Le mouvement de protestation national iranien est entré samedi dans son quatorzième jour, les manifestations se poursuivant dans de nombreuses régions malgré une coupure prolongée d'internet et un renforcement des mesures de sécurité dans les grandes villes.
Selon des informations en provenance du pays, des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont été signalés dans plusieurs villes, dont Téhéran, Tabriz, Rasht et Kazerun. À Kazerun, dans le sud de l'Iran, les forces de sécurité auraient tiré sans discernement sur des commerces et des immeubles d'habitation, exacerbant les craintes des habitants.
À Téhéran, la capitale, les forces de sécurité ont maintenu une forte présence tout au long de la journée, par crainte de nouvelles manifestations. Malgré ces mesures et les coupures d'internet persistantes, d'importantes manifestations nocturnes ont été signalées dans de nombreux quartiers, notamment Heravi, Chitgar, Ekbatan, Qeytarieh, Punak, Sattarkhan, Jannat Abad et à plusieurs carrefours importants. Les manifestants scandaient des slogans réclamant la démission du pouvoir et la fin du régime clérical.
Dans le nord-ouest, à Tabriz, de nouveaux affrontements ont opposé manifestants et forces de sécurité, alors que d'importantes foules se rassemblaient pour une nouvelle nuit de manifestations. Les manifestants scandaient des slogans prônant l'unité par-delà les clivages ethniques, notamment des appels à la coopération entre les communautés turcophones et persanophones. Des rassemblements nocturnes ont également été signalés à Rasht, où les manifestants continuaient de scander des slogans antigouvernementaux malgré la répression policière.
L'organisation de surveillance d'Internet NetBlocks a signalé que l'Iran restait hors ligne depuis environ 48 heures, confirmant ainsi la poursuite d'une coupure d'Internet à l'échelle nationale. Le groupe a noté que, tandis que les citoyens ordinaires demeuraient largement privés de communication, les autorités continuaient de publier des communiqués en ligne, alimentant les inquiétudes quant à la censure de l'information.
Des figures de l'opposition à l'étranger ont commenté les troubles en cours, affirmant que les manifestations s'étaient étendues à près de 190 villes à travers le pays au cours des deux dernières semaines. Elles ont fait état de confrontations continues dans les principaux centres urbains, notamment Téhéran et Mashhad, ainsi que dans des villes de province telles qu'Ispahan, Chiraz, Karaj, Zahedan, Kerman, Kermanshah et Yazd.
Alors que le mouvement de protestation iranien entame sa deuxième semaine, les manifestations continuent de braver les mesures de sécurité et les restrictions de communication. Les autorités n'ont publié aucun bilan officiel des victimes ni communiqué d'informations faisant état de dégâts matériels, de tirs à balles réelles ou de l'ampleur de la coupure d'internet. Face à la persistance des manifestations à travers le pays, la situation demeure instable et non résolue.
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