Téhéran : Les forces de sécurité prennent la fuite.
Dans la capitale, les signes d'affaiblissement du régime étaient manifestes dans le quartier de Sadeghiyeh, où les forces de sécurité, incapables de réprimer les manifestations, ont été contraintes de battre en retraite. Les manifestants ont profité de l'occasion pour détruire des véhicules abandonnés par le régime, illustrant ainsi une rare démonstration de défiance en plein cœur de Téhéran. Des rassemblements nocturnes se sont également poursuivis dans des quartiers comme Punak, marquant quinze nuits consécutives de manifestations anti-régime.
Villes de l'Ouest et du Sud : Deuil et Résistance.
Les violences se sont étendues à l'ouest et au sud de l'Iran. À Abdanan, les forces de sécurité ont attaqué les personnes venues assister aux funérailles d'Alireza Seidi, 16 ans, l'un des derniers martyrs du soulèvement. Parallèlement, à Kermanshah, des manifestants ont incendié un centre du régime servant à réprimer la dissidence, s'attaquant ainsi directement à l'appareil répressif de l'État.
À Shiraz et Shahr-e Kord,
la résistance civile s'est poursuivie sur le plan économique. Les commerçants ont gardé leurs boutiques fermées, rejoignant ainsi les grèves nationales qui ont paralysé le commerce dans les principaux centres urbains. Ces actions témoignent de la solidarité de la classe moyenne iranienne avec les manifestations en cours, malgré les risques de représailles du régime.
Le blocus numérique s'intensifie.
Le régime iranien a intensifié ses efforts pour contrôler l'information. Forbes rapporte que des brouilleurs militaires ont été déployés pour bloquer l'internet par satellite Starlink, tandis que NetBlocks confirme que la connectivité internet reste à environ 1 % de son niveau normal. Cette coupure, qui entre dans son quatrième jour, vise à empêcher les manifestants de communiquer et à masquer l'ampleur de la répression aux yeux du monde extérieur.
Nouveaux martyrs et appels à la justice :
L’ Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a annoncé l’identité de dix nouveaux martyrs, dont Alireza Seidi et une femme. La plupart d’entre eux ont été tués à Téhéran et à Kermanshah. Ils ont été abattus d’une balle dans la tête, ce qui témoigne de la politique du « tirer pour tuer » menée par les forces du régime.
Mme Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) , a condamné les agissements du régime, déclarant : « Ils ne peuvent échapper à la responsabilité publique. Un Iran démocratique futur traduira en justice les responsables de ces crimes graves. » Elle a également appelé la communauté internationale à désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, à fermer les ambassades du régime et à expulser ses agents.
Alors que l'Iran entame sa troisième semaine de contestation nationale, la résilience de sa population continue de mettre à l'épreuve l'autorité du régime. Malgré la brutalité des méthodes employées par le régime, les perturbations économiques et le black-out numérique, les manifestations ne montrent aucun signe d'essoufflement.
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