Le coût humain : Jeunesse et femmes prises pour cibles
Dimanche, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a publié les noms de 58 autres martyrs, à l’issue d’un processus de vérification rigoureux. Le profil des victimes révèle une répression qui cible toutes les couches de la société iranienne, avec un accent particulier sur la jeunesse.
Parmi les martyrs nouvellement identifiés figurent Borna Dehghani et Sam Afshari, tous deux âgés de 17 ans et tués à Karaj. La liste comprend également 11 femmes, dont Nasim Pour Aghaei et Maryam Salehi Siavashani à Téhéran, et s’étend géographiquement à des villes comme Ispahan, Chiraz, Mashhad, Rasht et Ahvaz. Si l’OMPI a vérifié 219 noms, le nombre de morts est déjà confirmé à plusieurs milliers.
Allégations d’utilisation d’armes chimiques
Dans un développement inquiétant rappelant les pires crimes de guerre de l’histoire de la région, des informations crédibles suggèrent que le régime pourrait utiliser des substances interdites contre sa propre population. L’ancien ministre britannique et membre du Parlement, Bill Rammell, a déclaré samedi avoir examiné un « rapport crédible » détaillant l’utilisation de « substances chimiques toxiques » contre les manifestants.
Selon M. Rammell, ces substances provoquent des blessures qui entraînent la mort plusieurs jours après l’exposition. Si cela est avéré, cet usage constituerait une violation flagrante de la Convention sur les armes chimiques, dont l’Iran est signataire. Alors que les répressions précédentes avaient fait appel à des gaz lacrymogènes et à des agents neurotoxiques, la violence décrite dans ces nouveaux rapports représente une escalade « extraordinaire » de la part de l’appareil sécuritaire iranien, qui peine à contenir les troubles.
Importation du terrorisme : des milices étrangères en Iran
Face à des forces de sécurité intérieures mises à rude épreuve par des semaines de troubles continus, le régime semble faire appel aux réseaux supplétifs qu’il finance depuis des décennies. Selon le média allemand Der Spiegel, la théocratie utilise des milices chiites étrangères pour réprimer les manifestants iraniens.
Des mouvements de miliciens libanais – probablement des cadres du Hezbollah – ont été observés quittant leur pays pour l’Iran. Par ailleurs, CNN a rapporté que près de 5 000 combattants de divers groupes armés, principalement ceux affiliés aux Unités de mobilisation populaire irakiennes (Hachd al-Chaabi), sont entrés en Iran ces dernières semaines. Ces combattants, entrés officiellement sous couvert de pèlerinage religieux dans des sanctuaires d’Irak et d’Iran, seraient désormais déployés pour réprimer ceux-là mêmes qui finançaient leurs organisations grâce à la richesse nationale.
Intimidation économique : « Compensation » pour les manifestants
Parallèlement à la répression physique, les autorités du régime lancent une campagne d’intimidation juridique et financière. Abbas-Ali Kadkhodaei, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, a publié une déclaration le 17 janvier appelant à ce que les manifestants soient tenus financièrement responsables des dommages.
S’exprimant sur un ton menaçant, Kadkhodaei a affirmé que l’emprisonnement « ne suffit pas » et que les manifestants doivent verser une « compensation financière » pour la destruction présumée de biens publics. Cette rhétorique vise à détourner l’attention, en présentant les victimes de la violence d’État comme des criminels, tout en menaçant de ruiner des familles déjà fragilisées par la crise économique qui a déclenché le soulèvement.
Alors que le soulèvement entre dans sa quatrième semaine, le régime clérical révèle toute sa fragilité. Le recours à des agents chimiques et à des mercenaires étrangers montre qu’il ne tolérera aucun crime pour se maintenir au pouvoir. En conséquence, le courage de la jeunesse rebelle iranienne démontre que le peuple est déterminé à renverser ce régime et ne se laissera pas intimider par ses tactiques.

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