jeudi 30 septembre 2021

Les crimes d’honneur de jeunes femmes impunis

 CSDHI – Ces dernières semaines, des histoires de crimes d’honneur en Iran ont fait la une des journaux à travers le pays. Des maris ou des pères ont assassiné des jeunes femmes.

Les crimes d’honneur impunis en Iran

Dans de tels cas, la police et le système judiciaire agissent avec négligence pour empêcher ces meurtres de se produire ou pour poursuivre les hommes impliqués après les crimes d’honneur, octroyant effectivement à ces hommes le « permis de tuer« . C’est ce qu’il s’est passé pour Romina Ashrafi, assassinée par son père à Gilan et Sargol Habibi, de Sanandaj, tuée par son mari, ainsi que pour Bayan et Sahar Moradi, assassinées par le mari de Bayan. Malheureusement, les autorités ont ignoré les plaintes déposées par Bayan contre les précédents actes de violence de son mari.

Le Comité des femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a déclaré : « La violence à l’égard des femmes est l’une des pires violations des droits humains dans le monde. Pourtant, en Iran, elle n’est pas criminalisée. Les lois relatives à la punition des auteurs de crimes d’honneur sont faibles, ce qui leur confère des privilèges spéciaux et leur donne le droit de tuer. »

De très jeunes filles ou jeunes femmes assassinées par des membres de leur famille

Le cas de Mobina Souri, 14 ans, est l’un des plus récents. Son mari l’a étranglée à mort avec son foulard, le 30 août, dans la province de Lorestan. Elle était victime de mariages d’enfants, qui sont trop fréquents en Iran. La raison invoquée pour son meurtre était des rumeurs infondées selon lesquelles elle avait eu une liaison. Dans un premier temps, la famille de Souri et sa belle-famille ont affirmé qu’il s’agissait d’un suicide. Mais des enquêtes ultérieures et les aveux de son mari ont prouvé qu’elle avait été victime d’un crime d’honneur.

Sabri Nalbandi, mère de 24 ans, a également été assassinée par son mari. Il a ensuite brûlé la maison pour cacher les preuves de son crime. Le 8 août, Sara Pirzadi a été tuée par balle par son cousin pour avoir épousé un autre homme. Le mari de Shilan Mondami a ouvert le feu sur elle et sa famille, le 6 août, parce qu’elle avait demandé le divorce.

Une culture patriarcale institutionnalisée

Le Comité des femmes du CNRI a déclaré : « Les différentes analyses se fondent sur les lois misogynes du régime clérical et la culture patriarcale institutionnalisée dans la société et les familles iraniennes. Un militant des droits des femmes affirme que les crimes d’honneur en Iran sont expliqués publiquement comme étant causés par des différences familiales. »

Rezvan Moghaddam a documenté les crimes d’honneur en Iran au cours des dernières décennies. Il a expliqué que de nombreuses familles considèrent le divorce comme un déshonneur. Les femmes sont donc assassinées pour « protéger la dignité de la famille ».

Selon elle, « la violence contre les femmes n’est pas criminalisée. Le manque de refuges sûrs pour les femmes battues et l’absence d’enquêtes judiciaires sérieuses ont rendu la vie des femmes très difficile. Les statistiques sur la violence augmentent de jour en jour. On peut voir de façon palpable la collaboration entre les régimes politiques, juridiques et patriarcaux contre les femmes. »

Le Comité des femmes du CNRI a déclaré : « Les articles 612 et 630 de la loi islamique sur les châtiments concernent les femmes. Dans ces articles, le pouvoir judiciaire n’est pas responsable et accorde la décision légale au meurtrier. Ainsi, la violence contre les femmes trouve ses justifications légales dans les lois patriarcales et les traditions réactionnaires du régime. »

Source : INU

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