jeudi 21 avril 2016

Amnesty International appelle à une action urgente en faveur d’Esmaïl Abdi, un enseignant syndicaliste actuellement emprisonné en Iran


Amnesty International appelle à une action urgente en faveur d’Esmaïl Abdi, un enseignant syndicaliste actuellement emprisonné en Iran
Amnesty International appelle à une action urgente en faveur d’Esmaïl Abdi, prisonnier d’opinion et le Secrétaire général du Syndicat des enseignants iraniens (SEI). M. Abdi a récemment déclaré qu’il va faire une grève de la faim le 1er mai, à l’occasion de la Journée international des travailleurs, afin protester contre la répression dont souffrent les syndicalistes en Iran.
Vous trouvez ci-dessous la traduction de quelques extraits ducommuniqué d’Amnesty International concernant M. Abdi.
« Esmaïl Abdi a été condamné en raison de ses activités syndicales pacifiques. En février 2016, 15e Chambre du Tribunal Révolutionnaire de Téhéran l’a condamné à six ans de prison sur la base des accusations telles que ‘propagande contre le régime’ et ‘participation à des réunions pour commettre des crimes contre la sécurité de l’Etat’.»

« Les accusations portées à l’encontre de M. Abdi sont liées à ses activités syndicales, notamment des manifestations pacifiques organisées par les enseignants et les membres du SEI devant le parlement iranien en mai 2015 pour protester contre le niveau bas des salaires des enseignants, contre l’insuffisance du budget de l’Education nationale et contre l’emprisonnement de plusieurs enseignants syndicalistes en Iran.»
« Son procès a été inéquitable et non conforme aux normes internationales. En particulier, il n’a pas eu accès à l’avocat de son choix pendant toute la phase d’enquête et son avocat n’a pas été autorisé à obtenir et à examiner son dossier judiciaire avant le procès.
Les autorités iraniennes ont refusé à Esmaïl Abdi son droit d’accéder à l’avocat de son choix, en utilisant une disposition du nouveau code de procédure pénale mise en place en Iran en 2015. Cette disposition limite l’accès à l’avocat pendant la phase d’investigation pour les personnes accusées de certaines infractions, notamment celles liées à la sécurité d’Etat. En vertu de cette disposition, les accusés peuvent choisir un avocat uniquement parmi ceux qui sont approuvés au préalable par le chef de l’appareil judiciaire. »
« Dans une lettre ouverte publiée en avril 2016, M. Abdi a dit qu’il a l’intention de faire une grève de la faim le 1er mai 2016. Il a jouté : ‘Les arguments utilisées pour me condamner montrent que tout effort pour améliorer la vie et les moyens de subsistance des enseignants et des travailleurs en Iran est considérés par les autorités comme un acte contre la sécurité de l’Etat.’ »
« M. Abdi avait été empêché de se rendre en Arménie où il allait recevoir un visa pour assister au septième Congrès mondial de l’Internationale de l’Education, en juillet à 2015 au Canada. »
« Il a été arrêté le 27 juin 2015 lorsqu’il est allé au bureau du procureur dans la prison d’Evin pour se renseigner sur les raisons de l’interdiction de voyage imposée à lui. Il a été placé en isolement dans la section 2A de la prison d’Evine à Téhéran (une section dirigée par les Gardiens de la Révolution) et il a été interrogé pendant au moins 17 jours sans avoir accès à sa famille ou à un avocat. »
« Il risque de subir au total 16 ans d’emprisonnement si sa nouvelle condamnation est confirmée. Avant sa nouvelle condamnation à six ans de prison, il avait déjà été condamné à 10 ans de prison sur l’accusation fallacieuse de participation à des activités contre la sécurité de l’Etat. En réalité, il a été condamné uniquement pour ses activités syndicales pacifiques. »
« Avant son arrestation, les agents du ministère des renseignements avaient convoqué Esmaïl Abdi à plusieurs reprises. Lors des interrogatoires, ils avaient exercé des pressions sur lui pour qu’il démissionne de son poste du Secrétaire général du SEI et qu’il annule les manifestations nationales que le SEI – une entité légale en Iran – comptait organiser.
Les agents de renseignement du régime iranien avaient dit M. Abdi qu’il ne doit pas participer à des réunions internationales des syndicats d’enseignants, notamment le congrès de l’International de l’éducation, et avait ajouté que sa participation à de telles réunions internationales sera considéré comme le franchissement d’une ‘ligne rouge’. »

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