La principale crise réside dans le fait qu'une grande partie de la société ne peut suivre le rythme de ces hausses. Les salaires ont stagné par rapport à l'inflation. L'épargne des ménages s'amenuise de jour en jour, tandis que le coût des besoins essentiels absorbe une part toujours plus importante des revenus. https://as-human-lu.blogspot.com/2026/10/effondrement-structurel-du-marche-du.html?m=1
L'évolution de l'inflation sur sept mois illustre clairement l'accélération de la crise. Le taux annuel est passé de 53,7 % en mars à 76,8 % en octobre. Cette hausse de 23,1 points de pourcentage en sept mois témoigne de pressions inflationnistes persistantes.
Parallèlement, l'inflation annuelle a diminué, passant de 89,8 % en septembre à 88,7 % en octobre. Certains pourraient interpréter cette évolution comme un signe d'amélioration de la situation. Toutefois, une telle interprétation déforme la réalité statistique.
L'indice des prix à la consommation a également progressé, passant de 729,8 points en septembre à 761,8 points en octobre. Cela signifie que le niveau général des prix a continué d'augmenter.
Il faut rechercher les racines de la crise dans les structures économiques et politiques iraniennes. Une économie régie par des monopoles, la corruption institutionnelle, une instabilité politique, une concurrence restreinte et un manque de transparence ne peut constituer un fondement fiable pour la stabilité économique.
Tables ménagères : première victime de l'inflation en Iran
La gravité de la crise apparaît encore plus clairement lorsqu'on examine les prix alimentaires. L'inflation annuelle des produits alimentaires, des boissons et du tabac a atteint 113,4 % en octobre.
Les huiles et les matières grasses ont enregistré les plus fortes hausses de prix, avec une inflation annuelle atteignant 255,7 %. Le lait, le fromage et les œufs ont également vu leurs prix augmenter de 154,6 %. Les prix des viandes rouges et blanches étaient supérieurs de 113,1 % à ceux de l'année précédente.
Le poids de l'inflation est également très inégalement réparti. En octobre, l'inflation annuelle pour le deuxième décile de revenus a atteint 85,8 %, contre 74,8 % pour le dixième décile, le groupe le plus aisé.
Cette disparité n'est pas le fruit du hasard. Les ménages à faibles revenus consacrent une part plus importante de leurs revenus à l'alimentation. Par conséquent, la hausse des prix alimentaires menace directement leurs moyens de subsistance.
En milieu rural, l'inflation annuelle a également atteint 92,3 %, contre 74,1 % pour les ménages urbains. Cet écart montre que les pressions économiques ne sont pas réparties uniformément sur le territoire national.
La flambée des coûts de l'éducation et des transports étend l'étendue de la pauvreté.
La crise du coût de la vie ne se limite plus à l'alimentation. En octobre, les prix des biens et services non alimentaires ont augmenté de 5,8 %. Cette catégorie représente près de 77 % de la hausse mensuelle globale de l'indice des prix.
Les dépenses liées à l'éducation ont augmenté de 23,5 % en un seul mois. Les prix des transports ont également progressé de 10,7 %. Les loisirs et la culture ont suivi avec une hausse de 9,8 %, tandis que les vêtements et les chaussures ont augmenté de 7,8 %.
Ces changements montrent que les pressions inflationnistes se sont étendues à divers aspects de la vie domestique.
La hausse des coûts de l'éducation menace l'égalité d'accès des enfants à l'enseignement. Le coût plus élevé des transports augmente également les frais de déplacement domicile-travail. Enfin, la hausse des prix des vêtements et des biens durables limite davantage la capacité des ménages à remplacer les articles essentiels.
Bons de subvention électroniques : une aide insuffisante face à une crise qui s’aggrave
Face à cette situation, des bons d'aide électroniques ont été mis en place pour soutenir les moyens de subsistance des ménages. Toutefois, l'écart entre la valeur du bon et le coût réel de la vie limite considérablement l'efficacité de cette politique.
Certains commerçants se sont plaints sur les réseaux sociaux de retards dans le versement des paiements qui leur sont dus au titre du programme de bons d'achat. L'exactitude et l'étendue de ces signalements nécessitent encore une vérification indépendante.
Ces rapports soulèvent néanmoins d'importantes questions quant au financement et à la fiabilité pratique du programme. Si les détaillants doivent attendre des mois pour être payés pour les marchandises qu'ils ont livrées, la confiance dans le système de paiement s'en trouvera également ébranlée.
L'expérience des subventions en espèces sous le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, président de l'Iran de 2005 à 2013, a également montré que les paiements fixes perdent progressivement leur capacité à compenser l'impact d'une inflation persistante.
Le problème fondamental est que le programme de bons d'achat s'attaque aux symptômes de la crise plutôt qu'à ses causes. Aucune aide financière ponctuelle ne peut, à elle seule, contrer les effets de l'inflation structurelle, de la corruption et de l'instabilité économique.
L'écart entre l'inflation globale et l'inflation hors loyers est également important. En octobre, l'inflation annuelle hors loyers a atteint 111,7 %. Cet indicateur montre que les hausses de prix de nombreux biens et services ont été encore plus marquées que ne le laisse supposer le taux d'inflation global.
Toutefois, un ralentissement de la croissance des loyers ne signifie pas que le logement est devenu moins cher. Cette différence reflète simplement l'évolution variable des prix des différents éléments du panier de consommation.
La société iranienne a besoin d'une économie qui mette les ressources publiques au service du bien commun plutôt que des privilèges politiques et économiques de groupes puissants. Une telle économie ne peut émerger sans État de droit, institutions indépendantes, liberté d'activité économique et contrôle démocratique.

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