Alors que le soulèvement national de 2026 était violemment réprimé, un ensemble de témoignages de terrain, de preuves médicales et d'informations locales provenant de plusieurs villes iraniennes révèle l'émergence d'un schéma cohérent d'assassinats clandestins de manifestants, d'élimination des blessés et d'inhumations secrètes dans des fosses communes. Ce schéma ne se limitait pas aux tirs à balles réelles dans les rues. Il s'étendait au transfert des manifestants blessés vers les morgues, au refus délibéré de soins médicaux, aux enterrements nocturnes sans en informer les familles et à l'imposition de récits fabriqués de toutes pièces ; une phase qui dépassait le cadre de la répression de rue conventionnelle.
Des témoignages provenant de plusieurs villes, dont Mashhad, Babol et Amol, démontrent que le meurtre de manifestants et la dissimulation de leurs corps ne résultaient pas de décisions locales isolées. Ils témoignent plutôt d'ordres donnés par les plus hautes sphères du pouvoir pour tuer et éliminer secrètement les manifestants ; des ordres qui, au sein de la structure du pouvoir iranien, n'auraient pu être exécutés sans l'implication directe et la responsabilité d'Ali Khamenei et de Gholamhossein Mohseni Ejei.
Mashhad : un centre de sépultures de masse et de dissimulation systématique
Des témoignages recueillis à Mashhad indiquent que la ville est devenue l'une des principales plaques tournantes de l'inhumation clandestine et de l'évacuation organisée des corps de manifestants lors du soulèvement de 2026. Les témoignages de témoins locaux, les informations provenant du personnel médical et les irrégularités constatées dans la procédure de restitution des corps laissent penser à une opération coordonnée visant à dissimuler l'ampleur réelle des massacres.
Enterrements nocturnes et fosses communes au cimetière de Behesht-e Rezvan
Selon des sources bien informées, de profondes fosses ont été creusées au cimetière Behesht-e Rezvan de Mashhad en vue d'inhumations collectives. Ces mêmes sources indiquent qu'environ un millier de corps de personnes tuées lors des manifestations de 2026 ont été enterrés de nuit, sans préavis, sans enregistrement officiel et en dehors de toute procédure légale. Les inhumations ont eu lieu principalement tard dans la nuit, et les familles ignoraient tout du lieu de sépulture de leurs proches.
Dans un cas rapporté, le corps d'un manifestant avait été enterré à Neyshabur. Lorsque sa famille a demandé le transfert du corps et l'inspection de la sépulture, elle a découvert que plusieurs autres corps avaient été inhumés simultanément dans la même fosse ; preuve manifeste d'un massacre et de tentatives d'effacer les traces des meurtres.
Hôpital Farabi ; Le goulot d’étranglement avant l’inhumation
Selon des informations provenant de l'hôpital Farabi de Mashhad, plus de mille signatures de remise de corps ont été enregistrées en une seule journée. En l'absence de toute annonce officielle, ce chiffre laisse supposer un nombre élevé de décès et une gestion discrète des corps avant leur inhumation.
Un tailleur de pierre local a également confirmé avoir reçu des commandes pour 148 pierres tombales, toutes pour des filles et des garçons âgés de 16 à 23 ans. Les sources locales soulignent que ces chiffres ne reflètent qu'une fraction de la réalité et que le nombre réel de victimes reste inconnu en raison des enterrements secrets et de la destruction des archives.
Preuves médicales de transferts du vivant
Des preuves visuelles montrent des corps transférés aux morgues avec des sondes endotrachéales, des cathéters urinaires, des électrodes de monitorage cardiaque et d'autres dispositifs médicaux encore en fonction. Cela indique que les personnes étaient vivantes ou dans un état instable au moment du transfert. Le transport de corps dans cet état constitue une preuve flagrante d'élimination physique de patients blessés ou instables et d'une tentative délibérée d'empêcher l'enregistrement officiel des décès.
