jeudi 29 janvier 2026

Prison d’Adelabad à Chiraz : les prisonnières confrontées à des conditions critiques après les manifestations de 2026 en Iran

 À la suite de la répression violente des manifestations nationales de 2026 en Iran, des informations alarmantes ont émergé concernant les conditions de détention dans le quartier des femmes de la prison d’Adelabad à Chiraz.

Selon des témoignages directs provenant de l’intérieur de la prison, un grand nombre de personnes arrêtées lors des manifestations de Chiraz ont été transférées dans ce quartier. Cet afflux s’est accompagné d’une surpopulation sans précédent, de pénuries sévères de biens essentiels, d’une interruption prolongée des contacts avec les familles et de violations généralisées des droits des prisonnières.

Les éléments disponibles indiquent que ces conditions constituent la prolongation de la même répression exercée contre les manifestants dans les rues, désormais transposée à l’intérieur des centres de détention, avec pour objectif apparent de briser le moral des détenues.

Surpopulation sans précédent et violation du principe de classification des détenues

Des témoins rapportent que plus de 150 personnes sont détenues dans des salles initialement conçues pour accueillir environ 30 personnes.

La surpopulation a atteint un niveau tel que respirer est devenu difficile. De nombreuses prisonnières sont contraintes de partager les lits, deux personnes dormant sur un même lit superposé. Certaines détenues arrêtées lors des manifestations nationales ont également été placées dans des salles hébergeant des prisonnières condamnées pour des crimes violents, notamment des meurtres, des infractions liées à la drogue et des vols, ce qui constitue une violation manifeste du principe juridique imposant la séparation des détenues selon la nature des infractions.

Déplacement de détenues de longue durée et crise sanitaire majeure

À la suite de ces transferts, des femmes emprisonnées pour des infractions financières, ainsi que deux prisonnières politiques précédemment détenues dans le quartier politique de la section des femmes de la prison d’Adelabad, ont été déplacées de force vers la salle de prière de la prison. Cet espace est dépourvu d’installations de base telles que des toilettes et des douches.

Les prisonnières ne seraient autorisées à accéder aux installations sanitaires de la quarantaine qu’après 11 heures du matin, et uniquement en faisant la queue. Cette organisation a entraîné une congestion extrême, une privation effective de l’hygiène quotidienne et une augmentation significative des risques sanitaires pour les détenues.

Pénuries alimentaires graves et flambée des prix des produits essentiels

Les pénuries alimentaires dans le quartier des femmes ont atteint un niveau critique. Selon les informations, un seul repas est partagé entre quatre personnes. La cantine de la prison est également confrontée à de graves pénuries, les rares produits disponibles étant vendus à des prix exorbitants.

D’après des témoignages internes, l’eau potable en bouteille est indisponible dans le quartier des femmes et la distribution de fruits et légumes frais est suspendue depuis environ deux mois. Ces conditions constituent une menace grave pour la santé globale des détenues.

Coupure des communications, visites restreintes et détention de mineures

Au cours des deux dernières semaines, les services téléphoniques du quartier des femmes de la prison d’Adelabad ont été totalement coupés, empêchant les prisonnières de contacter leurs familles. Les visites n’ont été autorisées que durant la deuxième semaine, exclusivement sous forme de rencontres limitées, en cabine et de manière sélective, ce qui a encore accru l’angoisse des familles.

Les informations signalent également la présence d’élèves d’âge scolaire parmi les détenues. Selon un témoignage, le corps d’une étudiante détenue était couvert de blessures causées par des plombs, mais elle a été transférée directement dans un centre de détention puis en prison sans recevoir de soins médicaux adéquats. Ces témoignages indiquent des arrestations massives de mineures lors des manifestations nationales.

Une répression transférée de la rue au système carcéral

Pris dans leur ensemble, ces éléments démontrent que les conditions dans le quartier des femmes de la prison d’Adelabad ne résultent pas uniquement d’une mauvaise gestion administrative, mais représentent la poursuite de la même répression violente précédemment exercée contre les manifestants dans l’espace public.

Après les assassinats de civils, une pression systématique est imposée aux détenues par la surpopulation, la privation de nourriture et d’hygiène, les coupures de communication et la détention de personnes blessées sans soins médicaux appropriés. Cette stratégie semble viser à étouffer et à faire taire les manifestations nationales en Iran.

Violations manifestes des règles Mandela

Les conditions rapportées dans le quartier des femmes de la prison d’Adelabad sont en contradiction directe avec les Règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, connues sous le nom de règles Mandela. Ces normes soulignent notamment la séparation des détenus, l’accès à une hygiène et à une alimentation adéquates, la communication régulière avec les familles et la prise en charge médicale appropriée.

La surpopulation extrême, l’absence d’installations sanitaires, les pénuries alimentaires, les coupures téléphoniques et le transfert de détenues blessées sans traitement constituent des exemples clairs de violations systématiques des droits des prisonnières et des obligations internationales du régime iranien en matière de droits humains.

Source : CNRI Femmes 

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