lundi 27 octobre 2014

Une Iranienne pendue malgré la mobilisation

CONDAMNÉE POUR MEURTRE

25 octobre 2014 16:29; Act: 25.10.2014

Une Iranienne pendue malgré la mobilisation

Reyhaneh Jabbari, condamnée pour le meurtre d'un homme qui l'aurait agressée sexuellement, a été pendue samedi malgré les appels internationaux pour l'épargner, a rapporté l'agence iranienne «Irna».
Des hommages ont été publiés sur la page Facebook de soutien à la jeune femme. (photo: Facebook / Reyhaneh Jabbari)

Amnesty International a immédiatement condamné la pendaison de la jeune femme, en la qualifiant de «nouvelle tache dans le bilan des droits de l'Homme de l'Iran» et «d'affront à la justice». Reyhaneh Jabbari, 26 ans, a été condamnée à mort en 2009 pour le meurtre en juillet 2007 de Morteza Abdolali Sarbandi, un chirurgien et ancien employé du ministère des Renseignements, au terme d'un procès «partial» selon Amnesty. Un expert de l'ONU avait également affirmé en avril que la cour n'avait pas pris en compte toutes les preuves, et que les aveux de la décoratrice avaient été obtenus sous la contrainte. Selon des «sources fiables» citées par cet expert, Morteza Abdolali Sarbandi aurait agressé physiquement et sexuellement la jeune femme qui, cherchant à se défendre, l'aurait poignardé avant de s'enfuir et d'appeler une ambulance.
Mais la justice iranienne a balayé ces critiques: les éléments du dossier ont montré que «le meurtre était prémédité», a assuré le bureau du procureur de Téhéran dans un communiqué publié samedi. Reyhaneh Jabbari a avoué «avoir acheté un couteau de cuisine (...) deux jours avant le meurtre» et l'a utilisé pour commettre le meurtre, selon le communiqué, ajoutant qu'elle avait frappé M. Sarbandi dans le dos, «ce qui montre qu'elle n'était pas en légitime défense». Enfin, elle a «envoyé un SMS à un ami dans lequel elle dit "je vais le tuer ce soir", ce qui montre que le meurtre était prémédité et que l'affirmation de défense contre un viol est sans fondement», poursuit le texte.

500 personnes ont été exécutées en Iran en 2013

Au cours des dernières semaines, la justice iranienne avait accordé plusieurs délais pour obtenir de la famille de la victime qu'elle accorde son pardon, ce qui, selon la charia (loi islamique), en vigueur en Iran, permet à un condamné à mort pour meurtre d'échapper à l'exécution et purger une peine de prison. La famille de M. Sarbandi a exigé, selon les médias iraniens, que Reyhaneh Jabbari dise «la vérité» sur l'identité d'un autre homme présent au moment du meurtre pour accorder son pardon. «Dans ses aveux, elle a déclaré qu'un homme était dans l'appartement au moment où mon père a été poignardé, mais elle refuse de donner son identité», avait déclaré Jalal, le fils de Morteza Abdolali Sarbandi, à la presse en avril. «Si elle dit la vérité, elle sera pardonnée, sinon elle subira la loi du talion» et donc la pendaison, avait-il poursuivi.
Des artistes et des personnalités de la société civile avaient appelé à la clémence, tout comme des organisations internationales des droits de l'Homme. Sur la page Facebook créée en soutien à Reyhaneh Jabbari apparaît désormais le message «Repose en Paix» et des photos de la jeune fille lorsqu'elle était encore enfant. En 2013, au moins 500 personnes ont été exécutées en Iran, en majorité pour des affaires de drogue, selon l'ONU.
(L'essentiel/AFP)



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