dimanche 18 janvier 2026

21e jour du soulèvement en Iran : Téhéran contrôlée par l’armée, la communauté internationale s’agitent pour inscrire les pasdarans sur la liste noire

 Depuis une semaine, le régime iranien impose un black-out total d’Internet, tentant de réduire au silence une nation en révolte. Pourtant, alors que le soulèvement entre dans son 21e jour, ce « mur du silence » n’a pas réussi à étouffer la réalité sur le terrain. Des informations en provenance du pays révèlent une capitale de facto sous occupation militaire et une population qui reste déterminée malgré le déploiement d’armes lourdes dans les zones résidentielles.

Le 17 janvier, le soulèvement qui avait débuté trois semaines auparavant ne montrait aucun signe d’essoufflement. Alors que le régime a recours à une répression intérieure sans précédent pour étouffer la contestation, la communauté internationale s’oriente simultanément vers un consensus susceptible de couper court au pouvoir : la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Des rues de Téhéran aux parlements d’Europe et d’Amérique du Sud, la pression sur la théocratie s’intensifie.

Téhéran assiégée : un régime paniqué

Selon un rapport détaillé du Quartier général social de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) à l’intérieur du pays, le régime a déployé un nombre impressionnant de 52 000 hommes dans le seul but de contrôler Téhéran. Cette mobilisation massive témoigne d’un appareil sécuritaire en état d’alerte maximale, craignant de perdre le contrôle de la capitale.

L’effondrement de ces forces révèle une stratégie de répression à plusieurs niveaux. Le déploiement comprend 24 000 membres des Gardiens de la révolution et des milices paramilitaires Bassidj, 21 000 agents des Forces de sécurité d’État (FSE) et 2 000 militaires sous le commandement direct de Khamenei, chargés spécifiquement de protéger les centrales électriques, le réseau de radiodiffusion d’État (IRIB) et les infrastructures critiques. Le déploiement de 5 000 forces supplétives, notamment des membres des Hachd al-Chaabi irakiens, pour réprimer la population iranienne, est peut-être l’élément le plus révélateur de la méfiance du régime envers sa propre stabilité.

La capitale a pris des allures de zone de guerre. Sur les principales places et aux points stratégiques, les Gardiens de la révolution ont déployé des mitrailleuses et des mitrailleuses lourdes DShK de 12,7 mm – des armes conçues pour le combat sur le champ de bataille, et non pour le maintien de l’ordre en milieu urbain. Des tireurs d’élite ont été postés sur les toits surplombant les bâtiments gouvernementaux et les sites sensibles, et des témoignages confirment leur présence même sur des immeubles résidentiels dans plusieurs quartiers.

Au sol, des patrouilles armées sillonnent les rues 24 heures sur 24. Les unités motorisées, opérant en groupes, sont équipées de kalachnikovs, de fusils de chasse et de lanceurs de gaz lacrymogène portatifs. Elles utilisent également des pistolets de paintball pour « marquer » les manifestants, les habitations et les commerces en vue de les cibler ultérieurement. Dans plusieurs quartiers, des points de contrôle aléatoires ont été mis en place, où les forces de l’ordre inspectent les coffres des véhicules à la recherche de tout élément susceptible d’aider la résistance.

Malgré ce climat de loi martiale, la résistance se poursuit. Le vendredi 16 janvier, des jeunes rebelles de Téhéran ont mené des affrontements sporadiques avec les forces de répression dans les quartiers de Naziabad, Tehranpars, Piroozi et Ekbatan.

La contestation est nationale. À Zahedan, bravant un important siège autour de la mosquée Makki, des manifestants ont défilé vendredi en scandant « Mort à Khamenei » et « Mort aux Bassidji ». À Izeh, des affrontements armés ont éclaté entre des jeunes Bakhtiari et des membres des Gardiens de la révolution. À Saveh, des jeunes rebelles se sont affrontés à des mercenaires rue Motahari, tandis qu’à Qirokarezin, le bazar local s’est mis en grève en solidarité avec le soulèvement.

