mardi 3 février 2026

La campagne des mardis contre les exécutions en Iran : 106e semaine de grève de la faim sur fond de détentions massives et d’exécutions en Iran

 Alors que des milliers de personnes restent portées disparues après le soulèvement de janvier, des prisonniers politiques et des détenus de 56 prisons ont entamé une nouvelle grève de la faim nationale pour protester contre les exécutions et la répression d’État.

Plus de trois semaines après le soulèvement national iranien de janvier, réprimé avec violence, marqué par des arrestations massives et des disparitions à grande échelle, les familles à travers le pays ignorent toujours le sort de leurs proches détenus. Dans ce contexte, la campagne des mardis contre les exécutions a annoncé la poursuite de sa résistance pour la 106e semaine consécutive, touchant 56 prisons à travers l’Iran, par une grève de la faim coordonnée le mardi 3 février 2026.

Dans une déclaration ferme, la campagne impute directement la responsabilité de cette catastrophe humanitaire aux plus hautes instances du pouvoir, affirmant :

« Plus de trois semaines se sont écoulées depuis le massacre brutal de personnes dans les rues et les ruelles d’Iran et la détention de dizaines de milliers de citoyens sans défense, et pourtant, une grande partie de la population iranienne ignore tout du sort et des conditions de vie de ses proches.»

La déclaration ne laisse aucune ambiguïté quant aux responsabilités :

« Ces actions du régime répressif constituent des meurtres d’État et des disparitions forcées, dont le Guide suprême est le premier responsable.»

Procès secrets, avocats réduits au silence et menace d’exécution

Selon la campagne, de nombreux détenus du soulèvement de janvier sont jugés en secret, privés de leurs protections juridiques fondamentales et exposés à un risque imminent d’exécution.

« Nombre de détenus sont jugés secrètement, sans droit à un procès équitable, et risquent de lourdes peines, voire la peine de mort.»

Le communiqué révèle également une intimidation systématique de la profession juridique : « Les services de sécurité ont menacé de nombreux avocats indépendants, leur interdisant de représenter les détenus du soulèvement de Dey (janvier).»

Ces mesures, documentées depuis longtemps par les organisations de défense des droits humains, témoignent d’une stratégie institutionnalisée visant à accélérer les exécutions tout en empêchant tout contrôle public.

Appel aux familles et à la société civile

Face aux tentatives du régime d’imposer le silence, la campagne lance un appel urgent :

« Nous, membres de la campagne, appelons toutes les familles des détenus et des victimes à faire entendre leur voix et à diffuser les noms de leurs proches.»

Le communiqué appelle également la société civile dans son ensemble à se mobiliser : « Nous demandons également à toutes les personnes honorables et aux militants des droits humains, syndicaux, civiques et politiques de se faire plus que jamais la voix des prisonniers et des personnes récemment détenues.»

Exécutions à une échelle alarmante

La campagne dénonce ce qu’elle qualifie d’accélération hystérique des exécutions : « Le régime despotique procède à des exécutions de manière inconsidérée et hystérique, ayant pendu 123 personnes depuis le début du mois de Bahman (21 janvier) et plus de 2 350 personnes depuis le début de l’an 1404 (21 mars).»

Ces chiffres soulignent la position de l’Iran comme l’un des pays qui exécutent le plus de personnes au monde, la répression politique s’appuyant de plus en plus sur la peine capitale.

Inscription du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes de l’UE : un tournant décisif

La déclaration inscrit les récents développements internationaux dans le contexte plus large de la lutte du peuple iranien, établissant un lien explicite entre la résistance intérieure et la responsabilité internationale : « La protestation légitime du peuple iranien et de ces milliers de filles, de garçons et d’enfants – dont le sang a été injustement versé par les balles et les haches des répresseurs religieux-fascistes au pouvoir – a finalement conduit à l’inscription du principal responsable de ce crime, le CGRI, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne.»

La campagne souligne que cette désignation reflète une revendication nationale de longue date : « Il s’agit d’une revendication non seulement des membres de cette campagne et de tous les prisonniers politiques, mais aussi de tous les Iraniens épris de liberté et d’égalité depuis de nombreuses années.»

Grève de la faim dans 56 prisons

Le 3 février 2026, la 106e semaine de résistance sera marquée par une grève de la faim dans 56 prisons, dont d’importants centres de détention comme Evin, Qezel Hesar, la prison du Grand Téhéran, Adelabad (Chiraz), Vakilabad (Mashhad), Urmia, Sanandaj, Zahedan, et des dizaines d’autres réparties dans presque toutes les régions d’Iran.

L’ampleur de la participation témoigne à la fois de l’intensité de la répression et de la persistance de la résistance. Maintien de la résistance organisée derrière les murs des prisons.

Une campagne qui refuse de se taire

Entrée dans sa 106e semaine, « la campagne des mardis contre les exécutions » est devenue l’une des actions collectives de résistance en milieu carcéral les plus longues de l’histoire iranienne. Sa poursuite, malgré les exécutions de masse, les disparitions forcées et la censure accrue, constitue un défi direct à la stratégie de la peur du régime.

Comme le conclut le communiqué, cette lutte ne se limite plus aux murs des prisons : c’est un appel à la société, à la diaspora iranienne et à la communauté internationale à s’opposer à un système qui recourt aux exécutions comme instrument de gouvernement.

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