Babol ; Élimination des blessés et des morts forcées à la morgue de Goleh-Mahalleh
Témoignage : Rapport choquant de la morgue de Goleh-Mahalleh à Babol
Selon un habitant de Babol, une famille s'est rendue à la morgue du cimetière de Goleh-Mahalleh pour récupérer le corps de leur enfant, tué lors des manifestations nationales de 2026. Au moment d'identifier les corps, la famille a découvert une victime manifestement vivante. Le témoin a déclaré que le corps à l'intérieur du sac mortuaire bougeait visiblement et que de faibles bruits provenaient de l'intérieur.
En voyant cela, la famille a immédiatement informé les policiers présents et exigé l'ouverture du sac mortuaire. Cependant, les policiers ont réagi de manière menaçante et ont averti la famille que si elle persistait, le corps de leur enfant ne lui serait pas rendu.
Les policiers ont déclaré explicitement : « Nous avons reçu l’ordre que toute personne transférée ici, vivante ou blessée, reste ici jusqu’à son décès. » Le témoin a souligné que les policiers n’ont autorisé aucun corps à quitter la morgue. Ce récit constitue une preuve manifeste de l’élimination délibérée de manifestants blessés et d’une tentative d’empêcher la divulgation du nombre réel de personnes tuées lors des manifestations nationales.
Analyse
Ce qui s'est passé à la morgue de Goleh-Mahalleh dépasse la simple négligence ou le désordre. Le transfert de personnes encore en vie à la morgue, le refus de soins médicaux et les menaces proférées contre les familles démontrent que la morgue a été instrumentalisée pour des assassinats clandestins et l'élimination de témoins.
Amol ; des coups de feu d'exécution sont tirés sur des manifestants blessés sur les lieux.
Récit d'un témoin ; témoignage oculaire des coups de feu d'exécution à Amol
À Amol, l'un des blessés présents sur les lieux a fait le récit des événements des nuits du 8 au 9 janvier 2026, fournissant des détails effroyables sur le comportement des forces de sécurité. Cet homme, blessé par balle et gisant parmi d'autres blessés, a déclaré que des agents armés en civil, parlant avec un accent local, circulaient parmi les blessés et abattaient à bout portant ceux qui étaient encore en vie et gémissaient.
Il a écrit :
« J’ai vu de mes propres yeux que les agents tiraient un par un sur la tête ou la poitrine de blessés qui bougeaient encore. »
Le témoin a ajouté qu'un conducteur d'une voiture de la Fierté l'avait vu gisant dans un état critique, l'avait rapidement installé dans le véhicule et l'avait emmené loin des lieux. Ce geste lui a sauvé la vie et lui a évité le sort des autres blessés. Il a ensuite souligné le courage des jeunes dans les rues et a écrit que le peuple, sans aucun soutien extérieur, se sacrifiait pour la liberté. Selon lui : « La liberté sera conquise par le peuple lui-même, même au prix de sa vie. »
Analyse
Le fait de tirer des balles d'exécution sur des manifestants blessés sur les lieux démontre une politique intentionnelle visant à assurer leur mort et à empêcher leur transfert vers des établissements médicaux ; une pratique qui, associée aux enterrements secrets, achève le processus d'élimination des victimes et des preuves.
Analyse juridique : Crimes contre l'humanité et disparitions forcées
Le meurtre de manifestants non armés, les exécutions sommaires, le refus délibéré de soins médicaux, les enterrements de masse et les entraves à l'accès des familles à l'information constituent de graves violations du droit à la vie, des disparitions forcées et des crimes contre l'humanité. L'uniformité des méthodes et leur étendue géographique indiquent que ces actes ont été perpétrés sur ordre des plus hautes instances du pouvoir.
Conclusion
Ce qui s'est produit lors du soulèvement national de 2026 n'était pas simplement la répression de manifestations de rue. Il s'agissait de la mise en œuvre d'une politique délibérée d'assassinats clandestins, d'élimination des blessés, d'enterrements de masse et de destruction de preuves. Les témoignages et les preuves médicales révèlent clairement la responsabilité structurelle du système en place. De nombreuses victimes demeurent enterrées dans des fosses communes anonymes, tandis que leurs familles sont privées du droit fondamental de connaître la vérité.

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