jeudi 22 janvier 2026

Pourquoi des manifestants tués ont-ils été retrouvés à la morgue avec des sondes et des habits hospitaliers ? »

Selon le rapport de IRANWIRE ; Alors que les informations sur la répression des manifestations en Iran parviennent difficilement à l’extérieur du pays, des images diffusées depuis la morgue de Kahrizak ont provoqué une vive réaction. Ces vidéos et photographies montrent des corps transférés à la morgue sans retrait préalable des dispositifs médicaux, soulevant de graves interrogations sur le déroulement de leur prise en charge.

Les images révèlent des dépouilles portant encore des sondes urinaires (Foley), des électrodes thoraciques, ainsi que des tubes d’assistance respiratoire. Certains corps sont vêtus de blouses hospitalières, habituellement utilisées lors de l’hospitalisation ou avant une intervention chirurgicale.

Selon plusieurs médecins interrogés, ces éléments indiquent que les victimes ont été transférées directement depuis un environnement hospitalier vers la morgue, sans respecter les protocoles médicaux standards.

Un chirurgien général, s’exprimant sous anonymat, explique à IranWire :

« La présence de sondes urinaires montre que les patients ont été pris en charge pendant un certain temps et présentaient probablement des signes vitaux. En situation normale, ces procédures ne sont effectuées que lorsqu’une survie reste envisageable. Dans un contexte de violence extrême, leur présence est hautement suspecte. »

Il ajoute :

« Cela suggère une interruption brutale et non justifiée du processus de soins. Il s’agit potentiellement de deux crimes distincts : l’élimination de blessés et la confiscation des corps. »

Des corps collectés depuis un même hôpital

Roozbeh Esfandiari, médecin urgentiste basé à Houston et ancien praticien à Téhéran, confirme :

« Les images montrent que ces personnes ont été transférées vivantes ou gravement blessées vers des centres hospitaliers, ont reçu des soins initiaux, puis sont décédées pour des raisons non élucidées. Les corps semblent avoir été récupérés en groupe depuis un même hôpital. »

Concernant les tubes d’intubation, il précise qu’ils indiquent un état de conscience très bas nécessitant une assistance respiratoire.

Il nuance toutefois la présence d’électrodes thoraciques, expliquant qu’en cas d’afflux massif de morts, celles-ci peuvent parfois ne pas être retirées par manque de temps.

Pourquoi les sondes et tubes n’ont-ils pas été retirés ?

Selon les médecins, contrairement aux électrodes, le retrait des sondes urinaires et des tubes respiratoires nécessite des compétences spécifiques et du temps. En situation de surcharge extrême, les corps peuvent être transférés sans que ces dispositifs ne soient retirés.

Un autre médecin souligne un point crucial :

« Les techniques de fixation des tubes respiratoires observées sur les images sont professionnelles et conformes aux standards hospitaliers. Cela confirme que ces personnes se trouvaient dans un véritable système hospitalier, et non dans une simple clinique. »

Un processus opaque et non conforme

Deux scénarios médicaux restent possibles :

soit les victimes étaient déjà décédées lors du transfert,

soit elles présentaient encore des signes vitaux en entrant dans le circuit de soins.

Dans les deux cas, les protocoles médicaux exigent une documentation précise, le retrait des équipements et la traçabilité des soins, ce qui ne semble pas avoir été respecté.

« Les éléments disponibles indiquent clairement que le processus suivi n’était ni transparent ni conforme aux normes médicales. Le transfert des corps s’est effectué dans la précipitation et sans respect des règles professionnelles », conclut l’un des médecins.

La question d’un possible tir de grâce

Une image montrant un jeune homme présentant une blessure grave à la tête a conduit certains internautes à évoquer l’hypothèse d’un tir de grâce après le transfert depuis l’hôpital.

Le chirurgien interrogé appelle cependant à la prudence :

« Les blessures par balle, notamment dans les zones osseuses comme le visage, peuvent

entraîner une destruction massive des tissus. Sans expertise médico-légale approfondie, aucune conclusion définitive ne peut être tirée. 

 Rapport par Samaneh Ghadarkhan

18 janvier 2026

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