jeudi 15 janvier 2026

Insurrection en Iran/ 18e jour : Le régime menace d’exécutions « immédiates »

 Alors que le soulèvement national en Iran entre dans son 18e jour consécutif, le régime clérical fait preuve de désespoir, recourant à une violence extrême dans les rues et à des menaces de poursuites judiciaires accélérées derrière les murs des prisons. Malgré une coupure d’Internet quasi totale qui dure depuis plus de 132 heures, des informations en provenance du pays confirment que les manifestations ont non seulement persisté, mais se sont intensifiées en affrontements armés dans plusieurs provinces.

Selon l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), le nombre de martyrs depuis le début du soulèvement le 28 décembre a désormais dépassé les 3 000. Mardi, le Secrétariat du CNRI a publié les noms de 38 martyrs supplémentaires, dont cinq femmes. Parmi les victimes figurent des jeunes de 17 ans comme Amirali Zaheri à Tuyserkan et Ribin Moradi à Téhéran, ainsi que des personnes plus âgées comme Ali Dehghan Joughan, âgé de 55 ans. Ces noms vérifiés ne représentent qu’une fraction des victimes, car le blocus numérique continue de masquer l’ampleur réelle de la répression.

« Coup de grâce » et guerre urbaine

La violence employée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les forces paramilitaires Bassidj a atteint un niveau tel que des témoins le qualifient de crimes de guerre. Des informations reçues par Simay Azadi du quartier de Sattarkhan à Téhéran décrivent une tactique abominable : les forces de sécurité achèvent les manifestants blessés, gisant dans la rue. Le caractère aveugle de cette violence a été mis en lumière par le cas d’un habitant de Téhéran abattu simplement pour être sorti jeter ses ordures.

Parallèlement, le régime a lancé une répression domiciliaire afin de couper les derniers liens de la population avec le monde extérieur. Mardi, des agents de sécurité ont perquisitionné des domiciles dans plusieurs villes pour confisquer les antennes paraboliques et identifier les terminaux internet Starlink, dans le but d’instaurer un black-out total de l’information.

L’empressement du pouvoir judiciaire à exécuter

Face à son incapacité à réprimer les troubles par la seule violence de rue, le pouvoir judiciaire du régime a annoncé son intention de procéder à des exécutions de masse. Le mercredi 14 janvier, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, chef du pouvoir judiciaire, a passé cinq heures dans les prisons de Téhéran. Dans une déclaration glaçante filmée par les médias d’État, Eje’i a exigé « l’exécution immédiate » des manifestants détenus.

« Si nous n’agissons pas aujourd’hui, cela n’aura plus aucun effet dans deux mois », a déclaré Eje’i, reconnaissant explicitement que le processus judiciaire est instrumentalisé pour semer la terreur plutôt que pour rendre justice. « Ceux qui ont brûlé des gens… nous devons agir vite. »

Cette procédure judiciaire précipitée intervient alors que les organisations de défense des droits humains mettent en garde contre des pendaisons de masse imminentes.

Une situation de quasi-guerre à l’échelle nationale

Malgré les menaces et la répression, le rythme des actions des jeunes rebelles s’est intensifié. À Mashhad, les affrontements ont fait des victimes parmi les forces du régime ; un colonel et trois membres du Bassidj auraient été tués en tirant sur des manifestants.

À l’ouest, Kermanshah est devenue le théâtre de violents affrontements qui ont duré toute la nuit de mardi à mercredi. La situation s’est tellement dégradée que le régime a été contraint de déployer des renforts venus de Qasr-e Shirin, Ravansar et Javanrud pour reprendre le contrôle de la ville. De même, à Shahr-e Babak, dans la province de Kerman, la situation est décrite comme « quasi-guerrière », avec des centaines d’arrestations et le chef des renseignements de la ville blessé lors d’affrontements.

Dans la capitale, Téhéran, des foules rassemblées dans le quartier de Sadeghieh scandaient « Mort au dictateur », tandis que de violents combats éclataient à Haft Howz, Tehranpars et Naziabad, où des agents ont tiré sans discernement à l’aide de fusils à balles de caoutchouc sur les civils.

Maryam Rajavi, présidente élue du CNRI, a salué la détermination de la jeunesse et des femmes iraniennes. « Dans cette confrontation impitoyable, qui a coûté la vie à des milliers d’Iraniens innocents ces deux dernières semaines, la neutralité n’est pas une option », a-t-elle déclaré. Elle a réaffirmé que le déploiement d’armes lourdes et le blocage numérique imposés par le régime sont des symptômes d’échec, et non de force, tandis que le peuple ouvre la voie à la démocratie.

Isolement international et appels à l’action

La communauté internationale passe de plus en plus de la condamnation à des actions concrètes. Le ministère suédois des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur iranien mardi pour protester officiellement contre l’usage de la force létale.

Au Parlement européen, la présidente Roberta Metsola a demandé : « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? » au sujet de la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Ce sentiment a été repris par les députés britanniques Bob Blackman et Priti Patel, qui ont souligné que le peuple iranien « meurt pour sa liberté » et que le Royaume-Uni doit interdire immédiatement le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Aux États-Unis, le soutien bipartisan reste fort. Le sénateur Dave McCormick a souligné que des Iraniens sont « tués de sang-froid pour avoir réclamé leur dignité », tandis que la majorité de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a déclaré que « le seul moyen pour Khamenei de se maintenir au pouvoir est désormais de massacrer des Iraniens innocents… Ce n’est pas une stratégie gagnante. »

Source : CNRI 

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