mardi 16 juin 2026

La crise des soins infirmiers en Iran s'aggrave, les migrations et la pénurie de main-d'œuvre menaçant le système de santé.

 La pénurie de personnel infirmier en Iran, alimentée par l'exode des infirmières, est de nouveau au centre des préoccupations suite à la publication de statistiques officielles par le ministère de la Santé iranien. Ces chiffres révèlent que les départs à la retraite et l'émigration des infirmières persistent, tandis que les autorités mettent en garde contre les conséquences pour le système de santé. Alors que les centres médicaux du pays sont confrontés à une pénurie de personnel, l'exode des infirmières est devenu l'un des défis majeurs du secteur de la santé.

D'après les déclarations d'Abbas Ebadi, vice-ministre des Soins infirmiers au ministère iranien de la Santé, publiées le 13 juin par l'agence de presse officielle IRNA et le site d'information officiel Asr Iran, 1 800 infirmières ont quitté leur emploi au cours de l'année écoulée. Par ailleurs, 800 infirmières ont démissionné et 380 ont quitté le pays. Ces chiffres, conjugués aux départs à la retraite de 1 600 infirmières et aux 2 400 cas de report d'obligations de service enregistrés, dressent un tableau préoccupant de la situation des effectifs du système de santé.

Migration des infirmières et pénurie croissante de personnel

Le vice-ministre des Soins infirmiers a décrit la pénurie de personnel comme le principal défi auquel le secteur est confronté. Selon lui, cette pénurie contribue à l'épuisement professionnel, à l'abandon de poste et à l'exode des infirmières. Il a souligné que le faible ratio infirmières/lits d'hôpitaux, les départs à la retraite, les démissions et l'augmentation des congés sans solde exercent une pression supplémentaire sur le personnel soignant.

La question de l'exode des infirmières a été soulevée à maintes reprises ces dernières années par diverses institutions. Nombre d'entre elles choisissent de quitter le pays en raison de conditions de travail difficiles, de pressions professionnelles et de perspectives de carrière limitées. Cette tendance se poursuit alors que les établissements de santé font face à une grave pénurie de personnel et que de nombreux services hospitaliers fonctionnent grâce à des heures supplémentaires obligatoires et une charge de travail excessive.

Ebadi a déclaré que le départ de chaque infirmière du pays entraîne une perte annuelle d'environ 40 milliards de rials. Ce chiffre inclut les coûts de formation et les investissements réalisés dans le perfectionnement du personnel spécialisé, qui finit par quitter le système de santé du pays en raison de l'émigration.

Avertissement concernant la sécurité du système de santé

L'un des aspects les plus importants des propos du sous-ministre était sa mise en garde concernant les menaces qui pèsent sur la sécurité du système de santé. Il a déclaré que la pénurie d'infirmières pourrait entraîner une hausse des taux de mortalité, une augmentation des erreurs médicales et infirmières, ainsi qu'une augmentation des coûts des soins de santé pour les citoyens.

Le responsable du ministère de la Santé a souligné que la profession infirmière n'est plus seulement une question de main-d'œuvre qualifiée, mais qu'elle est désormais directement liée à la qualité des services de santé et à la sécurité sanitaire publique. Il a ajouté que la diminution du nombre d'infirmières en activité exerce une pression accrue sur le personnel restant et risque de nuire à la qualité des soins prodigués aux patients.

Dans ce contexte, le ministère de la Santé a annoncé avoir reçu l'autorisation de recruter 12 000 infirmières au cours de l'année écoulée. Cependant, les experts du secteur de la santé estiment que le recrutement à lui seul ne saurait résoudre les problèmes actuels, car l'exode des infirmières expérimentées se poursuit simultanément.

Changer l'approche de la gestion des effectifs

Dans une autre partie de son intervention, le vice-ministre des Soins infirmiers a insisté sur la nécessité de revoir l'approche adoptée face aux revendications professionnelles des infirmières. Il a affirmé que l'expérience internationale démontre que la fidélisation du personnel infirmier ne dépend pas uniquement de facteurs financiers et que des facteurs professionnels, organisationnels et sociaux jouent également un rôle déterminant.

Néanmoins, la publication des statistiques officielles sur les démissions, les départs à la retraite et l'exode des infirmières révèle que la pénurie de personnel dans le secteur de la santé demeure l'un des défis majeurs auxquels est confronté le système de santé du pays. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait exercer une pression accrue sur les hôpitaux et les centres médicaux et rendre l'accès aux soins plus difficile pour les citoyens.

Les statistiques officielles publiées par le ministère de la Santé indiquent que l'exode des infirmières et le départ des professionnels qualifiés du système de santé ont atteint un point tel que même les représentants du régime le considèrent comme une menace pour la sécurité de ce système. La pénurie persistante de personnel, l'épuisement professionnel et la fuite des cerveaux dressent le tableau d'une crise grandissante dont les conséquences affecteront directement les patients et la qualité des soins.

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