Le 26 mars 2026, un responsable de la 27e division Mohammad Rasulullah des pasdarans à Téhéran a indiqué qu’une campagne d’enrôlement de civils, intitulée « Combattants pour la défense de la patrie en Iran », avait fixé l’âge minimum à 12 ans. Dans un contexte marqué par des milliers d’attaques menées par les États-Unis et Israël à travers le pays, les enfants présents dans des installations militaires sont exposés à un risque élevé de mort et de blessures.
Les autorités iraniennes devraient mettre fin à cette campagne et interdire à toutes les forces militaires et paramilitaires du pays le recrutement d’enfants.
« Il n’existe aucune justification à une campagne de recrutement militaire visant des enfants, encore moins des enfants de 12 ans », a déclaré Bill Van Esveld, directeur associé des droits de l’enfant à Human Rights Watch.
« En réalité, cela signifie que les autorités iraniennes sont prêtes à mettre en danger la vie des enfants pour obtenir davantage de main-d’œuvre. »
Des rôles variés… mais exposés au danger
Selon Rahim Nadali, responsable des pasdarans, la campagne vise à recruter des civils pour :
- des services logistiques (cuisine, distribution, aide médicale),
- la gestion des habitations endommagées,
- mais aussi des activités de sécurité :
- contrôle de checkpoints,
- patrouilles opérationnelles,
- missions de renseignement,
- escortes de convois.
Une affiche promotionnelle publiée par une agence de presse iranienne montre d’ailleurs deux enfants aux côtés d’adultes, dont un en uniforme militaire.
Dans une interview télévisée, Nadali a expliqué que de nombreux jeunes demandaient eux-mêmes à participer :
« Des adolescents et des jeunes ont insisté pour participer aux patrouilles et aux missions. […] Compte tenu de leur âge, nous avons fixé le minimum à 12 ans. »
Les inscriptions peuvent se faire dans des mosquées de Téhéran abritant des bases du Basij, une force paramilitaire sous le contrôle de l’IRGC.
Des enfants directement exposés aux frappes
Au cours du dernier mois, les États-Unis et Israël auraient mené des milliers de frappes aériennes visant notamment des installations du Bassisj et des pasdarans, ainsi que des checkpoints à Téhéran.
Ces attaques ont déjà causé des victimes, y compris parmi les enfants.
Human Rights Watch a notamment documenté une attaque contre une école primaire à Minab (28 février), ayant fait des dizaines de morts parmi les élèves et civils. Selon un rapport militaire américain préliminaire, les États-Unis seraient responsables de cette frappe.
Un problème ancien en Iran
Le recrutement d’enfants dans des activités militaires ne date pas d’aujourd’hui :
- L’Iran a déjà recruté des mineurs dans le Bassidj.
- Des enfants afghans vivant en Iran ont été envoyés combattre en Syrie.
- Pendant la guerre Iran-Irak (années 1980), des centaines de milliers d’enfants ont été mobilisés, avec des dizaines de milliers de morts.
Aujourd’hui encore, la législation iranienne autorise certains engagements précoces :
- 15 ans : participation possible comme membre « actif »,
- 16 ans : formation militaire,
- 17 ans : entrée dans la police.
Le cadre juridique international
- La Convention relative aux droits de l’enfant interdit le recrutement d’enfants c’est à dire des moins de 15 ans.
- Le droit international considère ce recrutement comme un crime de guerre.
- Le protocole additionnel fixe 18 ans comme âge minimum pour participation directe aux combats (non ratifié par l’Iran mais reconnu comme norme internationale).
Les Nations unies rappellent que :
« Quel que soit leur rôle, les enfants associés aux conflits sont exposés à des niveaux extrêmes de violence. »
Conclusion
Cette campagne marque une escalade préoccupante :
- intégration directe d’enfants dans des structures de sécurité,
- exposition à des zones de conflit,
- banalisation du rôle militaire chez les mineurs.
Pour Human Rights Watch, la responsabilité est claire :
les autorités iraniennes mettent les enfants en danger grave — et s’exposent elles-mêmes à des poursuites pour violations du droit international.
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