Au plus fort du soulèvement national qui se poursuit en Iran, coïncidant avec une répression sanglante intensifiée , des exécutions et la coupure systématique d'Internet, le Parlement européen a adopté une résolution ferme , prenant une position sans précédent en faveur des manifestants iraniens.
Adoptée à une écrasante majorité, la résolution reflète non seulement la pleine solidarité des représentants élus de l'Europe avec les protestations légitimes et courageuses du peuple iranien, mais condamne aussi explicitement le régime en place pour avoir transformé ses méthodes de répression de la « dissuasion » à l' élimination stratégique de la dissidence .
Elle accuse les autorités de violations graves et systématiques des droits de l'homme et de commission de crimes graves, et demande la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste.
Dans ce document, le Parlement européen appelle à l’arrêt immédiat des exécutions, à la libération inconditionnelle de tous les détenus, à la mise en cause des responsables de la répression et à la conditionnalité de toute relation future avec l’Iran à des progrès tangibles en matière de démocratie, de droits de l’homme et d’état de droit, une position qui envoie un message clair et sans équivoque à Téhéran et à la communauté internationale : l’ère de l’apaisement est révolue.
Ce rapport met également en lumière la répression systématique menée depuis des décennies par le régime iranien, ciblant notamment les femmes, les militants des droits de l'homme et les dissidents politiques.
Voici le communiqué de presse publié par le Parlement européen.
Le Parlement européen condamne la répression brutale des manifestants par l'Iran.
- Le Parlement se déclare pleinement solidaire des manifestants iraniens.
- Les députés européens exigent la fin des exécutions, la libération des détenus et que les responsables des crimes du régime rendent des comptes.
- Changement inquiétant dans la répression de la dissidence par le régime iranien : de la dissuasion à l’élimination stratégique
- La résolution appelle à un élargissement des mesures restrictives de l'UE et à ce que les relations avec l'UE soient subordonnées à la démocratie et aux droits de l'homme.
Dans une résolution adoptée jeudi, les députés européens expriment leur indignation face à la répression et aux massacres perpétrés par le régime iranien contre les manifestants en Iran.
Le Parlement exige sans condition que les autorités iraniennes, sous le règne d'Ali Khamenei, mettent immédiatement fin aux violences contre les manifestants pacifiques, suspendent toutes les exécutions et cessent les meurtres et la répression des civils. Pleinement solidaire du peuple iranien et de son courageux et légitime mouvement de protestation, il condamne fermement le recours généralisé, intentionnel et disproportionné à la force par les forces de sécurité.
Évolution inquiétante de la répression de la dissidence par le régime : de la dissuasion à l’élimination stratégique.
Dans la résolution adoptée par 562 voix pour, 9 contre et 57 abstentions, les députés européens expriment leur vive inquiétude face au meurtre de milliers de manifestants, qui marque un tournant inquiétant dans la répression de la dissidence par le régime iranien : la dissuasion cède la place à l’élimination stratégique. Ils exigent la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestants, défenseurs des droits humains et journalistes actuellement détenus.
Le Parlement exhorte le Conseil à procéder sans délai à la désignation complète du Corps des gardiens de la révolution islamique, y compris la milice Bassidj et la Force Qods, comme organisation terroriste. Il exige l'extension et l'application stricte des mesures restrictives de l'UE, notamment le gel des avoirs et les interdictions de visa, se félicite des récentes sanctions américaines et appelle à une action rapide de l'UE contre tous les responsables et entités impliqués dans la répression.
La résolution condamne les efforts du régime pour censurer les manifestations par le biais de coupures d'internet et appelle l'UE et ses États membres à renforcer leur soutien technique et financier aux outils de contournement de la censure et à la protection contre la cybermanipulation et la manipulation de l'information.
La mission d'établissement des faits mandatée par l'ONU doit bénéficier d'un accès sans entrave.
Le Parlement souligne la répression systématique menée depuis des décennies par le régime iranien, ciblant en particulier les femmes, les militants des droits de l'homme et les dissidents politiques, et réitère son appel à l'Iran pour qu'il accorde un accès immédiat et sans entrave à la mission d'établissement des faits mandatée par l'ONU afin de faire la lumière sur les graves crimes de droit international, notamment les meurtres, la torture, les viols et les disparitions forcées, utilisés pour faire taire la dissidence.
Les députés européens appellent à un renforcement de l'engagement diplomatique, notamment par une présence accrue de l'UE, afin d'assurer protection, assistance humanitaire et soutien aux personnes en danger. Ils condamnent fermement les activités malveillantes et l'ingérence de l'Iran dans la région, soulignant que ce pays demeure la menace la plus grave et la plus sérieuse pour la sécurité et la stabilité de la région et le principal obstacle à la paix.
Enfin, le Parlement souligne que toute normalisation des relations avec l'Iran ne pourra intervenir qu'après la libération inconditionnelle des prisonniers politiques et de véritables progrès vers la démocratie et l'état de droit, tout en saluant la décision de sa présidente, Roberta Metsola, d'interdire l'accès aux locaux du Parlement européen aux représentants du régime iranien et en exhortant les États membres à faire de même.

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