Selon l'OMPI, le nombre total de martyrs entre le 28 décembre et le 11 janvier concerne l'ensemble du pays. Ces chiffres ont été établis grâce à des enquêtes approfondies menées auprès de sources locales, d'hôpitaux, de l'Organisation de médecine légale et des familles des personnes tuées ou disparues dans 195 villes.
Dans une tentative de contrôler le récit, le régime iranien a été contraint de diffuser les images de plusieurs corps sur les chaînes de télévision d'État. Cependant, les autorités ont faussement attribué ces décès à des « émeutiers » et des manifestants. Ces diffusions font suite à des informations antérieures faisant état de corps entassés clandestinement dans de grands entrepôts afin de dissimuler l'ampleur réelle du massacre.
Désinformation du régime et manipulation diplomatique
Alors que la répression se poursuit, l'appareil de propagande du régime s'emploie à rejeter la faute sur autrui. La télévision d'État diffuse actuellement des mises en scène de rue impliquant des agents du gouvernement afin de présenter le soulèvement comme un mouvement violent.
Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères du régime, Abbas Araghchi, aurait réuni les ambassadeurs étrangers pour affirmer que les violences avaient été déclenchées par les manifestants eux-mêmes, une initiative largement perçue comme une tentative d'éviter un isolement international accru.
Coupure d'information et coupure d'Internet
NetBlocks, l'organisation indépendante de surveillance d'Internet, a confirmé lundi matin que la coupure d'Internet à l'échelle nationale a désormais dépassé 84 heures.
Pour contrer cette censure, NetBlocks a proposé plusieurs méthodes de communication d'urgence pour les Iraniens, notamment :
- Radio ondes courtes et radioamateur
- Utilisation des antennes-relais dans les régions frontalières
- Terminaux Starlink
- Communication par satellite directe vers les cellules
L’objectif principal du régime en coupant les télécommunications est d’empêcher que des preuves de la répression ne parviennent à la communauté internationale et de perturber la coordination des manifestants sur le terrain.
Intensification de la répression intérieure
Des informations en provenance de la capitale font état d'une nouvelle vague de surveillance intérieure. Les agents du régime ont lancé une campagne systématique de confiscation des antennes paraboliques dans les foyers de différents quartiers de Téhéran.
Par ailleurs, les forces de sécurité patrouillent les quartiers et les zones commerciales pour saisir les images des caméras de sécurité privées, dans le but d'identifier et d'arrêter les participants aux manifestations.
La communauté internationale réagit au « soulèvement national »
L'Union européenne a annoncé lundi qu'elle envisageait de nouvelles sanctions, plus sévères, contre le régime iranien. Un porte-parole de l'UE a déclaré que l'organisation était prête à prendre des mesures supplémentaires suite à la « répression violente du soulèvement populaire ».
Condamnation mondiale :
- Australie : Le Premier ministre Anthony Albanese a déclaré apporter son soutien indéfectible au peuple iranien, affirmant : « Nous sommes solidaires de ceux qui défendent leurs droits humains et leur dignité. » Il a qualifié le régime de force « répressive » tant au niveau national qu’international.
- Royaume-Uni : Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a appelé à la désignation immédiate du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, ajoutant son soutien à des frappes militaires contre le CGRI pour contribuer à la victoire de la révolution.
- Avertissements aux voyageurs : La Malaisie, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont émis des avis urgents. Le Japon et la Nouvelle-Zélande ont exhorté leurs ressortissants à quitter l’Iran immédiatement, compte tenu du caractère « meurtrier » des manifestations en cours.
Le Parlement européen interdit l'accès aux fonctionnaires iraniens
Dans une décision historique, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a annoncé l'interdiction immédiate pour tous les diplomates et fonctionnaires iraniens d'entrer dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg.
« Cette mesure témoigne de la solidarité du Parlement avec le peuple iranien », a déclaré Metsola, soulignant que cette décision était une réponse directe au recours par le régime aux détentions arbitraires et aux coupures de communication pour réduire la population au silence.
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