mardi 13 janvier 2026

Soulèvement de janvier 2026 : pourquoi la longue lutte de l’Iran contre la dictature a atteint un tournant décisif

 Comment plus d’un siècle de résistance a conduit à une exigence nationale de liberté, de dignité et à la fin de toutes les formes de pouvoir héréditaire en Iran

Si l'on compare les 120 dernières années de soulèvements en Iran à un escalier, chaque génération a gravi une marche de plus vers la liberté et l'égalité. Aucun soulèvement n'a été isolé. Chacun a fait progresser la société, affaibli la dictature et préparé le terrain pour la vague de résistance suivante. De ce point de vue, chaque soulèvement a rapproché l'Iran de la défaite finale du régime autoritaire.

Le soulèvement de janvier 2026 (Dey 1404) doit être perçu comme une étape cruciale de ce long cheminement. Il représente un rejet clair et collectif de toute forme de dictature héritée du régime, qu'elle soit royale, religieuse ou idéologique. Ce que les Iraniens réclament aujourd'hui, ce n'est pas une réforme de la tyrannie, mais son abolition définitive.

Points communs entre toutes les dictatures en Iran

Malgré leurs noms et apparences différentes, les dictatures en Iran moderne ont suivi le même schéma de base. Elles se sont appuyées sur un ensemble d'outils familiers pour conserver le pouvoir absolu :

  • Transformer chaque aspect de la vie en « question de sécurité »
  • Ignorer ou bafouer la constitution par un pouvoir politique et idéologique sans contrôle
  • Présenter le dirigeant — qu'il s'agisse d'un roi ou d'un chef suprême — comme sacré et intouchable
  • Refuser de répondre aux demandes du public, qu'elles soient économiques, sociales ou politiques
  • Faire taire toutes les voix sauf la voix officielle
  • Contrôler l'économie pour enrichir des élites fidèles tout en creusant les inégalités sociales
  • Affaiblir l'éducation et promouvoir l'ignorance pour empêcher la pensée critique
  • Emprisonner, exiler ou tuer les critiques et les opposants
  • Intégrer la dictature dans des institutions et des systèmes permanents

Dans de tels systèmes, les pensées, les croyances et même les identités personnelles doivent être filtrées par le pouvoir en place. Quiconque refuse de s'y soumettre est qualifié d'ennemi et devient la cible de propagande, de diffamation, d'emprisonnement, d'exil ou d'exécution.

Comprendre ces mécanismes permet de saisir l'importance du soulèvement de janvier 2026. Il remet directement en cause les fondements de la dictature, et non seulement ses symboles superficiels.

Pourquoi la liberté est importante

Une société sans liberté ne se contente pas d'être privée d'élections ou de partis politiques. Elle perd peu à peu sa créativité, sa dignité et son potentiel humain. Lorsque la liberté de pensée et d'expression est bafouée, les individus ne peuvent même plus poser de questions fondamentales, et encore moins chercher des réponses ou des solutions.

La véritable liberté englobe la liberté politique dans son sens le plus complet : liberté de croyance, d’expression, d’écriture, de critique et de choix. Elle définit fondamentalement la relation entre l’État et l’individu. À cet égard, le système de gouvernement du velayat-e faqih a totalement échoué. Pendant 47 ans, il a survécu grâce au mensonge, à la répression et à la destruction de la vérité.

Les échecs stratégiques du régime

Malgré sa brutalité, le régime clérical a échoué à maintes reprises :

  • Elle n'est pas parvenue à faire de l'ignorance un état permanent de la société.
  • Elle n'est pas parvenue à rallier la nation à son idéologie belliciste.
  • Elle n'a pas réussi à imposer le hijab obligatoire et a institutionnalisé la misogynie.
  • Elle n'est pas parvenue à briser la volonté du peuple par la pauvreté, la corruption et la peur.

Au lieu de la soumission, ces politiques ont engendré la résistance. Au lieu du silence, elles ont donné naissance à des générations de défiance.

Des soulèvements passés à une volonté nationale

Des manifestations de juin 1981 aux soulèvements nationaux de 2017, 2019 et 2022, tous les mouvements précédents convergent désormais. Ils trouvent leur expression collective dans le soulèvement croissant et déterminé de janvier 2026.

Ce soulèvement n'est plus isolé ni passager. Il se mue en une volonté nationale, partagée par les villes, les générations et les groupes sociaux. Son objectif est clair : mettre fin une fois pour toutes à la dictature héritée du passé.

Il ne fait guère de doute que si ce mouvement poursuit sur sa lancée actuelle, il marquera un tournant historique dans l'avenir de l'Iran. Un tournant où la terre iranienne deviendra, à jamais, le cimetière de la dictature et le fondement de la liberté, de l'égalité et de la dignité humaine.

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