mercredi 7 janvier 2026

Au Luxembourg, l'espoir de voir le régime iranien tomber

 Les élites exilées pensent que la révolte actuelle en Iran va précipiter la chute du régime des mollahs. Elles réclament des actions de la part du Luxembourg.

Par : Thomas Holzer

Moment Tiananmen ou simples manifestations contre la vie chère? L'Iran fait depuis plusieurs jours face à une nouvelle révolte populaire, en premier lieu contre l'inflation après que des commerçants ont décidé de baisser le rideau en signe de protestation.

Mais la viralité d'une vidéo symbolique montrant une personne assise au sol seule face aux forces de sécurité fait ressurgir l'hypothèse d'un régime des mollahs à bout de souffle, trois ans après la révolte étudiante réprimée dans le sang, qui a suivi la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour un voile présumé mal ajusté.

«Le régime n'a jamais été aussi faible»

Shabnam Madadzadeh, activiste iranienne
Plusieurs morts, dont un membre des forces de sécurité tué «à l'arme blanche et par balles», et 30 arrestations ont été enregistrées, tandis que Donald Trump s'est déjà dit prêt à «porter secours» aux manifestants. Des éléments qui accréditent l'idée d'une révolution en marche. À 5 000 kilomètres de Téhéran, l'espoir d'une théocratie autoritaire vivant ses dernières heures anime les élites exilées.

«Ce régime n'a jamais été aussi faible, en plus d'être isolé du monde. Il ne s'agit pas d'une série de protestations isolées, mais du résultat de décennies de répression et de corruption. Ils exécutent un prisonnier toutes les deux heures. Pourtant, les jeunes continuent de résister», analyse Shabnam Madadzadeh, militante des droits de l'homme, qui a passé cinq années en prison dans son pays d'origine.

Le Luxembourg appelé à agir
Plus que jamais confiante dans la capacité de la jeunesse iranienne à faire tomber le régime du guide suprême Ali Khamenei, elle s'appuie sur les récents échecs de la stratégie régionale de la République islamique, de l'affaiblissement du Hamas et du Hezbollah à la chute de Bachar Al-Assad en Syrie. Fin 2024, le dictateur sanguinaire syrien est tombé en quelques jours, sans que les observateurs les plus avisés ne puissent l'anticiper.

En 2011, le raz-le-bol social en Tunisie avait également été l'étincelle qui avait allumé la mèche des printemps arabes. Le même sort guette-t-il les maîtres de Téhéran, 48 ans après le lancement de la Révolution islamique? Pour atteindre cet objectif, Shabnam Madadzadeh compte sur le soutien des pays européens, en particulier celui du Luxembourg: «Les manifestants ne veulent pas d'argent, mais la reconnaissance de la légitimité de leur lutte. Cela passe par le placement des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Mais également par le fait d'inciter la communauté internationale à reconnaître l'existence d'une alternative démocratique».

Soutien de Maryam Radjavi (présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne), elle plaide pour une «république démocratique et séculaire», en opposition aux soutiens d'un retour de Reza Pahlavi, fils du Shah destitué. De vives oppositions au sein de la diaspora, qui traduisent l'incertitude politique d'une éventuelle transition de régime. «Fort de son combat historique pour la liberté et la démocratie, le Luxembourg est en capacité d'entraîner les autres pays. L'heure n'est plus aux déclarations, mais à l'action», conclut-elle.

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