Suite à la confirmation de la condamnation à mort de Naser Bakrzadeh par la Cour suprême iranienne, le risque de son exécution imminente s'est considérablement accru. Bakrzadeh, prisonnier politique déjà condamné à mort à deux reprises dans la même affaire, risque désormais la peine capitale pour la troisième fois. Cette situation intervient alors que des sources judiciaires et des proches font état de tortures, d'aveux extorqués et de violations répétées des principes d'un procès équitable.
Notification officielle de la condamnation à mort de Naser Bakrzadeh
Selon des informations publiées, le samedi 25 avril, Naser Bakrzadeh a été convoqué au bureau d'exécution des peines de la prison centrale d'Urmia, où la confirmation de sa condamnation à mort par la Cour suprême lui a été officiellement communiquée.
La décision lui a été communiquée à un moment où l'exécution des peines de mort dans les affaires politiques et sécuritaires s'est intensifiée dans tout le pays, suscitant des inquiétudes quant à l'exécution rapide et inopinée de ces sentences.
Troisième condamnation à mort en moins de deux ans
En février 2026, la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire d'Urmia, présidée par le juge Shahini, a de nouveau condamné Naser Bakrzadeh à mort pour espionnage au profit d'Israël.
Il s'agit de la troisième condamnation à mort prononcée contre lui en moins de deux ans – un développement inhabituel qui, en soi, soulève de sérieuses questions quant à la qualité et à la cohérence du processus judiciaire dans son cas.
Deux décisions antérieures avaient été cassées par la Cour suprême
L'affaire Bakrzadeh avait déjà abouti à deux condamnations à mort, toutes deux annulées par la Cour suprême.
La première fois remonte à novembre 2024, lorsque la troisième chambre du tribunal révolutionnaire d'Urmia le condamna à mort ; toutefois, ce jugement fut cassé par la Cour suprême en mars de l'année suivante. La seconde fois, en septembre de la même année, la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire prononça de nouveau une condamnation à mort, également cassée par la Cour suprême en novembre.
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Le renversement répété des décisions par la plus haute autorité judiciaire du pays indique la présence de vices fondamentaux et graves dans cette affaire et sa procédure judiciaire.
Naser Bakrzadeh a été arrêté une première fois en août 2023 à Urmia par l'unité de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et a ensuite été libéré sous caution après un certain temps.
Cependant, il a été arrêté de nouveau en janvier 2024 et transféré dans un centre de détention des services de renseignement des Gardiens de la révolution à Urmia, où, selon des sources proches de sa famille, il a été détenu pendant une longue période sous des interrogatoires intensifs et des conditions de sécurité strictes.
Torture et aveux forcés : le cœur de l’affaire
Selon des sources bien informées, Bakrzadeh a subi des tortures physiques et psychologiques durant sa détention, et ses interrogateurs ont tenté de lui extorquer des aveux sous la pression et les menaces, conformément à un récit sécuritaire préétabli. D'après ses proches, il a été menacé à plusieurs reprises de peines plus sévères, de privation de son droit de visite et de pressions sur sa famille.
D'après ces rapports, les aveux obtenus dans ces conditions ont servi de base principale pour prononcer des condamnations à mort à son encontre.
Les observateurs juridiques soulignent que le traitement de l'affaire Bakrzadeh s'est considérablement écarté des normes d'un procès équitable. Selon des sources bien informées, à des moments critiques de la procédure, il s'est vu refuser un accès complet et effectif aux ressources de sa défense et n'a pas pu utiliser correctement les outils juridiques nécessaires à sa propre défense.
De plus, le prononcé répété de condamnations à mort après des annulations successives par la Cour suprême soulève la question de savoir si les juridictions inférieures ont véritablement corrigé les erreurs du dossier ou si elles se sont contentées de répéter leurs décisions antérieures.

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