Le mardi 16 juin, la campagne « Mardis sans exécutions » entrait dans sa 125e semaine, démontrant une fois de plus la détermination des prisonniers résistants iraniens à ne pas se soumettre au règne des exécutions et de la torture.
À cette occasion, la campagne « Mardis sans exécutions » a publié un communiqué recensant de nombreuses violations des droits de l'homme commises au cours de la semaine écoulée et appelant à l'arrêt immédiat des exécutions.
La déclaration se lit comme suit :
« Face à la situation critique que traverse la société iranienne, alors que le régime iranien et son appareil répressif et judiciaire ont exécuté plus de 177 prisonniers depuis le 21 mars, nous continuons d'assister à la prononciation et à l'exécution de peines de mort inhumaines. Il s'agit d'une tentative désespérée de contenir la colère populaire exacerbée par l'oppression, l'injustice et la flambée des prix. »
D'après les informations publiées la semaine dernière, outre les centaines de prisonniers condamnés à mort pour des délits de droit commun et dont beaucoup ont vu leur peine exécutée, les condamnations à mort des prisonniers politiques Ali Fattah et Mohammad Naghizadeh ont au moins été confirmées par la Cour suprême. Ils ont été placés à l'isolement à la prison de Ghezel Hesar. Deux autres prisonniers politiques, Ali Kamali et Peyman Ganji, ont également été transférés de la prison du Grand Téhéran à celle de Ghezel Hesar. Peyman Ganji, âgé de 23 ans, avait été arrêté lors du soulèvement de janvier et condamné à mort par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran.
« Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, la prison de Ghezel Hesar est le principal centre d'exécution de la province de Téhéran et l'un des lieux d'exécution du régime. Elle détient de nombreux condamnés à mort, et les détenus qui y sont transférés après avoir reçu leur sentence sont exposés au risque d'une exécution imminente. »
« En réponse à la vague d’exécutions de prisonniers politiques et à la menace qui pèse sur la vie de cinq prisonniers – Alireza Merdasi, Masoud Jamei, Reza Abdali, Farshad Etemadifar et Hassan Maslavi – Amnesty International a demandé la suspension des exécutions de ces cinq personnes et d’autres prisonniers en Iran. »
« Nous, membres de la campagne « Mardis sans exécutions », exigeons l’arrêt immédiat des exécutions et appelons toutes les personnes consciencieuses ainsi que les militants politiques, des droits de l’homme, civiques, syndicaux et sociaux à condamner les exécutions par tous les moyens possibles et à prendre des mesures concrètes pour les arrêter. »
« La réalisation de la liberté, de l’égalité et la préservation de la dignité humaine sont impossibles sans la sauvegarde du droit à la vie. Nous appelons tous les opposants à la peine de mort à s’unir dans un esprit de solidarité et d’action collective pour démanteler la structure du despotisme et le cycle des exécutions. »
Les prisonniers participant à la campagne « Mardis sans exécution » sont en grève de la faim ce mardi 16 juin, lors de la 125e semaine de la campagne, dans 56 prisons à travers le pays.
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