À Téhéran, un développement significatif a mis en lumière les signes d’effondrement de l’appareil sécuritaire du régime. Dans le quartier de Sadeghiyeh, les forces de sécurité, lourdement armées, ont tenté de réprimer une manifestation, mais se sont heurtées à une résistance farouche et unie des manifestants. Incapables de contenir la foule, elles ont été contraintes de fuir, abandonnant leurs positions. Après leur retraite, les manifestants ont détruit les véhicules abandonnés par les unités de répression. Ces événements dans la capitale suggèrent que l’appareil répressif du régime est de plus en plus inefficace face à la volonté collective du peuple.
Parallèlement, à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, la résistance est passée de la défense à l’offensive contre l’appareil de terreur du régime. Les manifestants ont incendié un bâtiment appartenant aux forces répressives du régime, un site spécifiquement chargé de coordonner les attaques contre les manifestants.
Solidarité nationale et grèves
Alors que les affrontements de rue se poursuivaient jusque tard dans la nuit, le cœur commercial de plusieurs grandes villes est resté silencieux durant la journée, une tactique de désobéissance civile des plus efficaces. À Shiraz, dans le sud, et à Shahrekord, dans l’ouest, les commerçants ont refusé d’ouvrir leurs boutiques, paralysant de fait les bazars locaux.
Cette paralysie témoigne de l’ampleur du mouvement ; malgré le lourd tribut économique des deux dernières semaines et les fortes pressions exercées par les forces de sécurité pour contraindre les commerces à rouvrir, la classe moyenne maintient son soutien indéfectible aux manifestations. Les grèves à Shahrekord, capitale de la province de Chaharmahal-et-Bakhtiari, ont été explicitement déclarées comme une expression de solidarité avec le soulèvement national en cours.
Le désespoir du régime : guerre numérique et recours à la force létale
Alors que le régime lutte pour reprendre le contrôle des rues, il a intensifié sa guerre contre l’information. Selon un article de Forbes, le régime iranien a déployé des brouilleurs militaires pour bloquer les signaux internet par satellite Starlink. Cette mesure, qualifiée de « tournant décisif », représente une tentative désespérée d’éliminer toute possibilité de connexion alternative pour les militants. Parallèlement, NetBlocks a confirmé que la coupure générale d’Internet entrait dans son quatrième jour, la connectivité avec le monde extérieur se limitant à un niveau alarmant de 1 % de son niveau habituel.
Sur le terrain, la brutalité du régime demeure intacte. À Abdanan, dans l’ouest de l’Iran, les forces de sécurité ont attaqué les funérailles d’un jeune homme de 16 ans récemment tué par le régime. Au lieu de respecter la famille endeuillée, elles ont agressé les personnes présentes, attisant encore davantage la colère populaire.
Le bilan humain de ce soulèvement ne cesse de s’alourdir. L’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a publié dimanche les noms de dix martyrs supplémentaires. Parmi eux figurait Alireza Seidi, un jeune homme de 16 ans tué à Téhéran le 9 janvier. Le rapport de l’OMPI indique que la plupart des martyrs nouvellement identifiés ont reçu une balle dans la tête, ce qui révèle une politique délibérée de « tir à vue » autorisée par le régime.
Appel à la justice et à l’action internationale
Face à cette brutalité, Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a adressé un avertissement sévère aux responsables du régime. Réagissant aux propos du pouvoir judiciaire qualifiant les manifestants d’« ennemis de Dieu », Mme Rajavi a déclaré que les dirigeants ne devaient se faire « aucune illusion ».
« Ils ne pourront échapper à leurs responsabilités publiques », a affirmé Mme Rajavi. « Un Iran démocratique de demain traduira en justice les responsables de ces crimes graves, ceux dont les actes ont entraîné le bain de sang d’innombrables Iraniens. »
Mme Rajavi a également lancé un appel à l’action spécifique à la communauté internationale, exhortant les gouvernements européens à aller au-delà de la condamnation et à prendre trois mesures décisives : désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme une entité terroriste, fermer les ambassades du régime et expulser ses agents du sol européen.
Source : CNRI

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