lundi 27 juillet 2020

EDITORIAL : Anniversaire du massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran


EDITORIAL: Anniversary of Iran’s 1988 Massacre of Political Prisoners Anniversary of Iran’s 1988 Massacre of Political Prisoners
 Morgan Ortagus, porte-parole du Département d’Etat américain, a déclaré le 17 juillet : « Le 19 juillet marque l’anniversaire des commissions de la mort en l’Iran sur ordre de l’ayatollah Khomeiny. » Ces commissions ont envoyé plus de 30.000 prisonniers politiques à la potence en seulement quelques mois.

« L’actuel chef du pouvoir judiciaire iranien et l’actuel ministre de la Justice ont tous deux été identifiés comme d’anciens membres de ces commissions de la mort…. Tous les fonctionnaires iraniens qui commettent des violations des droits de l’homme ou des abus devraient être tenus responsables », a ajouté le porte-parole du Département d’Etat.
C’est un juste appel qui aurait dû être lancé bien plus tôt. Le temps est venu pour les pays européens de se joindre à cet appel. Récemment, 31 anciens responsables et personnalités politiques des États-Unis ont demandé, dans une déclaration au « Sommet mondial pour un Iran Libre », que le régime des mollahs soit tenu responsable de ses crimes contre l’humanité. Ils ont également exhorté les gouvernements à dépêcher une mission d’enquête à Achraf 3, en Albanie, le siège de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), pour y écouter les témoignages de plus de 900 anciens prisonniers politiques.
Il y a 32 ans, après la défaite du régime pendant la guerre Iran-Irak qui a duré 8 ans, Rouhollah Khomeiny, alors Guide Suprême du régime, a été contraint de boire la « calice amère » du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre qu’il avait dit vouloir poursuivre jusqu’à la destruction de la dernière maison à Téhéran pour arriver à Jerusalem via Karbala. Parallèlement à la décision d’accepter le cessez-le-feu, le régime des mollahs a décidé de massacrer les prisonniers politiques afin de désamorcer les conséquences de l’échec dans la guerre et d’intimider la société iranienne. A cet effet, Khomeiny a émis une terrible fatwa, sur la base de laquelle tous les prisonniers de l’OMPI qui « restent inébranlables » dans leur convictions, doivent être exécutés et massacrés dans toutes les prisons du pays.
La fatwa, qui a été écrite par Khomeiny lui-même, ordonne clairement : « Ceux qui sont dans les prisons du pays et qui restent inébranlables dans leur soutien à l’OMPI font la guerre à Dieu et sont condamnés à être exécutés. »
Sur la base de ce décret, plus de 30.000 prisonniers politiques ont été massacrés.
Il y a eu de nombreux crimes et massacres au cours de l’histoire, mais le massacre des prisonniers politiques de 1988 présente des caractéristiques uniques :
1. Ce crime a été commis sur ordre écrit du plus haut responsable du système.
1. Le « crime » des victimes consistait seulement à avoir une croyance et à persévérer dans leurs convictions.
1. Toutes les personnes massacrées étaient des prisonniers qui avaient été jugés et condamnés par le pouvoir judiciaire du régime à des peines de prison et beaucoup avaient fini de purger leur peine.
Compte tenu de ces caractéristiques, Geoffrey Robertson QC, ancien juge au Tribunal spécial des Nations Unies pour la Sierra Leone, a qualifié le massacre de 1988 de « pire crime contre l’humanité depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Face à toutes ces caractéristiques qui, selon Hossein-Ali Montazeri, le successeur de Khomeiny à l’époque, ont fait que les noms de Khomeiny et de ses bourreaux ont été enregistrés comme les pires criminels de l’histoire.
La fermeté des convictions des personnes massacrées est un exemple rare dans l’histoire. Des milliers de prisonniers ont du décider de leur destin et choisir entre la liberté ou la mort, en répondant à une question posée par la « Commission de la mort ». La question était la suivante : Quelle est votre charge ? Les prisonniers savaient que le fait de dire le mot « OMPI » équivaudrait à une exécution. Parmi les milliers de prisonniers à qui cette question a été posée, 95 % d’entre eux ont courageusement répondu qu’ils ont soutenu l’OMPI.
Après 32 ans, ce que dit le Département d’Etat américain confirme que le massacre de 1988 est un crime contre l’humanité et n’est pas soumis à la prescription. De plus, cette attestation de la vérité est le reflet de la conscience humaine éveillée dans le monde actuel. C’est cette même conscience qui, 32 ans après, reconnaît aujourd’hui que lors du massacre de 1988, l’OMPI, dans le cadre de ses 40 ans de résistance, entre la reddition et mourir pour la liberté, a choisi la voie de la liberté, une voie qui continuera jusqu’à l’instauration d’un Iran libre et démocratique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire