jeudi 29 janvier 2026

Soulèvement en Iran : L’OMPI identifie 1 005 martyrs

 Le 28 janvier 2026, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a publié le nombre partiel de victimes du soulèvement récent en Iran, qui s’élève à 1 005.

Le profil démographique de ces victimes révèle le caractère indiscriminé de la répression du régime. À ce jour, la liste vérifiée des martyrs comprend au moins 125 femmes et 65 mineurs. Les violences ont été généralisées, les bilans les plus lourds ayant été enregistrés à Téhéran, Ispahan et dans la province de Gilan.

Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a décrit ces martyrs comme des symboles de « la détermination d’un peuple qui s’est soulevé pour la liberté, l’indépendance et la justice ». Elle a souligné que la communauté internationale ne peut plus justifier le retard pris dans la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, le qualifiant de « principal responsable de ce crime contre l’humanité ».

Révolte dans les rues : témoignages malgré le black-out

Malgré le black-out quasi total d’Internet imposé par le régime pour dissimuler l’ampleur des troubles, des images et des témoignages continuent de filtrer du pays. Des reportages des 8 et 9 janvier, qui ont récemment franchi le blocus numérique, décrivent une escalade dramatique des tactiques employées par la jeunesse iranienne.

À Eslamabad-e Gharb, des manifestants ont pris d’assaut le bâtiment du gouvernorat local et l’ont incendié, défiant ainsi ouvertement l’autorité de l’État. Des scènes de défiance similaires se sont déroulées à Khomein le 8 janvier, où des jeunes rebelles ont affronté les forces de sécurité, confisquant leur matériel et incendiant une remorque de police.

Les forces de répression, souvent dépendantes des bus pour transporter leurs unités vers les zones de manifestations, ont vu leur logistique prise pour cible. Dans le quartier de Naziabad à Téhéran et à Mashhad, des manifestants ont incendié des bus de transport utilisés par les forces de sécurité. À Kermanshah, le rejet de la domination économique des Gardiens de la révolution s’est manifesté lorsque des jeunes ont pris pour cible et incendié une succursale de la chaîne de magasins « Kourosh », une franchise appartenant aux Gardiens de la révolution.

Ces informations indiquent un basculement national vers une défense offensive. À Ilam, le 9 janvier, des manifestants ont attaqué le bâtiment de l’administration pénitentiaire. À Ispahan et Ahvaz, des jeunes se sont livrés à des attaques éclair contre les forces spéciales, bloquant les axes routiers avec des pneus enflammés pour empêcher le passage des véhicules blindés. De Rasht, au nord, au port de Mahshahr, au sud, les rues sont devenues des zones de conflit où l’hégémonie du régime se fissure visiblement.

Consensus international : Le régime est condamné

Face à la persistance du soulèvement, le rempart diplomatique protégeant les mollahs s’effrite. À Berlin, le chancelier allemand Friedrich Merz a dressé un constat alarmant quant à la pérennité du régime après la répression violente. Lors d’une conférence de presse, M. Merz a affirmé avec conviction qu’« un régime qui ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence et la terreur envers sa propre population, est condamné ». Il a ajouté que, même si cela pouvait prendre des semaines, les dirigeants actuels ont perdu toute légitimité.

Parallèlement, un changement de cap important s’opère au sein de l’Union européenne. La France, auparavant hésitante, a annoncé par la voix d’un porte-parole de la présidence qu’il n’y a « plus de tabou » concernant la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Paris soutient désormais l’initiative italienne visant à inscrire les Gardiens sur la liste européenne des organisations terroristes.

De l’autre côté de l’Atlantique, le président américain Donald Trump a durci le ton, avertissant que « le temps presse » pour le régime.

Le Parlement estonien vote actuellement sur une résolution intitulée « En soutien au peuple iranien », proposée par une majorité de ses membres.

La voie à suivre : une république laïque

Dans le chaos du soulèvement, la Résistance iranienne a défini une stratégie claire pour la transition du pouvoir. Dans une tribune récente, Mme Radjavi a affirmé que la question centrale n’est plus de savoir si le régime tombera, mais quand. Elle a écarté toute possibilité de retour au statu quo d’avant le soulèvement ou à la dictature monarchique du passé, soulignant que « les racines du mécontentement demeurent vivantes ».

Mme Rajavi a souligné que la chute de la théocratie ne se produira ni par une guerre extérieure ni par un effondrement spontané, mais par une résistance organisée. Elle a mis en avant le rôle de la feuille de route du CNRI pour « l’après », qui prévoit notamment la formation d’un gouvernement provisoire pour une durée maximale de six mois. Le mandat principal de cet organe serait d’organiser des élections libres.

Des voix s’élèvent pour la création d’une Assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution pour une république démocratique et laïque.

« La libération ne peut advenir que par un soulèvement et une résistance organisée », a écrit Mme Radjavi, appelant la communauté internationale à reconnaître le droit de la jeunesse iranienne à affronter les Gardiens de la révolution et à couper les sources de financement du régime.

Source : CNRI 

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