dimanche 14 février 2021

L’affaire du terroriste iranien n’est pas résolue en l’absence d’une plus grande responsabilité


 Un diplomate de haut rang du régime iranien a été officiellement condamné pour avoir planifié un attentat terroriste au cœur de l’Europe. Le verdict rendu jeudi par un tribunal fédéral belge est la plus forte confirmation officielle jamais présentée concernant le chevauchement entre l’activité terroriste de l’Iran et ses réseaux diplomatiques. Dans son sillage, la communauté internationale doit sérieusement reconsidérer son approche des affaires du régime iranien et prendre des mesures concrètes pour empêcher l’émergence de nouvelles menaces terroristes.

Le principal défendeur dans l’affaire belge, Assadollah Assadi, était employé comme troisième conseiller à l’ambassade du régime à Vienne en 2018, lorsqu’il a fait passer en fraude 500 grammes de l’explosif TATP sur un vol commercial en provenance d’Iran, puis l’a remis à deux co-conspirateurs lors d’une réunion à Luxembourg. La bombe a heureusement été interceptée par les forces de sécurité belges avant que les terroristes ne puissent passer en France où ils avaient prévu de faire exploser le rassemblement annuel « Iran Libre » organisé par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Alors que la Belgique a rapidement déterminé qu’Assadi avait agi sur ordre des hautes autorités du régime des mollahs, le CNRI a pu rapidement préciser que les ordres provenaient du Conseil suprême de sécurité nationale du régime, suite à la contribution du Guide Suprême, Ali Khamenei, et du Président Hassan Rohani.

L’implication de ces deux personnalités allait à l’encontre des récits optimistes de l’Occident concernant les divisions entre une faction de la ligne radicale associée à Khamenei et une faction dite « modérée » associée à Rohani. Cela a à son tour sapé les éloges que certains responsables occidentaux avaient adressées au ministre des Affaires étrangères de Rohani, Mohammad Javad Zarif, mais cela a également contribué à donner un sens au fait que le complot terroriste de 2018 avait été canalisé par une importante ambassade iranienne, où aucune opération majeure ne serait entreprise sans la connaissance et le consentement du ministre des Affaires étrangères.

En plus d’établir qu’Assadi n’agissait pas de sa propre initiative, l’enquête belge a déterminé que ses activités en Europe s’étendaient bien au-delà du complot spécifique en question. Les documents retrouvés dans son véhicule indiquent qu’il avait rendu visite à des agents dans au moins 11 pays européens, leur fournissant souvent des paiements en espèces pour des services encore inconnus, et qu’il avait pris des notes sur divers points d’intérêt, notamment ceux liés au soutien d’organisations terroristes comme le Hezbollah.

Ces informations montrent que l’affaire en question n’est pas entièrement résolue, alors que l’implication de figures du régime comme Rohani et Zarif soulève des questions sur la quantité et l’étendue d’autres réseaux qui pourraient opérer sous la direction d’autres diplomates-terroristes comme Assadi. Ces préoccupations ont été soulignées par le député britannique Matthew Offord, jeudi, dans les commentaires qu’il a fait dans le cadre d’une conférence en ligne organisée par le CNRI afin de discuter de la conclusion de l’affaire de terrorisme.

« Après le verdict d’aujourd’hui, ce serait une erreur de penser que cette affaire est maintenant terminée et close », a-t-il déclaré. « L’affaire est maintenant ouverte parce que les vrais coupables sont libres parmi les dirigeants iraniens à Téhéran. »

Offord était l’un des plus de deux douzaines de législateurs et d’experts en politique étrangère de toute l’Europe et des Amériques qui ont participé à cette conférence. Tous ont souligné l’importance de considérer le verdict de jeudi comme un tremplin vers des efforts plus larges pour tenir les autorités du régime théocratique responsables de cette affaire et d’autres cas de terrorisme et de violence politique.

De nombreux intervenants ont souligné que la première étape logique de cet effort implique l’application des conséquences pour Javad Zarif. Ingrid Betancourt, ancienne candidate colombienne à la présidence, a déclaré que Zarif « doit comprendre qu’il n’est pas le bienvenu en Europe » et que « nos dirigeants et notre gouvernement doivent s’abstenir de l’inviter en Europe pour parler ». Des demandes similaires ont été exprimées par d’autres participants à la conférence du CNRI qui s’opposent à la politique occidentale à l’égard de Téhéran, beaucoup d’entre eux préconisant une dégradation générale des relations diplomatiques et commerciales.

Le mois dernier, deux déclarations publiques – l’une du Comité international en quête de justice et l’autre d’une coalition de plus de 50 membres du Parlement européen – ont insisté sur le fait qu’une déclaration du Conseil de l’Union européenne de 1997 faisait obligation à l’organisme multinational de prendre justement une telle mesure en réponse aux signes indiquant que l’Iran n’a pas « respecté les normes du droit international » ou « s’est abstenu de commettre des actes de terrorisme ».

Les deux déclarations ont appelé à juste titre la communauté internationale à présenter au régime des mollahs des conditions claires pour le rétablissement futur de relations normales. Plus précisément, elles ont exigé que Téhéran fournisse des preuves claires qu’il a démantelé ses réseaux terroristes et qu’il s’engage fermement à ne plus jamais poursuivre d’objectifs terroristes sur le sol européen.

La communication claire de cet ultimatum serait un début prometteur pour un changement global vers des politiques plus affirmées à l’égard du régime des mollahs. Et qu’un décideur politique ou un gouvernement donné s’attende ou non à ce que le régime s’y conforme, tous ceux qui ont participé à l’émission de cette demande seraient prêts à en faire de même avec un suivi minutieux des responsables et des institutions du régime, ce qui pourrait conduire à l’expulsion ou à la poursuite de ceux qui aspirent actuellement à devenir les prochains Assadis.

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