mercredi 9 septembre 2026

Le régime iranien double le prix de l'essence de troisième catégorie

 Le passage du prix de l'essence de la troisième tranche de 50 000 à 100 000 rials exercera une pression supplémentaire sur le budget des ménages. Cette décision pourrait entraîner une hausse des coûts du transport, des biens et des services. Les entreprises dépendant de véhicules seront également touchées par cette modification tarifaire.

Le porte-parole du gouvernement de Masoud Pezeshkian, président du régime iranien, a annoncé dimanche soir, le 6 août, que les premier et deuxième quotas de carburant resteraient inchangés. Selon cette décision, 60 litres seront fournis au prix de 15 000 rials, tandis que 50 litres supplémentaires seront accessibles aux consommateurs au tarif de 30 000 rials.

Ce changement intervient alors que l'écart entre la production et la consommation de carburant demeure important. Certains rapports font état d'un déficit de production quotidienne d'essence de 10 millions de litres.

Modification du prix de la troisième tranche sous prétexte de réguler la consommation d'essence

La hausse du prix de l'essence dans la troisième tranche augmente directement le coût du carburant consommé au-delà des quotas alloués. Cette augmentation affectera davantage les personnes dont l'activité dépend fortement de l'utilisation de véhicules.

Les travailleurs, les chauffeurs, les commerciaux et les professionnels itinérants figurent parmi les groupes vulnérables. Beaucoup d'entre eux dépendent de leur voiture ou de leur moto pour gagner leur vie au quotidien ; par conséquent, la hausse des coûts du carburant pourrait amputer une partie de leurs revenus.

Par ailleurs, la hausse des coûts de transport risque de se répercuter sur les autres dépenses des ménages. La circulation des marchandises, des services et de la main-d'œuvre dépend de la consommation de carburant ; l'impact de cette modification tarifaire ne se limitera donc pas aux seules dépenses de carburant des ménages.

Consommation d'essence et hausse des coûts : les arguments avancés

Karamat Vais-Karami, directeur général de la Compagnie nationale iranienne de distribution de produits pétroliers, a évoqué l'expérience de la tarification à trois niveaux. La consommation quotidienne moyenne d'essence s'élevait à 131 millions de litres entre le 22 mars 2025 et le 13 décembre. Suite à la mise en place du système de tarification à trois niveaux, cette moyenne est tombée à environ 124 millions de litres au 21 mars 2026. Au vu de cette tendance, M. Vais-Karami a prédit une baisse de la consommation consécutive à l'ajustement du prix de la troisième tranche.  Selon cette estimation, la consommation quotidienne diminuera d'au moins 3 millions de litres. Pour une consommation journalière d'environ 132 millions de litres, cette réduction équivaut à près de 2,3 %. Toutefois, une baisse de la consommation de carburant ne signifie pas nécessairement un allègement de la pression économique sur la population.

L'une des principales raisons invoquées pour justifier l'ajustement du tarif de la troisième tranche est l'écart entre la production et la consommation. Depuis le 22 mars 2026, la production quotidienne moyenne s'établit à 122 millions de litres, tandis que la consommation atteint 132 millions de litres sur la même période. Il existe donc un déficit d'environ 10 millions de litres entre la production et la consommation quotidiennes.

Selon les affirmations des autorités, cet écart s'est creusé en septembre. Durant la première moitié du mois persan de Shahrivar (correspondant à la période du 23 août au 6 septembre), la distribution quotidienne moyenne a atteint 145 millions de litres, alors que la production s'élevait à environ 135 millions de litres.

Les experts ont mis en garde contre les répercussions en chaîne de cette hausse. D'après les analyses publiées, l'augmentation du prix de l'essence entraîne d'abord une hausse des coûts du transport de marchandises, suivie d'une augmentation des prix des produits de consommation et des coûts de production industrielle.

En bout de chaîne, les chauffeurs de taxi et les livreurs à moto augmentent également leurs tarifs, un processus qui finit par alourdir le coût de la vie pour l'ensemble des citoyens.

La faiblesse des transports en commun dans la plupart des villes iraniennes limite également les possibilités de recourir à des alternatives. Bientôt, cet écart de prix se répercutera aussi sur le coût d'autres biens.

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