Récit factuel
Le 10 mars 2026, un poste de contrôle sur l'autoroute Artesh à Téhéran a été la cible d'une attaque de drone. Alireza Jafari et son père ont été tués dans l'incident.
Les organisations Basij affiliées à l'État, notamment l'Organisation des enseignants Basij, ont confirmé que l'enfant avait été tué « dans l'exercice de ses fonctions », indiquant qu'il participait à des activités liées à la sécurité au point de contrôle.
À un âge où il aurait dû être à l'école, Alireza se trouvait au contraire sur un site devenu de facto une cible militaire.
Témoignage familial
La mère d'Alireza, Sadaf Monfared, a déclaré au journal Hamshahri, affilié à l'État, qu'un « manque de personnel » avait contraint son mari à amener leur fils au point de contrôle.
Son témoignage reflète les pressions opérationnelles au sein des structures de sécurité, où le manque de personnel a entraîné la présence d'enfants dans des environnements sécuritaires à haut risque.
Chronologie ; Décès conformément à la politique officielle
La mort d'Alireza est survenue quelques jours seulement après que les autorités ont annoncé publiquement l'abaissement de l'âge minimum de participation aux activités de sécurité.
Rahim Nadali, vice-président culturel du Corps des gardiens de la révolution islamique à Téhéran, a déclaré le 26 mars 2026, lors d'une interview à la télévision d'État :
« Nous avons fixé l’âge minimum à 12 ans et plus ; or, les jeunes de 12 et 13 ans souhaitent désormais participer à ces activités. »
Cette déclaration confirme que la présence de mineurs aux points de contrôle n'est pas fortuite, mais fait partie d'une politique officiellement reconnue.
Campagne de recrutement organisée
Le recrutement s'est déroulé de manière ouverte et structurée. Des stands d'inscription ont été installés dans les mosquées et sur les principales places publiques, où les individus, y compris les adolescents, sont encouragés à s'inscrire à des postes liés à la sécurité.
Les affiches officielles de la campagne « Défenseurs de la patrie » appellent explicitement à l’inscription de volontaires civils et décrivent des rôles tels que « patrouilles de renseignement », « patrouilles opérationnelles » et « inspections aux points de contrôle ».
Ces documents mettent en avant des adolescents et insistent sur la participation des jeunes, indiquant que l'implication des mineurs est activement encouragée dans le cadre d'un recrutement public.
Discours officiel ; Justification de l’implication des jeunes
Hossein Salami, commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, a souligné la nécessité de guider idéologiquement les jeunes générations, évoquant la création d'une « boussole éthique » au sein du système éducatif.
Le 10 janvier 2025, il a déclaré :
« Les gens réclament constamment des actions décisives. »
Ces déclarations témoignent d'une volonté d'aligner la mobilisation sociale, y compris la participation des jeunes, sur des objectifs de sécurité plus larges.
Militarisation de l'espace public
Ahmadreza Radan, chef de la police iranienne, a déclaré le 25 mars 2026 :
« Tout est perçu comme une situation de guerre. »
Il a par ailleurs souligné que les forces de l'ordre sont prêtes à utiliser leurs armes, insistant sur le niveau de risque présent dans les zones de sécurité publique telles que les points de contrôle.
Dans ces conditions, les points de contrôle sont devenus des environnements à haut risque, même pour le personnel formé ; pour les enfants, le danger est nettement plus grand.
Analyse juridique ; De l’enfant civil à la personne exposée
Le déploiement d'enfants aux points de contrôle modifie de fait leur statut, les faisant passer de civils protégés à individus exposés à un risque direct dans un environnement sécuritaire.
L’article 38 de la Convention relative aux droits de l’enfant interdit le recrutement ou l’utilisation de personnes de moins de 15 ans dans des activités liées aux conflits armés. De plus, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale qualifie d’acte de guerre l’utilisation d’enfants de moins de 15 ans dans les hostilités.
Dans ce contexte, la présence d'enfants aux points de contrôle constitue une violation flagrante des obligations internationales relatives à la protection des droits de l'enfant.
Conclusion ; Une mort qui reflète une politique
Dans ce contexte, la mort d'Alireza Jafari ne peut plus être considérée comme un incident isolé, mais plutôt comme le symptôme d'une tendance croissante où les enfants sont de plus en plus intégrés aux structures de sécurité et exposés à des violences directes. Le maintien de cette politique accroît le risque d'incidents similaires.
Cette situation souligne l'urgence de l'attention des instances internationales, notamment des Nations Unies et de l'UNICEF, car le recours aux enfants aux points de contrôle et dans les fonctions liées à la sécurité doit être examiné et traité comme une grave violation des droits de l'enfant.



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