dimanche 25 janvier 2026

Le régime iranien réagit avec menaces et inquiétude après que le Parlement européen a condamné la répression et demandé l'inscription des Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes.

 Une résolution du Parlement européen révèle la vulnérabilité du régime, tandis que des responsables mettent en garde contre des « conditions de guerre » et craignent la poursuite du soulèvement en Iran.

Une résolution qui a touché un point sensible à Téhéran

Les dirigeants du régime iranien ont réagi avec une colère et une anxiété manifestes après l'adoption par le Parlement européen d'une résolution historique condamnant les massacres et la répression des manifestants en Iran et réitérant leur demande de désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste par l'Union européenne.

La réaction – du ministère des Affaires étrangères aux hauts commandants des Gardiens de la révolution et aux imams de la prière du vendredi nommés par le régime – n’a pas révélé de confiance, mais de la peur : peur d’une résistance publique soutenue, peur d’un isolement international et peur que les Gardiens de la révolution, pilier de la survie du régime, soient de plus en plus perçus comme une entité criminelle plutôt que comme une force militaire légitime.

Parlement européen : Répression, exécutions et le Corps des gardiens de la révolution islamique au centre

Dans sa résolution adoptée le 22 janvier 2026, le Parlement européen a condamné sans équivoque ce qu'il a qualifié de violences systématiques et préméditées contre les manifestants à travers l'Iran. Les parlementaires ont cité des massacres, des arrestations arbitraires, des condamnations à mort accélérées à l'issue de procès inéquitables et l'une des coupures d'internet les plus étendues jamais imposées par un État.

Le Parlement a souligné que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) joue un rôle central dans ces exactions, tant au niveau national qu'à travers la déstabilisation régionale. Il a demandé :

  • La désignation complète du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), y compris le Bassidj et la Force Qods, comme organisation terroriste
  • Renforcement des sanctions de l'UE, notamment le gel des avoirs et l'interdiction de voyager, à l'encontre des responsables de la répression
  • Arrêt immédiat des exécutions et libération de tous les prisonniers politiques
  • Responsabilité pour les crimes relevant du droit international
  • Préparation à tous les scénarios possibles, y compris la transition politique en Iran

La résolution a également rejeté les affirmations du régime selon lesquelles les manifestations étaient orchestrées par l'étranger, soulignant que le soulèvement découlait de profonds griefs économiques, sociaux et politiques partagés par l'ensemble de la société iranienne.

Menaces officielles de Téhéran : « Toute ingérence sera sanctionnée. »

Le ministère des Affaires étrangères du régime iranien a réagi en avertissant que toute décision européenne concernant les forces armées ou les institutions de sécurité iraniennes entraînerait des mesures de rétorsion. Bien que présentée comme un avertissement diplomatique, cette déclaration soulignait la sensibilité du régime face à la perspective de voir le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) qualifié internationalement d'entité terroriste.

Ce type de langage reflétait moins une confiance diplomatique qu'une inquiétude quant aux conséquences juridiques, financières et politiques d'un isolement accru.

Les commandants des Gardiens de la révolution admettent une résistance sans précédent

Les déclarations de hauts responsables des Gardiens de la révolution se sont révélées plus révélatrices encore, reconnaissant que les troubles récents dépassaient largement le cadre de manifestations sporadiques. Un commandant régional des Gardiens de la révolution a décrit la résistance comme exceptionnellement organisée et destructrice, soulignant que de nombreuses bases du régime – utilisées comme centres d'entraînement idéologique et militaire – avaient été prises pour cibles.

Il a averti que tout retard dans la confrontation à ce qu'il a décrit comme une menace existentielle pourrait rendre toute action future impossible, admettant implicitement que le régime est en train de perdre le contrôle de la situation sur le terrain.

Les chaires du vendredi font écho à la crainte d'un effondrement interne

Les imams de la prière du vendredi nommés par le régime à travers l'Iran ont fait part de craintes similaires, décrivant à plusieurs reprises les manifestations comme un scénario proche de la guerre civile.

À Téhéran, l'imam de la prière du vendredi a présenté le soulèvement comme une tentative coordonnée de renverser le régime, avertissant que le pays était au bord du conflit interne. Dans d'autres villes, des représentants du Guide suprême ont qualifié la situation de « quasi-guerrière », appelant à la vigilance pour éviter l'implosion.

Plusieurs ont explicitement reconnu que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) était devenu la principale cible de la colère publique, admettant que les opposants au régime considéraient les Gardiens comme le pilier stratégique dont l'affaiblissement pourrait faire s'effondrer tout le système.

Un régime sur la défensive

Prises ensemble, ces réactions forment un tableau cohérent : une structure dirigeante soumise à de fortes pressions, ébranlée à la fois par une résistance interne et par un consensus international croissant contre ses méthodes de survie.

La résolution du Parlement européen ne se contente pas de condamner la répression ; elle remet en cause le discours, la légitimité et le fondement coercitif du régime. Le ton de plus en plus agressif adopté par Téhéran laisse penser que les appels européens à inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste noire et à traduire les responsables en justice trouvent un écho bien au-delà des cercles diplomatiques.

Alors que les manifestations persistent et que la surveillance internationale s'intensifie, le régime iranien semble moins préoccupé par la projection de sa force que par la maîtrise d'une crise qu'il ne contrôle plus pleinement.

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