jeudi 6 août 2026

Des clubs sportifs féminins fermés en Iran en raison de la crise du chômage

 Quatre clubs sportifs féminins de la ville de Yazd ont été fermés par la police de surveillance des lieux publics. Cette mesure répressive intervient alors que la fermeture d'entreprises dirigées par des femmes, conjuguée à une crise du chômage qui s'aggrave, fragilise encore davantage leurs moyens de subsistance. Les autorités n'ont pour l'instant fourni aucune explication claire quant aux raisons exactes de cette action.

Selon un rapport de l'agence de presse étatique Mehr daté du 1er août 2026, le chef de la police des lieux publics de la province de Yazd a annoncé que ces quatre clubs sportifs féminins avaient été fermés pour « infractions disciplinaires » et que des poursuites judiciaires avaient été engagées contre leurs responsables.

Cette étiquette vague est une tactique bien connue de l'appareil répressif pour justifier l'opposition aux activités indépendantes des femmes et leur imposer de force un mode de vie dicté par l'État. En réalité, une part importante de ces répressions est menée sous couvert de « non-respect du hijab obligatoire » et d'accusations fabriquées de toutes pièces telles que « violation des normes », « actes contre la chasteté » et « non-respect des préceptes islamiques ».

Attaque simultanée du cyberespace et des entreprises dirigées par des femmes

Ces mesures agressives interviennent alors que les statistiques officielles et les rapports qui viennent d'être publiés révèlent une attaque simultanée contre les moyens de subsistance, la présence publique et les perspectives d'emploi des femmes instruites à travers le pays.

  • Convocations et fermetures en ligne : sous ces mêmes politiques répressives, des dizaines de pages professionnelles populaires dirigées par des femmes sur les réseaux sociaux, allant des entraîneuses sportives et influenceuses mode/beauté aux coiffeuses et créatrices de contenu, ont été bloquées, ou leurs administratrices ont été contraintes par la FATA (cyberpolice) et les services de renseignement des forces de sécurité de l’État de signer des formulaires d’engagement obligatoires.
  • Saisie des commerces et des espaces urbains : la fermeture de dizaines de cafés et de commerces sous prétexte de violation par les femmes du code vestimentaire obligatoire, et même la suppression de bancs et d’espaces publics pour s’asseoir dans certains quartiers de la capitale, témoignent des efforts du régime pour restreindre davantage l’espace social des femmes et les effacer de la sphère publique.

Discrimination structurelle et chômage des femmes

Cette répression contre les femmes intervient alors que la société est confrontée à une profonde crise économique, les femmes étant les principales victimes de la discrimination structurelle et du chômage. Selon les statistiques officielles du marché du travail publiées pour le printemps 2026 :

  • Sortie forcée du marché du travail : Avec une diminution de 450 000 personnes employées et une baisse du taux de participation économique, une vague de désespoir a poussé une grande partie des femmes et des jeunes à cesser de chercher du travail, contribuant ainsi aux statistiques du chômage caché.
  • Pression sur les femmes diplômées : Si les diplômés universitaires représentent plus d’un tiers des chômeurs du pays (35,6 %), le taux de chômage des femmes diplômées est nettement supérieur à celui des hommes. Elles sont les premières victimes de la stagnation économique et des politiques d’embauche discriminatoires du régime.
  • Entraver l'avenir des jeunes femmes : Le taux de chômage des jeunes atteignant 23,4 % montre que les jeunes femmes ne se heurtent pas seulement à des portes fermées sur le marché du travail après l'obtention de leur diplôme, mais que leurs espaces de vie sociale et leurs activités dans les clubs sportifs féminins sont également bloqués par l'appareil répressif.

Privilégier la répression au détriment du traitement des causes profondes des crises

La fermeture et la mise sous scellés des entreprises dirigées par des femmes, ainsi que la fermeture de tout club sportif féminin, fragilisent davantage les moyens de subsistance des familles dans un contexte de chômage croissant et alimentent un profond mécontentement populaire.

Parallèlement, le régime clérical n'apporte aucune solution réelle ni efficace aux crises économiques, notamment à la crise du chômage, et son incapacité à gouverner la société apparaît chaque jour plus clairement. Face à cette situation, au lieu de s'attaquer aux causes profondes de ces crises et de soutenir l'emploi, le régime s'est contenté de durcir les restrictions, d'intensifier la répression et de renforcer les contrôles sécuritaires – une politique visant avant tout à contenir la colère populaire et à prévenir une explosion du mécontentement social.

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