jeudi 29 janvier 2026

L'UE désigne le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste face à la répression croissante en Iran

 Le 29 janvier 2026, l'Union européenne a franchi une étape inédite dans ses relations avec Téhéran en désignant le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Cette décision, adoptée à l'unanimité par les 27 États membres de l'UE lors d'une réunion du Conseil des affaires étrangères, a inscrit le CGRI sur la liste européenne des organisations terroristes, aux côtés de groupes tels que Daech et Al-Qaïda. Par cette mesure, l'UE a formellement classé le CGRI non pas comme une institution militaire conventionnelle, mais comme une entité impliquée dans des actes de violence organisée, de répression et d'activités militantes transnationales.

Cette désignation a coïncidé avec une recrudescence des troubles en Iran. Les manifestations nationales qui ont éclaté fin décembre ont été violemment réprimées par les forces de sécurité du régime iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) jouant un rôle central. Selon des informations citées par 
l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI/MEK) , des milliers de civils, dont des dizaines d'enfants, ont été tués lors de la répression des manifestations. L'OMPI a indiqué avoir identifié plus de 1 000 manifestants tués par les forces du régime durant cette période.

Les responsables européens ont réagi publiquement à l'ampleur des violences. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Wee, a qualifié les actions du régime contre les manifestants de « bestialité », tandis que la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, a décrit les événements qui se déroulaient en Iran comme « indescriptibles ». Ces déclarations reflétaient un changement de ton parmi les États membres de l'UE, dont plusieurs avaient auparavant exprimé des réserves quant à la désignation formelle du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. La France et l'Espagne, qui avaient toutes deux fait part de leurs préoccupations lors de discussions précédentes, ont indiqué un changement de position le 28 janvier, ouvrant la voie à un consensus.

La Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a présenté cette décision en des termes sans équivoque, déclarant que « tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre chute ». Ses propos reflétaient un consensus croissant au sein des institutions européennes, selon lequel les agissements du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur le plan intérieur et régional ne pouvaient plus être considérés comme une simple question de sécurité.

Les réactions des figures de l'opposition iranienne ont souligné la portée politique de cette décision. Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a qualifié cette désignation de « réponse urgente » aux massacres de manifestants lors du soulèvement. Elle a établi un lien direct entre la décision de l'UE et la situation sur le terrain, arguant qu'elle reconnaissait le rôle des Gardiens de la révolution dans la répression intérieure. Mme Rajavi a également appelé à des mesures supplémentaires, notamment la fermeture des ambassades du régime iranien, l'expulsion des diplomates et agents de renseignement du régime, ainsi que le blocage total des sources de financement liées aux Gardiens de la révolution et au ministère du Renseignement.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a été créé en 1979 par le fondateur du régime, Rouhollah Khomeiny, à la suite du renversement du Shah. Dès sa création, sa mission première n'était pas la défense nationale, mais la sauvegarde du système clérical nouvellement instauré. L'affirmation de Khomeiny selon laquelle « si le CGRI disparaît, le pays tout entier est perdu » reflétait la conception du régime selon laquelle cette organisation était indissociable de sa propre survie.

Au fil des décennies, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) s'est transformé en une force aux multiples facettes, dotée de branches terrestre, navale et aérospatiale, et relevant directement du Guide suprême Ali Khamenei. Au-delà de son rôle militaire, il est devenu un acteur économique dominant, contrôlant ou influençant de larges pans de l'économie iranienne. Son implication dans la construction, l'énergie, les télécommunications et la finance a été largement documentée, de même que des allégations de corruption systématique et de détournement de ressources nationales.

Sur le plan intérieur, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a été maintes fois associé à des répressions violentes de la dissidence. Le massacre d'environ 1 500 manifestants lors des manifestations nationales de novembre 2019 figure parmi les exemples les plus fréquemment cités. Les événements récents du début de l'année 2026, évoqués par les responsables européens dans le cadre de la désignation du CGRI comme organisation terroriste, sont venus s'ajouter à ce bilan.

https://as-human-lu.blogspot.com/2026/01/la-branche-du-corps-des-gardiens-de-la.html

Sur le plan international, la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) joue un rôle central dans le soutien et la direction de groupes armés au Moyen-Orient. Le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza et le mouvement houthi au Yémen figurent parmi les organisations citées comme bénéficiaires de financements, de formations et de conseils opérationnels du CGRI. Ces activités font du CGRI, du point de vue de l'Union européenne, un facteur majeur d'instabilité régionale.

Pendant des années, les groupes d'opposition iraniens ont fait pression sur les institutions européennes pour que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) soit officiellement reconnu comme organisation terroriste. Dès les années 1980, le Conseil national iranien de la révolution islamique (CNRI) et les groupes qui lui sont affiliés affirmaient que le CGRI constituait l'épine dorsale du système clérical et que tout dialogue avec Téhéran sans s'attaquer à cette structure revenait à une légitimation indirecte. En 2010, ces revendications se sont faites plus explicites, exigeant des mesures juridiques concrètes.

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a reconnu par la suite qu'une telle désignation était considérée depuis longtemps comme politiquement irréalisable. Son adoption entraîne désormais une série de conséquences juridiques, notamment le gel des avoirs, l'interdiction de voyager et l'interdiction de fournir un soutien financier ou matériel au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ces mesures visent à limiter la capacité de l'organisation à opérer, à collecter des fonds et à maintenir des réseaux en Europe.

La décision de l'UE marque une rupture nette avec des années de diplomatie prudente à l'égard de Téhéran. En qualifiant officiellement le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'entité terroriste, les gouvernements européens ont placé l'institution de sécurité centrale du régime sous le même régime juridique que celui appliqué aux groupes militants non étatiques. Cette mesure témoigne non seulement d'une réaction aux événements en Iran, mais aussi d'une réévaluation de la manière dont le CGRI est perçu au sein du système international.

Il reste à voir si cette désignation entraînera d'autres changements de politique. Ce qui est certain, c'est que, pour la première fois, l'UE a formalisé sa position sur le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en des termes juridiques qui reflètent les actes de violence commis par l'organisation, tant en Iran qu'à l'étranger. Pour les Iraniens confrontés à la répression et pour les décideurs politiques qui s'interrogent sur le rôle régional de l'Iran, cette décision constitue un tournant dont les conséquences continueront de se manifester.

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