mardi 20 janvier 2026

Le pouvoir iranien admet une « guerre urbaine » alors que la crise interne s'aggrave

 Des politiques contradictoires, des pertes humaines massives, des retraits diplomatiques et des luttes intestines ouvertes révèlent un régime qui peine à maintenir son contrôle.

Les récentes déclarations de hauts responsables iraniens et de médias affiliés à l'État ont offert un aperçu d'une franchise inhabituelle de la profondeur de la crise qui secoue le régime iranien. Loin de projeter une image de stabilité, ces aveux révèlent un système aux prises avec de violents conflits urbains, un désordre interne, un effondrement économique et un isolement international croissant.

Reconnaissance de la guerre urbaine violente

Dans une déclaration saisissante, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié la situation actuelle de « guerre urbaine extrêmement violente », évoquant des affrontements armés et le « massacre brutal de plusieurs milliers de personnes », parmi lesquelles des civils, des membres de la milice Bassidj et des forces de sécurité. Ce langage, d'une brutalité sans précédent, contredit frontalement les déclarations officielles qui, depuis des mois, affirmaient que les troubles étaient maîtrisés.

En qualifiant la situation de guerre urbaine, le régime concède implicitement qu'il n'est plus confronté à des manifestations sporadiques, mais à un conflit interne prolongé dans plusieurs villes.

Le chaos des politiques internet signale une perte de contrôle

La gestion de l'accès à Internet par le régime est devenue le symbole de sa confusion. Alors qu'un porte-parole du gouvernement annonçait que les restrictions d'Internet pourraient rester en vigueur pendant des années, le président Massoud Pezeshkian déclarait le lendemain avoir exhorté les hauts responsables à lever immédiatement ces restrictions.

Cette contradiction souligne un processus décisionnel fragmenté et l'échec des coupures totales d'Internet, qui ont intensifié la colère publique au lieu de réprimer la dissidence.

La crise sécuritaire atteint la capitale

Pour fragiliser davantage les affirmations de stabilité, des responsables du ministère des Affaires étrangères ont confirmé que plusieurs missions diplomatiques avaient temporairement rapatrié leur personnel d'Iran. Bien que formulée avec prudence, cette déclaration révèle de graves préoccupations sécuritaires à Téhéran même, un développement qui souligne la capacité décroissante du régime à garantir la sécurité la plus élémentaire.

Les difficultés économiques utilisées comme levier politique

Alors que les conditions de vie se détériorent, les hauts responsables continuent de se défausser de leurs responsabilités. Pezeshkian a imputé les difficultés économiques principalement aux sanctions américaines, tout en reconnaissant que les mesures économiques mises en œuvre par le gouvernement ont exercé une forte pression sur la population.

Parallèlement, les dirigeants parlementaires ont annoncé la suspension des procédures de destitution des ministres en raison de la « situation actuelle du pays », interrompant de fait tout contrôle en pleine crise de corruption et de mauvaise gestion. Cette décision revient à conférer au pouvoir exécutif des pouvoirs sans limites en pleine crise nationale.

Manœuvres régionales dans un contexte de troubles intérieurs

Confronté à des troubles intérieurs, Téhéran recherche des garanties de sécurité à l'étranger. Les autorités ont mis en garde contre de prétendus complots étrangers visant à fragmenter la région, un discours qui semble destiné à masquer les craintes liées à la fragmentation territoriale et politique du régime lui-même.

Les efforts déployés pour finaliser des accords de sécurité globaux avec l'Irak sont largement perçus comme des tentatives de renforcer le contrôle des frontières et de réprimer les mouvements d'opposition opérant au-delà des frontières iraniennes.

Pressions liées aux droits de l'homme et attitude défensive du système judiciaire

Face à la pression internationale croissante, les autorités iraniennes ont lancé une campagne de défense pour justifier les arrestations et les exécutions massives. Les affirmations selon lesquelles les procédures judiciaires seraient « équitables » et « longues » semblent viser à apaiser l'indignation mondiale suscitée par les condamnations à mort imminentes et les poursuites à motivation politique.

Ces déclarations soulignent la sensibilité croissante du régime aux pressions internationales en matière de droits de l'homme, alors même que la répression s'intensifie au niveau intérieur.

Luttes intestines ouvertes et peur de l'effondrement

Le plus révélateur est sans doute la panique qui règne au sein de l'élite dirigeante. Pezeshkian a ouvertement averti le Parlement que la destitution de ministres pourrait entraîner de « lourdes pertes », admettant que le système manque de remplaçants compétents et risque de s'effondrer si seulement quelques responsables sont écartés.

Les déclarations parlementaires mettant en garde contre la « sédition en cours » témoignent une fois de plus d'une profonde méfiance au sein même du régime et de la crainte de nouvelles vagues de troubles imminentes.

Un régime au bord du gouffre

Prises ensemble, ces déclarations officielles dressent le portrait d'un gouvernement pris dans une spirale de répression, de peur et de paralysie. La reconnaissance de la guerre urbaine, conjuguée aux contradictions politiques, à la suspension du contrôle et aux luttes intestines manifestes au sein de l'élite, suggère une structure dirigeante qui peine à survivre plutôt qu'à gouverner.

Le discours qui se dégage des propres responsables iraniens n'est plus celui du contrôle, mais celui d'un système au bord du gouffre, tentant de contenir une crise qui a déjà dépassé ses capacités de gestion.

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