vendredi 23 janvier 2026

Le Parlement européen condamne la répression en Iran, demande la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste et un renforcement de l’action européenne

 Le Parlement européen a adopté jeudi une résolution de grande ampleur condamnant ce qu’il qualifie de « répression brutale et de massacres » perpétrés par les autorités iraniennes contre les manifestations nationales. Il appelle à des mesures urgentes et plus fermes contre Téhéran, notamment la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste.

Cette résolution, adoptée le 22 janvier 2026, fait suite à une séance parlementaire intense, marquée par des ovations pour les manifestants iraniens et de vives critiques à l’encontre de la dictature cléricale iranienne. Des parlementaires de tous bords politiques ont dénoncé la répression violente qui a débuté après le déclenchement des manifestations nationales le 28 décembre 2025 et qui a rapidement dégénéré en l’un des plus importants soulèvements de ces dernières années.

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a réaffirmé sa décision d’interdire l’accès au Parlement à tous les diplomates et représentants du régime iranien, déclarant que l’Europe « ne permettra pas au régime iranien d’utiliser une quelconque tribune en Europe pour légitimer sa brutalité ». Elle a insisté sur la nécessité de maintenir la pression, notamment par le renforcement des sanctions et l’inscription, longtemps débattue, du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes.

La résolution indique que les forces de sécurité iraniennes, y compris le CGRI et la police, ont eu recours à la force meurtrière, à des arrestations massives, à des exécutions et à une coupure d’internet nationale sans précédent pour réprimer les manifestations qui se sont propagées à des centaines de villes. Elle fait état de rapports crédibles émanant d’organes de l’ONU selon lesquels des milliers de manifestants pacifiques ont été tués, le bilan réel étant masqué par les coupures de communication.

Les parlementaires ont souligné que les manifestations constituent un soulèvement populaire de grande ampleur, alimenté par l’effondrement économique, la corruption et la répression politique, rejetant les allégations de Téhéran selon lesquelles les manifestations auraient été orchestrées par des agents étrangers. Plusieurs intervenants ont souligné que près de 60 % de la population iranienne a moins de 39 ans, illustrant ainsi la profondeur du mécontentement générationnel.

Petras Auštrevičius, coprésident du groupe « Amis d’un Iran libre », a déclaré que l’Iran « a besoin de changement, et ce changement est en marche », tandis que les parlementaires se levaient pour applaudir le courage des manifestants qui s’opposent au régime clérical. Milan Zver, eurodéputé slovène et ancien ministre, a souligné que des habitants de plus de 200 villes avaient réclamé la liberté, exhortant l’Europe à « se tenir aux côtés du peuple iranien maintenant ».

La résolution appelle à des sanctions renforcées et appliquées avec rigueur, au gel des avoirs, à des interdictions de voyager et à la mise en cause juridique des responsables iraniens impliqués dans la répression. Elle exhorte également les institutions de l’UE et les États membres à se préparer à tous les scénarios, y compris un effondrement potentiel du régime, tout en empêchant les auteurs de la répression de chercher refuge en Europe.

Par ailleurs, le Parlement a exigé le rétablissement immédiat de l’accès à Internet, la libération de tous les prisonniers et détenus politiques, et un accès sans entrave pour les enquêteurs de l’ONU. Elle a exprimé un soutien indéfectible à la société civile iranienne, aux femmes, aux minorités et aux forces d’opposition démocratiques, soulignant que l’avenir de l’Iran doit être déterminé par son seul peuple.

Le texte aborde également des préoccupations plus générales, notamment les activités régionales de l’Iran, son soutien à des groupes armés supplétifs, ses cyberopérations, sa coopération avec la Russie pour contourner les sanctions et la répression transnationale visant la diaspora iranienne en Europe.

La résolution conclut en appelant à une action internationale coordonnée, à un engagement plus profond auprès de l’opposition démocratique iranienne et à une solidarité constante avec le peuple iranien, décrivant le soulèvement actuel comme une preuve manifeste de l’illégitimité croissante du régime et de l’insoutenabilité de son pouvoir.

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