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dimanche 11 janvier 2026

Coupure d'Internet en Iran et perturbation du réseau Starlink ; inquiétudes quant à la répression face à l'expansion des manifestations

 Parallèlement à la coupure d'Internet à l'échelle nationale en Iran, des signes de perturbation généralisée du service Internet par satellite Starlink ont ​​également été observés ; une mesure qui a fortement limité l'accès des citoyens au monde extérieur et accru les inquiétudes quant à la répression violente du soulèvement national.

Peu après 20 heures, le jeudi 8 janvier, le régime iranien a coupé les communications internet et téléphoniques, déconnectant de fait environ 85 millions de personnes du réseau mondial d'information.

Cette action s'inscrit dans une stratégie que le régime iranien a déjà employée lors de manifestations intérieures et en temps de guerre ; une stratégie visant à couper les communications des citoyens avec les Iraniens résidant à l'étranger, notamment aux États-Unis, en Europe et dans d'autres régions.

Jusqu'à présent, même en raison des sanctions sévères liées au programme nucléaire iranien, les citoyens pouvaient accéder aux applications et sites web bloqués grâce à des VPN.

Toutefois, cette nouvelle décision a fortement réduit la possibilité de publier des images et des témoignages directs des manifestations nationales liées à la crise économique ; des manifestations qui, selon les observateurs, sont devenues le plus grand défi auquel le régime iranien a été confronté ces dernières années.

La coupure d'internet pourrait ouvrir la voie à une répression accrue, d'autant plus que le gouvernement américain a mis en garde contre les conséquences de la poursuite des meurtres de manifestants.

Cette situation, qui coïncide avec un avertissement du procureur général du régime iranien qualifiant les participants aux manifestations de « mohareb », a suscité une vive inquiétude parmi les familles et les proches des manifestants à l'étranger.

C'est la troisième fois que le régime iranien procède à une coupure d'internet à grande échelle. La première remonte à 2019, lors des manifestations contre la hausse des prix de l'essence, qui avaient fait des centaines de morts.

La seconde s'est produite en 2022, suite à la mort de Mahsa Amini en garde à vue ; des manifestations dont la répression a fait plus de 750 morts.

Lors des manifestations de 2022, Starlink a joué un rôle important dans la transmission d'informations. Aujourd'hui encore, malgré le fait que l'utilisation de ce service soit considérée comme « illégale » en Iran, le nombre de ses récepteurs atteint plusieurs dizaines de milliers d'appareils.

Bon nombre de ces récepteurs sont entre les mains de commerçants et de particuliers qui ont besoin de contacts à l'étranger pour leurs activités économiques, mais certains sont désormais utilisés pour envoyer des images et des vidéos des manifestations.

Cependant, des experts signalent de graves perturbations du service Starlink. Outre le brouillage des signaux GPS, le régime iranien utilise vraisemblablement des méthodes plus sophistiquées, notamment des brouilleurs de téléphones portables, pour affaiblir les communications par satellite ; une méthode déjà employée pour perturber les récepteurs satellites.

Bien que l'utilisation de Starlink comporte des risques importants pour les citoyens iraniens, notamment l'arrestation et de lourdes sanctions, la coupure de ce canal de communication pourrait signifier faire taire les protestations à l'un des moments les plus critiques de l'histoire de l'Iran.

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