, tandis que la jeune fille, en raison de son âge, a été placée dans un centre de correction et de réhabilitation pour mineurs.

Zeinab Azizi : privation d’avocat et de visites familiales

Zeinab Azizi et son mari, arrêtés début mars à Sanandadj, ont récemment été transférés d’un centre de détention de sécurité vers la prison centrale de Hamadan.

Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux, le couple n’a été autorisé à passer que trois brefs appels téléphoniques surveillés depuis son arrestation. Les visites en personne et l’accès à un conseiller juridique leur ont été refusés. L’état actuel de leur dossier demeure incertain.

Mahboubeh Shaabani : risque d’exécution

Mahboubeh Shaabani, née en 1993 et arrêtée lors des manifestations de janvier 2026 à Machhad, est actuellement détenue à la prison de Vakilabad. Elle est inculpée de « moharebeh » (guerre contre Dieu), un crime passible de la peine de mort selon la loi iranienne.

Elle a été violemment interpellée par les agents du ministère du Renseignement le 2 février 2026. L’accusation reposerait sur son rôle présumé dans l’assistance aux manifestants blessés en les transportant vers des structures médicales. Mme Shaabani subit une forte pression psychologique dans le quartier des femmes et manque de soutien familial adéquat.

Farideh Ketabi : l’arrestation comme outil de pression

Farideh Ketabi, mère de la militante politique en exil Zahra Sedighi-Hamadani, a été arrêtée le 27 mars 2026. Cette détention est largement perçue comme une tentative de pression pour contraindre sa fille à cesser ses activités politiques à l’étranger.

Mme Ketabi, une femme vivant en milieu rural sans engagement politique connu, souffre d’une pathologie nécessitant des injections d’insuline. Son état de santé en détention suscite de vives inquiétudes.

Sima Anbaei Farimani : le flou juridique à la prison de Vakilabad

Sima Anbaei Farimani, 34 ans, actrice de théâtre et poétesse, a été arrêtée le 16 mars 2026 par les forces de sécurité. Elle se trouve toujours dans un flou juridique total à la prison de Vakilabad, à Machhad.

Les charges retenues contre elle incluent des « liens avec Israël », le « rassemblement et la collusion contre la sécurité nationale » ainsi que l’« insulte au Guide suprême ». Sa famille n’a pas pu accéder aux informations du dossier et s’est vu refuser le droit de nommer un représentant légal.

Mandana Sotoudeh : perquisition et arrestation sans mandat

Le 1er avril, les forces de sécurité ont perquisitionné le domicile de Mandana Sotoudeh, confisquant ses appareils électroniques. Son mari a d’abord été détenu, avant qu’elle-même ne soit arrêtée au domicile de sa mère.

L’opération a été menée sans mandat judiciaire. Aucune information officielle n’a été communiquée sur les motifs de leur détention ou sur leur lieu actuel d’incarcération.

Mahsa Sotoudeh : arrêtée à Chiraz et transférée vers un lieu inconnu

Le dimanche 29 mars 2026, les forces de renseignement des Gardiens de la révolution ont pris d’assaut la résidence de Mahsa Sotoudeh, une citoyenne de 25 ans habitant à Chiraz. Elle a été arrêtée et transférée vers une destination inconnue.

Lors de l’opération, les agents ont fouillé l’intégralité du domicile et saisi tous les appareils électroniques des membres de la famille. Plusieurs jours après son interpellation, aucune précision n’a été apportée sur les raisons de sa garde à vue, les charges pesant sur elle ou son lieu de détention.

Pris dans leur ensemble, ces cas révèlent une intensification systématique des arrestations sur la base d’accusations vagues liées à la sécurité nationale. Le déni des droits fondamentaux, tels que l’accès à un avocat, le contact avec la famille et la transparence des procédures judiciaires, soulève de graves préoccupations quant à la situation des droits humains en Iran, en particulier concernant le traitement réservé aux femmes et aux mineurs.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire