samedi 14 février 2026

Éditorial : L’Iran a atteint un point de non-retour

 Ce qui se déroule en Iran n’est pas une simple vague de protestations passagères. Il s’agit d’une phase de confrontation aboutie avec l’ensemble du système du Velayat-e Faqih. Un point de non-retour a été atteint. La lutte a dépassé le stade des crises temporaires et des querelles politiques. La cible est désormais la structure elle-même.

Jusqu’à récemment, les puissances mondiales partaient du principe que le régime clérical était stable et qu’un effondrement était peu probable. Cette hypothèse est désormais remise en question. Le débat sur un effondrement est entré dans le langage politique courant. Ce changement de perspective se reflète dans des mesures telles que la décision de l’Union européenne de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste après la répression brutale des manifestations. Une autre réalité s’impose : l’état du régime s’est dégradé et sa survie dépend de plus en plus du recours à la force brute.

L'ombre de l'anxiété plane sur l'éducation en Iran : les places dans les écoles se vident.

 Ces derniers mois, le lien entre sécurité et stabilité de l'éducation en Iran a été mis à rude épreuve. La persistance des tensions régionales et les provocations du régime des mollahs, conjuguées aux craintes d'un conflit armé potentiel et à l'inaction des institutions responsables pour garantir la sécurité psychologique des enfants, ont conduit de nombreuses familles à ne pas scolariser leurs enfants. Ce rapport analyse les causes de cet absentéisme généralisé et ses conséquences désastreuses pour le système éducatif du pays.

Infrastructure de la terreur systématique : ingénierie de « l'obscurité absolue » en Iran

 Feuille de route judiciaire de l'État pour les crimes intraçables lors de futurs soulèvements

Le soulèvement de janvier 2026 a ébranlé les fondements mêmes du pouvoir, entraînant un changement de stratégie répressive de l'État, passant d'une approche « réactionnaire » à une « brutale préemption ». L'analyse des prises de position récentes des responsables judiciaires et sécuritaires révèle que le régime iranien est entré dans une nouvelle phase de sa guerre contre la nation ; une guerre visant non seulement à punir les manifestants passés, mais aussi à anéantir tout moyen de relance. En criminalisant l'utilisation d'internet par satellite sous prétexte d'« espionnage », en renchérissant le coût de la dissidence pour les personnalités afin d'empêcher tout rapprochement avec les manifestants et de consolider un climat d'oppression totale, et en niant sans vergogne la détention d'enfants, le régime érige un mur pour garantir que la prochaine répression se déroule dans l'obscurité la plus totale, sans aucune possibilité de circulation de l'information. Ce rapport déconstruit les dimensions de cette « ingénierie du silence » et les infrastructures juridiques d'un crime prémédité.

Le Parlement européen adopte une résolution condamnant les violations flagrantes des droits de l'homme en Iran

 Le Parlement européen a adopté une résolution condamnant « l’oppression systémique, les conditions inhumaines et les détentions arbitraires » perpétrées par le régime clérical iranien. Le texte a été approuvé par 524 voix pour, 3 contre et 41 abstentions.

Dans leur résolution, les eurodéputés dénoncent un schéma d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, de torture, d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de châtiments collectifs et de conditions de détention abusives. Ils estiment le nombre de morts lors des récentes manifestations entre plusieurs milliers et plus de 35 000, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées, et des citoyens de l’UE.

vendredi 13 février 2026

Mai Sato : Les violations des droits de la défense en Iran se répètent à plus grande échelle

 La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran a annoncé que les communications officielles entre elle et d'autres experts de l'ONU et le régime iranien montrent que le schéma de procès inéquitables, d'aveux forcés et de conditions de détention inhumaines qui a suivi le soulèvement de janvier non seulement s'est poursuivi, mais se répète à plus grande échelle.

Écoles sous haute surveillance : les manifestations nationales suscitent un examen idéologique

 Suite aux manifestations nationales de janvier 2026, les écoles iraniennes seraient devenues des lieux de renforcement des mesures de sécurité et de surveillance idéologique. Les établissements scolaires accueillent de plus en plus souvent des personnes extérieures au personnel enseignant, chargées d'interroger les élèves et d'exercer des pressions sur eux concernant leurs opinions politiques et sociales.

D'après un rapport du Conseil de coordination des enseignants, établi à partir de témoignages d'enseignants, de parents et d'élèves de plusieurs provinces, des membres de la milice Bassidj, des agents de sécurité en civil et des prédicateurs religieux ont pénétré dans des établissements scolaires dans le cadre d'un plan apparemment centralisé et prémédité. Ces individus mèneraient des entretiens ciblés avec les élèves afin d'évaluer et de surveiller leurs convictions et leur éventuelle implication dans les récentes manifestations.

jeudi 12 février 2026

Un témoin de l’ampleur meurtrière de la répression lors du soulèvement populaire iranien de janvier 2026

 Fardis, Karaj – Un champ de mort pour les manifestants

Les événements survenus à Fardis, à Karaj, lors du soulèvement populaire iranien de janvier 2026, dépassent le cadre d’une simple répression de rue ; ils constituent un cas manifeste de « crimes contre l’humanité » et une violation systématique du droit à la vie. Les rapports documentés et les témoignages poignants recueillis dans cette ville font état d’un « massacre organisé » au cours duquel les forces étatiques, en violation flagrante des conventions internationales, ont utilisé des armes de guerre contre des civils. En administrant des « coups de grâce » aux blessés et en enlevant les corps des victimes, elles ont commis des atrocités qui heurtent la conscience humaine. Ce rapport atteste de la transformation d’une ville en zone de guerre et de l’effort concerté des autorités pour « nettoyer » la scène du crime par des coupures de télécommunications et l’intimidation des survivants.