Le prix de la liberté : de nouveaux martyrs identifiés

La riposte du régime à ces manifestations a été meurtrière. Le 16 janvier, l’OMPI a annoncé les noms de 31 nouveaux martyrs du soulèvement, identifiés malgré les graves restrictions imposées à la circulation de l’information. Le nombre de martyrs identifiés pour cette vague de protestations s’élève ainsi à 161.

La liste des victimes souligne le caractère indiscriminé de la répression, qui cible hommes, femmes et enfants sans distinction. Parmi les martyrs nouvellement identifiés figurent six femmes. L’âge des victimes révèle une guerre contre la jeunesse du pays : Arnika Dabbagh, 15 ans, de Gorgan, et Abolfazl Yaghmouri, 17 ans, de Fardis (Karaj), comptent parmi les morts.

Parmi les autres victimes figurent Ali Janani, 20 ans, d’Eslamshahr, Pouya Rostami, 23 ans, d’Ilam, et Parnia Shad Bejarkenari, 23 ans, de Rasht. L’étendue géographique des massacres – de Bijar et Salmas à l’ouest à Mashhad et Sabzevar à l’est, et Shiraz au sud – témoigne de l’ampleur nationale de la violence employée.

Isolement international : le monde se retourne contre le régime

Alors que le régime tente d’assurer sa survie par la terreur intérieure, il fait face à une diaspora sans précédent. Réaction massive. La communauté internationale commence à prendre des mesures concrètes contre l’appareil terroriste du régime.

Samedi, le président argentin Javier Milei a signé un décret historique désignant officiellement la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Ce décret cite l’implication de cette force dans l’attentat contre l’ambassade d’Israël en 1992 et celui contre le centre juif AMIA à Buenos Aires en 1994. Cette désignation intervient alors que des informations confirment l’implication directe de la Force Qods dans la répression brutale du soulèvement actuel en Iran. Selon de nombreux rapports, la Force Qods du CGRI et ses forces supplétives alliées ont joué un rôle central dans le massacre des manifestants les 8 et 9 janvier.

De l’autre côté de l’Atlantique, les dirigeants européens se font l’écho de cette position. Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a publié une déclaration ferme affirmant : « Le peuple iranien mérite de vivre libre.» Elle a souligné que le Parlement européen continuerait de faire pression pour que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) soit désigné comme organisation terroriste afin de « couper les vivres » et de s’assurer qu’il ne trouve « aucun refuge ».

Ce sentiment a été renforcé par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a promis « aucune impunité » pour les auteurs de la répression. S’exprimant à Belgrade, M. Barrot a confirmé que l’Union européenne lançait une procédure de désignation en vue de sanctionner les responsables de la répression, qu’il a qualifiée de la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran. De même, le chancelier autrichien Christian Stocker a condamné cette « violence sans précédent » et a appelé à la libération immédiate des manifestants.

Aux États-Unis, le sénateur Thom Tillis a félicité l’administration Trump pour avoir pris des « mesures appropriées » face aux violations des droits de l’homme commises par le régime, témoignant ainsi d’une position transatlantique unie contre Téhéran.

La convergence d’un soulèvement national persistant et d’une position internationale de plus en plus ferme place le régime iranien dans une situation précaire. La présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, a salué les appels renouvelés de l’Europe en faveur de sanctions plus sévères.

« Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est le principal instrument de répression, de violence criminelle et de terrorisme d’État sous le régime d’Ali Khamenei », a déclaré Mme Radjavi. Elle a averti qu’après les crimes contre l’humanité commis lors du soulèvement de janvier, « tout retard supplémentaire dans la désignation du CGRI comme organisation terroriste est inacceptable et, en pratique, ne sert que les intérêts du fascisme religieux au pouvoir en Iran ».

Alors que le régime renforce Téhéran avec des mitrailleuses et des supplétifs étrangers, il reconnaît une réalité qu’il tente de dissimuler au monde : il ne se bat plus pour sa légitimité, mais pour sa survie face à une nation qui a déjà tourné la page.

Source : CNRI 

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