jeudi 8 janvier 2026

Les autorités iraniennes répriment brutalement les manifestations Cesser l’usage illégal de la force létale et les arrestations arbitraires

 HUMAN RIGHTS WATCH – Les autorités iraniennes répriment avec une extrême brutalité les manifestations nationales en recourant à la force létale. En un peu plus d’une semaine, au moins 27 manifestants et passants, dont des enfants, ont été tués, et de nombreuses autres personnes blessées, tandis que les forces de sécurité procédaient à des arrestations massives. Human Rights Watch enquête actuellement sur cette répression violente et sur les violations des droits humains qui y sont associées.

Les manifestations ont débuté le 28 décembre au Grand Bazar de Téhéran avant de s’étendre rapidement à au moins 27 provinces à travers le pays. Si le mouvement a été déclenché par de lourdes pressions économiques, la dégradation des conditions de vie et une corruption endémique, les revendications des manifestants vont bien au-delà. Elles portent sur des changements fondamentaux et structurels, incluant une transition complète vers un système démocratique respectueux des droits et de la dignité humaine.

Ces manifestations s’inscrivent dans une longue série de soulèvements nationaux contre le système au pouvoir au cours de la dernière décennie. La réponse des autorités a, de manière constante, été marquée par une répression meurtrière, rendue possible par une impunité systémique.

Selon des informations relayées par les médias et des organisations iraniennes de défense des droits humains, les forces de sécurité ont fait usage de munitions létales, y compris des armes de calibre militaire et des projectiles métalliques tirés par fusils de chasse, ainsi que de gaz lacrymogènes et de matraques, contre des manifestants non armés. La répression a également pris la forme de raids violents, notamment à l’hôpital Imam Khomeini d’Ilam les 4 et 5 janvier, apparemment dans le but d’arrêter des manifestants blessés et de confisquer les corps des personnes tuées.

L’organisation indépendante Iran Human Rights a indiqué le 6 janvier qu’au moins 27 manifestants avaient été tués et des centaines d’autres blessés. Les autorités auraient arrêté et détenu plus d’un millier de personnes, parmi lesquelles des enfants âgés d’à peine 14 ans. Des cas de torture et de disparitions forcées ont également été signalés.

Comme lors des précédents mouvements de contestation, les autorités, y compris à leur plus haut niveau, ont cherché à délégitimer les manifestants en les qualifiant de « émeutiers » et en menaçant d’une répression encore plus sévère s’ils poursuivaient leurs mobilisations. Le 3 janvier, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré :
« Il est inutile de dialoguer avec les émeutiers ; les émeutiers doivent être remis à leur place. »

La liberté de réunion pacifique et le droit à la contestation publique constituent des droits fondamentaux. Le recours à la force létale dans des situations ne répondant pas au critère strict d’un danger imminent de mort ou de blessure grave, ainsi que la détention arbitraire de personnes exerçant leurs droits fondamentaux, constituent des violations du droit international des droits humains.

Les autorités iraniennes doivent mettre immédiatement fin à l’usage illégal de la force et libérer toutes les personnes détenues arbitrairement. Les Nations unies et les gouvernements concernés doivent engager sans délai des mécanismes de responsabilité, y compris des poursuites pénales, à l’encontre des responsables de violations graves des droits humains et de crimes au regard du droit international.

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