mardi 27 novembre 2018

Iran : Le prisonnier politique Arash Sadeghi privé de traitement contre le cancer


Arash Sadeghi Golrokh Iraee prisonniers politiques cancer iranArash Sadeghi, un défenseur des droits humains gravement malade, incarcéré à la prison de Rajaï Chahr, souffre d'une grave infection de la cicatrice (suite à une opération) du fait des conditions insalubres et en raison d’une faute professionnelle médicale.
Arash Sadeghi a été réemprisonné seulement deux jours après une importante opération chirurgicale, malgré les recommandations de ses propres médecins de prolonger sa permission temporaire en raison de son cancer potentiellement mortel.
Ceci allait à l’encontre de l’avis médical explicite strict qui exigeait qu’il passe au moins 25 jours à l'hôpital après l'opération afin qu'il puisse être suivi par des médecins spécialistes. Les médecins ont déclaré avoir besoin de cette période de récupération postopératoire pour déterminer si Arash Sadeghi nécessitait une chimiothérapie, une radiothérapie ou une intervention chirurgicale supplémentaire.
Les dernières nouvelles indiquent que Sadeghi est maltraité en détention, privé de nourriture, de chimiothérapie disponible, de médecins compétents et qu’il est battu.
Arash Sadeghi a été diagnostiqué avec une tumeur osseuse cancéreuse en août. Toutefois, les autorités de la prison Rajaï Chahr, à Karaj, dans le nord-ouest de Téhéran, l’ont depuis lors empêché à plusieurs reprises de recevoir de soins médicaux susceptibles de lui sauver la vie.
Après des mois de douleur non traitée, un médecin d'un hôpital situé à l'extérieur de la prison a découvert la tumeur en juin 2018, mais les autorités pénitentiaires l'ont systématiquement empêché de recevoir des soins médicaux spécialisés. Après avoir opéré Sadeghi et l’avoir renvoyé à la prison de Rajaï Chahr, il a développé une infection grave.
« Le traitement de Arash Sadeghi par les autorités iraniennes n’est pas seulement indiciblement cruel ; en termes juridiques, c'est un acte de torture. À chaque étape du processus, les autorités pénitentiaires, le bureau du procureur et les pasdarans ont tout mis en œuvre pour entraver et limiter l'accès aux traitements essentiels dont Arash a besoin pour se battre contre son cancer, ce qui met sa vie en danger », a déclaré Philip Luther, directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International.
La prisonnière politique Golrokh Iraee s'est adressée à lui dans une lettre ouverte pour protester contre le refus des autorités de soigner son mari, Arash Sadeghi, un prisonnier politique détenu dans la prison de Gohardasht qui souffre d’un cancer et qui demande de l'aide pour sauver sa vie.
La prisonnière politique Golrokh Iraee, incarcérée dans le pavillon pour femmes de la prison d'Evine, a écrit dans une lettre ouverte publiée le 12 novembre 2018 : « De décembre 2017 à aujourd'hui, sans aucune explication claire, mon mari, Arash Sadeghi, et moi avons été privés de visites et du droit de passer des appels téléphoniques. Et tout au long de cette période, à l’exception d’une visite de deux heures qui s’est déroulée il y a plus de cinq mois, nous n’avons eu aucun contact et nous ne sommes absolument pas au courant de la situation de chacun ».
Faisant référence à la détérioration de l'état de son mari, elle a ajouté : « Ces derniers mois, j'ai entendu beaucoup d’informations sur la détérioration de la situation d'Arash, en raison de son cancer. En fin de compte, tout ce qui a été fait, c'est de l'expédier à l'hôpital pour y subir une intervention chirurgicale. Mais il a été rapidement renvoyé en prison quelques jours seulement après l’opération, sur insistance des pasdarans de Sarallah et malgré l’opposition du personnel médical.
« Le dispensaire de Rajaï Chahr a affirmé que l’évolution de la maladie et le manque d’installations dans la prison étaient à un degré tel que les responsables de la santé n’assumeraient pas la responsabilité des conséquences de la présence d’Arash en prison après une opération. Depuis l'apparition de l'infection post-chirurgicale, Arash est toujours en prison et les autorités se sont opposées à son renvoi à l'hôpital ».
Golrokh Iraee s’est déclarée préoccupée par le fait que son mari Arash Sadeghi, n’avait pas commencé une chimiothérapie post-chirurgicale et que le personnel médical de la prison de Rajaï Chahr n’était pas en mesure de le soigner.
Soulignant que tout prisonnier a le droit d'avoir accès à un traitement, Golrokh Iraee a conclu : « Face à l'indifférence croissante à l'égard de la santé de mon mari, la capacité et la force d'Arash pour faire face à ce qui l'attend, augmentent, traversant cette épreuve comme les autres pressions, dommages et injustices ».
Depuis juin 2016, Sadeghi, 32 ans, purge une peine de quinze ans d'emprisonnement pour s'être engagé dans des activités pacifiques en faveur des droits humains. Il a été emprisonné pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale », « propagande contre l'État », « propagation de mensonges sur le cyberespace » et « insulte au fondateur de la République islamique ».
Son épouse, Golrokh Ebrahimi Iraee, purge également une peine de cinq ans d'emprisonnement à la prison d'Evine depuis 2016 pour avoir écrit un article non publié sur la pratique de la lapidation en Iran et pour le contenu de certains de ses messages personnels sur Facebook.
Source : Les droits de l’homme en Iran

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