jeudi 20 août 2026

La crise de l’eau et de l’électricité s’aggrave en Iran, tandis que les services essentiels deviennent un privilège

 Des villages qui ne disposent d’eau potable que deux heures par jour à l’eau boueuse qui coule des robinets à Ahwaz, en passant par les coupures d’électricité répétées à Téhéran, la crise des infrastructures iraniennes devient de plus en plus une crise de survie.

Pour des millions de personnes à travers l’Iran, l’accès à l’eau potable et à une électricité fiable — des services essentiels qui devraient être garantis dans toute société fonctionnelle — devient de plus en plus incertain.

Donya Mohammadi : une femme de 20 ans exécutée en Iran

 À l’aube du mercredi 19 août 2026, la sentence de mort d’une jeune femme de 20 ans nommée Donya Mohammadi, originaire du département d’Eyvan-e Gharb, a été mise à exécution à la prison centrale d’Ilam.

Donya Mohammadi avait été arrêtée il y a deux ans, à l’âge de 18 ans, pour des accusations de meurtre et avait finalement été condamnée au qisas (loi du talion) par l’appareil judiciaire.

Iran : une chanteuse condamnée à quatre ans de prison pour avoir chanté de la poésie

 Un tribunal iranien a condamné une chanteuse de musique classique à quatre ans de prison, simplement pour avoir interprété de la poésie.

Le mercredi 19 août 2026, Hiva Seyfizadeh a annoncé dans un message vidéo qu’un tribunal de première instance avait prononcé cette peine de quatre ans en vertu de l’accusation fabriquée par le régime « d’incitation à la corruption et à la prostitution ». Protestant contre ce verdict oppressif, la chanteuse a souligné que son seul geste avait été de chanter quelques vers de poèmes classiques de Saadi.

Crise économique : le vrai visage d'un régime qui se présente comme puissant

 Suite à la pression économique accrue exercée sur le régime iranien et au blocus naval, ses dirigeants craignent que la menace de nouvelles sanctions économiques proférée par le président américain Donald Trump n'aggrave les difficultés, ne ravive les troubles et n'érode davantage la légitimité du régime.

Malgré la politique belliciste des dirigeants du régime iranien après près de six mois de guerre et la fermeture du détroit d'Ormuz, voie de passage essentielle pour l'approvisionnement mondial en pétrole, ils subissent une pression croissante à l'intérieur du pays, susceptible d'entraîner des troubles sociaux généralisés. Les manifestations qui se déroulent à travers l'Iran pour protester contre la situation économique en sont un exemple.

Le coût du panier de vie est plusieurs fois supérieur aux salaires des travailleurs iraniens.

Le coût de la vie des travailleurs est mis à rude épreuve par l'inflation et les bas salaires. Les données sur l'inflation de juillet indiquent une pression financière croissante sur les ménages de la classe ouvrière. Les prix des biens essentiels ont augmenté rapidement. Parmi ceux-ci, l'alimentation représente la plus grande part du fardeau financier pour les ménages. Le logement, les soins de santé et l'éducation sont également devenus plus difficiles d'accès pour de nombreuses familles salariées.

D'après les données officielles du Centre statistique d'Iran, l'agence statistique officielle du régime iranien, l'inflation alimentaire a atteint 128,1 % en juillet. Cela signifie que le prix du panier alimentaire de référence a été multiplié par 2,8 par rapport à juillet de l'année précédente. Les prix d'au moins huit produits alimentaires ont augmenté de plus de 100 % au cours de l'année écoulée. Ces chiffres ne reflètent que les hausses de prix moyennes. Le panier alimentaire utilisé pour ces calculs officiels est par ailleurs très limité et minimal.  En Iran, les gens n'ont plus les moyens de réparer leurs appareils électroménagers 

Le pari économique de Téhéran : le régime allume la mèche, mais c’est la rue qui décidera de l’issue.

Le régime clérical de Téhéran approche d’un point critique où ses tactiques traditionnelles de temporisation et de subventions ne fonctionnent plus. Confronté à une conjonction sans précédent de paralysie économique, de dégradation alarmante des infrastructures et de colère populaire grandissante, le pouvoir iranien est contraint de prendre des décisions qu’il ne peut plus reporter. Si le régime conserve le pouvoir d’initier des changements économiques drastiques, comme la réduction des quotas de carburant ou l’imposition des prix du marché, il est totalement incapable de gérer les répercussions politiques qui en découleront. L’élite dirigeante peut décider du moment opportun pour appuyer sur le bouton, mais l’issue du choc à venir sera dictée non pas dans les couloirs du Parlement, mais par la rue et une opposition intérieure organisée.

Exécution d’un jeune Afghan de 21 ans à la prison centrale d’Ispahan : au moins 30 manifestants exécutés depuis le 19 mars

 Ghaem Hosseini, un ressortissant afghan de 21 ans arrêté en lien avec les manifestations de janvier 2026, a été pendu ce matin à la prison centrale d’Ispahan.

Il est le cinquième accusé dans l’affaire de la place Alikhani à être exécuté pour son implication présumée dans la mort de quatre policiers. Au moins 12 autres accusés dans cette affaire ont été condamnés à mort.