Alors que les manifestations continuent de s'étendre à travers l'Iran, les médias internationaux se concentrent de plus en plus sur l'ampleur, la profondeur et l'intensité des troubles, dépeignant un pays en proie au désespoir économique, à la répression politique et à une contestation croissante du pouvoir en place.
Plusieurs grands médias occidentaux ont rapporté que des manifestations, des grèves et des affrontements entre manifestants et forces de sécurité se sont poursuivis dans de nombreuses provinces. Selon ces reportages, des images circulant en provenance d'Iran montrent d'importantes foules scandant des slogans visant ouvertement les dirigeants suprêmes du régime, ce qui témoigne d'un glissement des revendications économiques vers une confrontation politique directe.
Les médias américains ont relayé des images de villes comme Shiraz, Ispahan, Kermanshah et Téhéran, où des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité. Dans des villes du sud comme Fasa, des manifestants auraient tenté de pénétrer dans des bâtiments gouvernementaux tandis que des hélicoptères militaires survolaient la zone, une manœuvre manifeste pour intimider la population et empêcher la propagation des troubles. Dans l'ouest de l'Iran, notamment à Kermanshah, des commerçants auraient confronté directement les forces de sécurité, soulignant ainsi la participation de groupes sociaux traditionnellement peu enclins à prendre des risques.
Les médias internationaux ont également fait état de coups de feu audibles, de tactiques agressives de contrôle des foules et de manifestants jetant des objets sur les forces de sécurité, ce qui suggère une escalade tant dans l'ampleur que dans l'intensité des affrontements.
Reuters, citant des images vidéo vérifiées et des témoignages locaux, a décrit une détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs villes iraniennes. Selon ces témoignages, des manifestants ont pris pour cible des commissariats et des installations liées à la milice paramilitaire Bassidj, faisant les premières victimes parmi les forces de sécurité. À Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, des manifestants auraient incendié la résidence du gouverneur et des bâtiments municipaux, signe que les troubles ont pris une ampleur bien plus importante que les simples manifestations symboliques.
D'autres rapports ont décrit des affrontements dans la ville d'Arak, au centre du pays, où des manifestants auraient utilisé des engins incendiaires contre les forces de sécurité, marquant une escalade significative dans les tactiques employées.
La presse tabloïd britannique a décrit les troubles actuels comme parmi les plus graves qu'ait connus l'Iran ces dernières années, évoquant des grèves généralisées, des affrontements de rue et les difficultés du régime à rétablir l'ordre malgré le déploiement des Gardiens de la révolution, des forces de police, des services de renseignement et d'un grand nombre d'agents en civil. Selon ces mêmes sources, les manifestations se sont étendues bien au-delà de Téhéran, touchant des villes comme Mashhad, Ahvaz, Yazd, Karaj, Hamadan, Tabriz et d'autres encore.
Les déclarations attribuées à Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), ont également été relayées par la presse internationale. Elle a établi un lien entre l'ampleur du soulèvement et la colère populaire généralisée, alimentée par l'effondrement de la monnaie, l'inflation galopante, la stagnation économique et la corruption systémique. Selon elle, les manifestants s'attaquent directement à ce qu'ils considèrent comme la cause profonde des crises iraniennes : le système en place lui-même.
L'Agence France-Presse (AFP) a rapporté que les manifestations, initialement déclenchées par des revendications économiques, ont débuté dans le principal marché de téléphonie mobile de Téhéran avant de s'étendre rapidement aux universités du pays. La participation étudiante se serait étendue à au moins dix universités de Téhéran et d'autres villes, signe du retour des campus comme foyers de contestation.
L'AFP a également relevé des attaques contre des installations gouvernementales à Fasa, citant des reconnaissances officielles de dégâts sur des bâtiments administratifs. L'agence a replacé ces troubles dans le contexte de la crise économique plus large qui frappe l'Iran, exacerbée par des années de sanctions et une forte dépréciation de la monnaie nationale. Des comparaisons ont été établies avec les précédentes manifestations nationales de 2019 et 2022, toutes deux violemment réprimées.
Le New York Times a rapporté que les autorités du régime iranien ont décrété des fermetures dans 21 provinces, dont Téhéran, en réponse à l'ampleur des manifestations. Des images authentifiées, publiées par le journal, montrent des manifestants attaquant des bâtiments gouvernementaux à Fasa. Le journal souligne que la colère populaire ne se limite pas aux difficultés économiques, mais s'étend aux pénuries d'eau chroniques et à des défaillances plus générales de la gouvernance. Il rappelle que l'Iran a connu ces dernières années des vagues de troubles répétées, souvent réprimées avec violence et par des arrestations massives.
Le média conservateur américain Breitbart s'est concentré sur le contexte répressif plus large du régime, décrivant les troubles actuels comme se déroulant durant ce que des sources d'opposition ont qualifié d'année la plus sanglante sous le Guide suprême Ali Khamenei, marquée par une forte augmentation des exécutions. Des rapports ont cité des figures de l'opposition qui ont décrit les exécutions de masse et arbitraires comme des crimes contre l'humanité et la preuve d'un régime de plus en plus dépendant de la peur pour maintenir son pouvoir. Selon ces témoignages, les condamnations à mort contre les prisonniers politiques, en particulier ceux accusés de liens avec des groupes d'opposition organisés, ont fortement augmenté.
La chaîne de télévision britannique Channel 4 a également diffusé des reportages depuis Téhéran et d'autres villes, décrivant quatre jours consécutifs de manifestations antigouvernementales. Des images montraient des manifestants dans le Grand Bazar de Téhéran scandant des slogans d'unité face aux forces anti-émeutes. La chaîne a insisté sur les causes économiques de la colère populaire, évoquant la flambée du coût de la vie, la dévaluation de la monnaie et l'augmentation spectaculaire des prix alimentaires.
Les habitants interrogés dans ces reportages ont décrit une chute brutale de leur niveau de vie, soulignant que des produits de base comme le riz et les œufs sont devenus inabordables pour des familles autrefois considérées comme appartenant à la classe moyenne. D'après ces témoignages, la frustration est à son comble et de nombreux manifestants réclament ouvertement une réforme politique en profondeur.
De tous les reportages, un constat unanime se dégage : les manifestations, initialement motivées par des revendications économiques, se sont muées en un mouvement de contestation nationale du système en place, rassemblant ouvriers, commerçants, étudiants et citoyens ordinaires de tout l’Iran. L’attention internationale croissante souligne non seulement l’ampleur du mouvement, mais aussi la difficulté grandissante du régime à contenir une société qui semble, une fois de plus, se trouver à l’aube d’un tournant décisif.

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