mercredi 22 juillet 2020

ONU : Les experts demandent la libération urgente de Narges Mohammadi


narges mohammadi iranCSDHI - L'Iran doit libérer la défenseure des droits humains, Narges Mohammadi, qui souffrirait des symptômes du coronavirus, et d'autres personnes détenues arbitrairement avant qu'il ne soit trop tard, a déclaré aujourd'hui, le 22 juillet 2020, un groupe d'experts des droits humains des Nations unies, à Genève. 

Le groupe de 16 experts a exprimé de graves inquiétudes quant au fait que Mme Mohammadi semble avoir contracté la COVID-19 dans la prison de Zanjan. Mme Mohammadi est détenue depuis 2015 pour des raisons liées à son travail en faveur des droits humains. Elle a été condamnée à 16 ans de prison en mai 2016, dont elle devra purger 10 ans en vertu de la loi iranienne.
« Nous sommes extrêmement inquiets pour le bien-être de Mme Mohammadi. Nous avons déjà fait part de nos inquiétudes quant au fait qu'elle et d'autres personnes dans les prisons iraniennes courent un grand risque si elles contractent la COVID-19 et nous avons demandé leur libération immédiate », ont déclaré les experts. « Pour ceux et celles qui ont des problèmes de santé sous-jacents, comme Mme Mohammadi, cela peut avoir des conséquences mortelles. Les autorités iraniennes doivent agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard. »
Ils ont également demandé aux autorités de donner à Mme Mohammadi les résultats du test COVID-19 qu'elle a fait le 8 juillet, et de la transférer dans un hôpital pour qu'elle y reçoive des soins appropriés. Elle a présenté les premiers symptômes de la COVID-19, le 29 juin 2020 et son état s'est rapidement détérioré, entraînant une perte de conscience, le 5 juillet 2020.
Malgré ces symptômes et ses demandes répétées de soins médicaux, les autorités pénitentiaires ne l’auraient pas soigné. Le 8 juillet 2020, sa famille s'est rendue chez le procureur de Zanjan pour demander qu'elle reçoive des soins médicaux, et le même jour, elle a subi un test de dépistage COVID-19. Elle s'est vu refuser l'accès aux résultats, bien qu'une de ses compagnes de cellule ait été testé positive et que d'autres ont présenté des symptômes de la maladie.
« Nous déplorons également la publication d'une vidéo par des médias officiels, laquelle montre Mme Mohammadi en train de se faire examiner par un médecin, ce qui suggérerait qu'elle est en bonne santé. Cette vidéo représente une violation du droit à la vie privée de Mme Mohammadi et n'a aucune valeur car son contenu ne peut absolument pas être vérifié », ont souligné les experts
Les experts s'inquiètent également de l'augmentation possible du nombre de cas en prison, car les prisonniers précédemment libérés sur permission sont renvoyés en prison, et parce qu’une deuxième vague de la COVID-19 frappe l'Iran. La capacité de l'Iran à contenir les épidémies dans des prisons surpeuplées et insalubres suscite des inquiétudes depuis longtemps.
Le 16 avril 2020, les experts ont salué la politique de l'Iran consistant à accorder des libérations temporaires aux prisonniers afin d'atténuer les effets de la COVID-19 dans les prisons. Toutefois, les experts ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que de nombreux défenseurs des droits humains comme Mme Mohammadi, ainsi que des avocats spécialisés dans les droits humains, des personnes ayant une double nationalité et des étrangers, des défenseurs de l'environnement et d'autres prisonniers d'opinion détenus sans base juridique suffisante n'en ont pas bénéficié, et ils ont demandé instamment que l'initiative leur soit étendue.
« Tout d’abord, Mme Mohammadi ne devrait pas être en prison », ont déclaré les experts. « Le Groupe de travail sur la détention arbitraire a estimé que sa détention est arbitraire et il a demandé sa libération immédiate en 2017. Non seulement les autorités iraniennes continuent de l'emprisonner, mais elles ont refusé l'année dernière tout contact avec sa famille, et cherchent également à la poursuivre sous de nouvelles accusations afin de poursuivre son emprisonnement illégal. »
« Nous demandons une fois de plus à l'Iran de libérer immédiatement Mme Mohammadi, ainsi que tous les autres qui sont actuellement privés de leur droit à la liberté en violation des obligations de l'Iran au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. »
Source : Le Centre pour les droits de l’homme en Iran

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