mercredi 14 janvier 2026

Exécution imminente du manifestant détenu, Erfan Soltani

 Alors que la machine à tuer du régime s'emballe suite aux récentes mesures de répression, une vidéo insoutenable, sortie clandestinement d'Iran le 10 janvier, révèle l'ampleur du carnage. Sur ces images, filmées par le bureau du médecin légiste de Kahrizak, un journaliste citoyen affirme avoir vu environ 2 000 corps au sol, en attente d'identification.

Au milieu de ce massacre, le cas d'Erfan Soltani, un homme de 26 ans arrêté lors de manifestations à Fardis, dans le district de Karaj, est devenu un symbole macabre de « vengeance systématique ». Quelques jours seulement après son arrestation, il a été condamné à mort sans procédure régulière – un verdict rendu avec une telle rapidité qu'il constitue un « meurtre cautionné par l'État ».

La réunion finale : compte à rebours avant un crime

Selon sa famille, des agents de sécurité les ont contactés avec un ultimatum glaçant : Erfan a été condamné à mort et ils n’ont droit qu’à une brève « dernière visite » ce mercredi (aujourd’hui, 14 janvier). Son arrestation, son interrogatoire et sa condamnation se sont déroulés dans un vide juridique absolu : absence d’avocat, tortures extrêmes et aveux extorqués. Cette exécution expéditive est une tentative manifeste d’intimider la nation par la violence.

Du massacre de 1988 à nos jours : le prix de l'inaction

Ce scénario effroyable est une répétition de l'histoire. L'exécution imminente d'Erfan Soltani et la menace qui pèse sur d'innombrables autres détenus politiques lors des manifestations sont directement liées au massacre de 1988, où des milliers de prisonniers politiques ont été exécutés en quelques semaines. Il faut l'affirmer clairement : si, en 1988, lorsque la Résistance iranienne a tiré la sonnette d'alarme, la communauté internationale avait réagi avec fermeté pour empêcher ce génocide, nous n'assisterions pas aujourd'hui à la répétition de ces atrocités. Des décennies d'impunité pour des dirigeants comme Khamenei et son « juge en chef », Eje'i, les ont enhardis et les ont incités à relancer la machine à tuer pour assurer leur survie.

Communauté internationale : de la préoccupation à la responsabilité

Le silence ou la rhétorique diplomatique face à ce massacre équivaut à un feu vert pour les auteurs de ces actes. En vertu des conventions internationales, notamment du Document final du Sommet mondial de 2005 et du Statut de Rome, lorsqu'un État commet systématiquement un génocide politique contre ses citoyens, la responsabilité de protéger (R2P) s'applique.

« Responsabilité de protéger les populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité »

  1. Paragraphes 138 et 139 (Sommet mondial de 2005) : stipulent que la communauté internationale doit agir par l’intermédiaire du Conseil de sécurité en vertu du Chapitre VII lorsqu’un État ne protège pas sa population contre les crimes contre l’humanité.
  2. Convention sur le génocide (1948) – Article 1 : Les États contractants sont tenus de prévenir et de punir le crime de génocide.
  3. Statut de Rome – Article 7 : Définit les « crimes contre l’humanité » comme des attaques généralisées ou systématiques contre des civils, y compris les meurtres, la torture et les disparitions forcées.

Appel urgent à l'action

Le temps est compté pour Erfan Soltani et les milliers de personnes détenues lors du soulèvement de janvier. Le silence est complice. Nous exigeons :

  1. Pression diplomatique d'urgence : Intervention immédiate pour empêcher l'exécution d'Erfan Soltani.
  2. Mission internationale d'établissement des faits : Accès urgent aux détenus pour éviter une répétition des événements de 1988.
  3. Fin de l'impunité : Saisine du Conseil de sécurité des Nations Unies pour ces crimes.

Chaque seconde de retard coûte une vie humaine. Ne laissons pas la « dernière visite » de mercredi marquer le début d'un nouveau massacre.

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