Dans une lettre puissante sortie clandestinement de la prison, Dehban-Zadeh établit un lien direct entre les dictatures passées et présentes du pays. Il y dénonce ce qu’il décrit comme un cycle ininterrompu de répression — de la SAVAK du Shah au régime des mollahs — à l’occasion de l’anniversaire commémorant Takhti.
Il souligne que l’assassinat de figures populaires n’a jamais réduit une société au silence. Bien au contraire, rappelle-t-il, la violence d’État a historiquement déclenché la résistance et précipité la chute des pouvoirs tyranniques.
« Les crimes de la SAVAK et le martyre des héros populaires n’ont pas engendré le silence et la soumission », écrit-il. « Ils ont provoqué une tempête et un soulèvement, et relégué la monarchie au cimetière de l’histoire pour toujours. »
Dehban-Zadeh insiste sur le fait qu’aucune propagande ne saurait effacer de tels crimes, avertissant que les dictatures d’hier comme d’aujourd’hui sont condamnées face à une résistance organisée.
« Aucun doublage, aucune manipulation du récit ne peut purifier un tel degré de brutalité dans l’histoire », affirme-t-il. « Qu’ils soient mollahs ou Shah, tous sont voués à la destruction face aux vagues du soulèvement et de la résistance organisée. »
Rendant hommage à Takhti bien au-delà de son statut d’icône sportive, Dehban-Zadeh le présente comme une boussole morale pour la société iranienne — un homme resté aux côtés du peuple dans les années les plus sombres de la monarchie, incarnant la dignité, l’humilité et le refus de l’injustice.
« Gholamreza Takhti n’était pas seulement un grand champion », écrit-il. « Il était un modèle de conduite et une manière d’être. Il nous a appris à ne jamais humilier les faibles et à ne jamais quitter le terrain de l’honneur et de l’humanité. »
Depuis sa cellule, Dehban-Zadeh remet directement en cause l’idée, partagée par toutes les dictatures, selon laquelle l’élimination des révolutionnaires suffirait à étouffer les idées révolutionnaires.
« Les dictateurs imaginent-ils vraiment qu’en exécutant l’espoir de la révolution, ils peuvent aussi pendre nos idées ? » interroge-t-il. « Un simple regard sur la société iranienne et sur le soulèvement en cours prouve exactement le contraire. »
Selon la lettre, les valeurs et le sang des héros tombés se sont multipliés au sein de la jeune génération iranienne et des unités de résistance organisées, gagnant en force plutôt qu’en faiblesse.
Abordant la situation actuelle, Dehban-Zadeh accuse le régime clérical de tenter de retarder son effondrement inévitable par les exécutions, la torture et la violence de rue. Il cite le cas de Mohammad Javad Vafaei Sani, champion national de boxe, emprisonné et condamné à mort après le soulèvement de novembre 2019.
« Le régime le place à un carrefour entre l’amour du peuple et la mort », écrit-il. « Mais la réponse — dans la rue comme en prison — est une et la même : “Loin de nous l’humiliation.” »
Il avertit que la répression a toujours produit l’effet inverse de celui recherché, nourrissant la défiance plutôt que la soumission.
« Vous avez mal calculé », déclare le prisonnier politique. « Ce qui se multiplie dans chaque ruelle et chaque quartier, c’est le refus de capituler — des hommes comme Mohammad Javad, et des poitrines nues face aux balles des bourreaux. »
Dans l’un des passages les plus marquants de la lettre, Dehban-Zadeh reprend un slogan rejetant toutes les formes de dictature en Iran, passées comme présentes :
« Mort à l’oppresseur, qu’il soit Shah ou Guide suprême. »
Datée de janvier 2026 et signée depuis l’intérieur de la prison de Qezel Hesar, cette lettre se veut à la fois un hommage aux héros tombés d’Iran et un avertissement sans équivoque au pouvoir en place : les exécutions et la terreur ne consolident pas l’autorité — elles en accélèrent la chute.


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