Un examen approfondi des statistiques d'exécutions en Iran révèle bien plus que de simples chiffres. Il met au jour la logique politique, les craintes et les échecs d'un régime qui s'appuie de plus en plus sur le meurtre pour se maintenir au pouvoir.
Le premier graphique illustre les exécutions en Iran sur une période de quatre ans, de 2022 à début 2026. La trajectoire est sans équivoque : une augmentation rapide et constante sous le régime clérical, qui évoque non pas l’application de la loi, mais des massacres de masse. Ce qui se dégage n’est pas une tendance en matière de justice pénale, mais un schéma de violence d’État dirigée contre la société elle-même.
L'ampleur de cette escalade est stupéfiante. Les exécutions en 2025 ont plus que doublé par rapport à celles de 2024, deux fois et demie supérieures à celles de 2023, et près de quatre fois supérieures à celles de 2022. Aucune justification politique, juridique ou sociale ne peut expliquer une telle augmentation. Elle ne peut s'expliquer que par un choix politique délibéré.
Dès 2025, l'accélération s'est accentuée. Le nombre d'exécutions au cours du second semestre a plus que doublé par rapport au premier. Rien qu'en décembre 2025, on a dénombré 376 exécutions, un chiffre sans précédent depuis 37 ans. Il ne s'agissait pas d'une anomalie, mais de l'aboutissement d'une campagne de terreur menée pendant un an.
L'élément le plus frappant du graphique est la colonne de 2025, qui s'élève brusquement au-dessus de toutes les années précédentes. Cela soulève une question cruciale : pourquoi les exécutions ont-elles explosé de façon si spectaculaire cette année-là ? Pourquoi le régime a-t-il eu recours à des massacres systématiques d'une telle ampleur ?
La réponse révèle le caractère fallacieux de la propagande du régime. 2025 fut l'année de la guerre des douze jours, à l'issue de laquelle les dirigeants du régime affirmèrent que le peuple iranien s'était rallié à la dictature cléricale. Même à supposer que l'on accepte cette affirmation – que la réalité réfute catégoriquement –, les exécutions de masse constituent-elles une forme de gratitude ? La pendaison de citoyens est-elle la récompense d'une prétendue loyauté ? Cette contradiction à elle seule déconstruit le discours du régime.
Ici, le voile se lève sur des années de tromperie. La réalité n'est pas le soutien populaire, mais une résistance acharnée. C'est la résilience d'une population opprimée qui refuse de se soumettre, et le courage des femmes et des jeunes qui affrontent la répression au prix de grands sacrifices personnels. C'est cette contestation sociale – cette résistance vivante – qui a semé la panique dans le régime et l'a poussé à recourir aux exécutions en dernier recours.
Le deuxième graphique se concentre sur les exécutions au cours de trois saisons de l'année iranienne 1404 (2025-2026), révélant comment les meurtres se sont intensifiés mois après mois.
La tendance à la hausse est implacable. Rien qu'à Azar (novembre-décembre), 363 personnes ont été exécutées, soit une moyenne de 12,1 exécutions par jour. Cela signifie que toutes les deux heures environ, un être humain était pendu par l'État clérical.
Une seule baisse temporaire est observée à Tir (juin-juillet), coïncidant avec les suites immédiates de la guerre de douze jours. Durant cette période, le Guide suprême du régime a brusquement adopté une rhétorique nationaliste, invoquant « l'Iran » et « la patrie » pour tenter de masquer la vulnérabilité du régime. Une fois cette période passée, les exécutions ont repris avec une intensité accrue.
Le rythme des exécutions ne s'est pas ralenti. Au cours des trois premiers jours de Dey, au moins 52 personnes ont été exécutées, ce qui indique que la machine de mort reste pleinement opérationnelle.
Pourtant, cette hausse constante des exécutions ne révèle qu'une facette de la réalité : le visage sombre de la répression. L'autre facette, souvent occultée par les statistiques officielles, est la persistance de la résistance. Chaque exécution témoigne non pas de la force du régime, mais de la peur. Peur du soulèvement. Peur d'une génération qui refuse désormais l'intimidation. Peur des femmes et des jeunes qui continuent de s'organiser, de protester et de remettre en question les fondements du pouvoir clérical.
Face au tableau des exécutions du régime se dresse un autre tableau, non écrit : la montée de la rébellion, la propagation de la contestation et la détermination d'une société poussée à bout.
Comme en témoignent les manifestations nationales contre Dey, le peuple iranien aspire au renversement de ce système. L'histoire est sans équivoque quant au sort des régimes qui gouvernent par la force. Aucune dictature n'a jamais assuré sa survie par des massacres.
La responsabilité incombe désormais à une nation souffrante mais rebelle : suivre la voie tracée par ses fils et filles les plus courageux, intensifier la résistance et porter le coup de grâce à un système en déclin. Le printemps de la liberté, de la reconstruction et de la dignité en 1405 n'est pas une chimère, mais l'aboutissement inévitable d'une lutte déjà engagée.
Source : Iran News Updats
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