dimanche 15 février 2026

Le régime iranien arrête des infirmières et tente de dissimuler le massacre de janvier.

 Suite aux massacres des 8 et 9 janvier, une vague d'arrestations visant des infirmières a déferlé sur plusieurs villes d'Iran. Les médias d'État n'ont que peu évoqué ces arrestations. Des sources populaires avaient auparavant rapporté que plusieurs infirmières avaient été détenues pour avoir prodigué des soins médicaux à des personnes blessées lors des manifestations. Aucune statistique officielle n'a été publiée et le statut juridique des personnes détenues demeure flou. Cette ambiguïté soulève de sérieuses questions.

D'après les propos de Mohammad Sharifi-Moghaddam, secrétaire général de la Maison des infirmières iraniennes, publiés le 11 février par l'agence de presse officielle Tosee Irani, plusieurs infirmières ont été arrêtées à Téhéran, Ispahan et dans d'autres villes. Il précise : « Je ne dispose pas de statistiques précises. Les appels de familles et de collègues sont ma seule source d'information. Les arrestations d'infirmières se sont poursuivies même après les manifestations. La semaine dernière, une infirmière travaillant dans un centre de soins à domicile a également été arrêtée à son domicile. »

Scandale des « bons gènes pétroliers » : salaires en dollars et propriétés à Dubaï en pleine crise pétrolière iranienne

 Des informations liant des proches de hauts responsables de la NICO à des postes lucratifs dans le commerce pétrolier à Dubaï soulèvent de nouvelles questions sur la corruption systémique sous le Guide suprême Ali Khamenei.

Alors que l'industrie pétrolière iranienne est aux prises avec des sanctions, une pénurie de devises et un sous-investissement chronique, de nouvelles allégations ont émergé, soulignant une fois de plus le fossé grandissant entre les travailleurs pétroliers ordinaires et ceux liés aux centres du pouvoir. La controverse, qui a brièvement circulé sur une chaîne Telegram proche de l'État, a remis au goût du jour l'expression « bons gènes pétroliers », couramment utilisée en Iran pour désigner l'accès privilégié accordé grâce aux liens familiaux avec l'élite dirigeante.

Le système clérical au pouvoir en Iran et les 90 % : une génération qu’il ne peut contrôler

 De 1979 au soulèvement de janvier 2026, le système clérical au pouvoir en Iran est resté enfermé dans une confrontation incessante avec sa propre jeunesse.

Lorsqu’un haut responsable judiciaire iranien admet publiquement que « 90 % des personnes nouvellement arrêtées n’avaient aucun antécédent judiciaire », il ne s’agit pas d’un simple détail statistique. C’est un aveu politique.

Ce responsable du système clérical au pouvoir en Iran, Hekmat-Ali Mozafari, vice-président du pouvoir judiciaire iranien, a fait cette déclaration en référence aux arrestations massives intervenues lors du soulèvement de janvier 2026. Pour les observateurs peu familiers avec la structure politique iranienne, cette remarque revêt une portée considérable : l’écrasante majorité des détenus étaient de jeunes citoyens ordinaires, et non des militants politiques aguerris ou des récidivistes.

Ce n’est pas une anomalie. C’est la continuité d’un schéma vieux de 47 ans.

Esmat Najafi, une prisonnière exécutée à la prison de Qom

 Selon le rapport de CNRI Femmes ; Le matin du dimanche 15 février 2026, une prisonnière identifiée comme Esmat Najafi a été exécutée à la prison de Qom, accusée de meurtre.

Esmat Najafi avait été arrêtée auparavant pour meurtre et condamnée à mort par les tribunaux criminels du régime.

Au moment de la publication, les autorités pénitentiaires et les instances officielles compétentes n’ont pas annoncé ni confirmé publiquement cette exécution.

samedi 14 février 2026

Éditorial : L’Iran a atteint un point de non-retour

 Ce qui se déroule en Iran n’est pas une simple vague de protestations passagères. Il s’agit d’une phase de confrontation aboutie avec l’ensemble du système du Velayat-e Faqih. Un point de non-retour a été atteint. La lutte a dépassé le stade des crises temporaires et des querelles politiques. La cible est désormais la structure elle-même.

Jusqu’à récemment, les puissances mondiales partaient du principe que le régime clérical était stable et qu’un effondrement était peu probable. Cette hypothèse est désormais remise en question. Le débat sur un effondrement est entré dans le langage politique courant. Ce changement de perspective se reflète dans des mesures telles que la décision de l’Union européenne de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste après la répression brutale des manifestations. Une autre réalité s’impose : l’état du régime s’est dégradé et sa survie dépend de plus en plus du recours à la force brute.

L'ombre de l'anxiété plane sur l'éducation en Iran : les places dans les écoles se vident.

 Ces derniers mois, le lien entre sécurité et stabilité de l'éducation en Iran a été mis à rude épreuve. La persistance des tensions régionales et les provocations du régime des mollahs, conjuguées aux craintes d'un conflit armé potentiel et à l'inaction des institutions responsables pour garantir la sécurité psychologique des enfants, ont conduit de nombreuses familles à ne pas scolariser leurs enfants. Ce rapport analyse les causes de cet absentéisme généralisé et ses conséquences désastreuses pour le système éducatif du pays.

Infrastructure de la terreur systématique : ingénierie de « l'obscurité absolue » en Iran

 Feuille de route judiciaire de l'État pour les crimes intraçables lors de futurs soulèvements

Le soulèvement de janvier 2026 a ébranlé les fondements mêmes du pouvoir, entraînant un changement de stratégie répressive de l'État, passant d'une approche « réactionnaire » à une « brutale préemption ». L'analyse des prises de position récentes des responsables judiciaires et sécuritaires révèle que le régime iranien est entré dans une nouvelle phase de sa guerre contre la nation ; une guerre visant non seulement à punir les manifestants passés, mais aussi à anéantir tout moyen de relance. En criminalisant l'utilisation d'internet par satellite sous prétexte d'« espionnage », en renchérissant le coût de la dissidence pour les personnalités afin d'empêcher tout rapprochement avec les manifestants et de consolider un climat d'oppression totale, et en niant sans vergogne la détention d'enfants, le régime érige un mur pour garantir que la prochaine répression se déroule dans l'obscurité la plus totale, sans aucune possibilité de circulation de l'information. Ce rapport déconstruit les dimensions de cette « ingénierie du silence » et les infrastructures juridiques d'un crime prémédité.