jeudi 21 octobre 2021

Iran : un pays où les gens vendent leur cœur à cause de la pauvreté

 Avis de vente en Iran : « Un cœur à vendre, 29 ans, groupe sanguin O+, numéro de téléphone : 0938—-290 »

L’année dernière, une interview déchirante d’un jeune père de 29 ans qui voulait vendre son cœur a circulé sur les réseaux sociaux. Ce père avait mis une annonce pour vendre son cœur afin d’assurer l’avenir de sa famille.

Dans une interview, un soi-disant « acheteur » demande à l’homme : « Vous savez que si vous vendez votre cœur, vous ne survivrez pas ? »

« Oui, je sais ce qui se passera…. J’ai essayé de nombreuses autres méthodes et j’ai atteint une impasse. C’est la seule solution pour assurer l’avenir de mes enfants », répond l’homme. En guise de prix pour son cœur, il demande un milliard de tomans ou 367 000 dollars.

Alors que le 17 octobre a marqué la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté et que de nombreux pays prennent des mesures sérieuses pour atteindre cet objectif, en Iran, avec ses vastes ressources naturelles, les Iraniens sont obligés de vendre des organes vitaux pour couvrir leurs dépenses en raison de la pauvreté croissante.

Iran la pauvreté

La vente d’organes n’est pas un fait nouveau en Iran. Des murs à travers le pays sont couverts de publicités de personnes offrant leurs organes, même des organes vitaux tels que la moelle osseuse, le cœur et la cornée.

Dans un rapport publié en 2019, la Résistance iranienne a montré à quel point la vente de parties du corps était devenue une activité courante scandaleuse en Iran : « Les vendeurs sont ceux qui ont un besoin financier urgent pour qui le marché des organes est le dernier recours. La plupart de ceux qui sont prêts à vendre leur rein sont des jeunes entre 22 et 34 ans. Mais certaines personnes plus âgées veulent aussi vendre leurs organes. Comme les organes offerts par les jeunes ne sont pas rares, les acheteurs n’ont généralement aucun problème à trouver ce qu’ils veulent. »

« Amir, qui a environ 18 ans, a vendu son rein aux enchères à cause de la pauvreté. Il ne veut pas plus de 500 millions de Rials. Il dit qu’il ne peut plus faire face aux plaintes du propriétaire. Lui et son frère ont chacun décidé de vendre un de leurs reins et d’acheter une petite maison avec l’aide d’un prêt pour soulager leur mère des souffrances », a écrit le journal officiel Salamat news le 2 décembre 2018.

How the Islamic Revolutionary Guards Corps IRGC plunders Iran’s economyhttps://youtu.be/dHjy6OWnrvo

La pauvreté en Iran
Chaque jour de plus en plus d’Iraniens tombent dans le marasme de la pauvreté alors que le régime iranien continue de dévorer les ressources naturelles du pays et de les utiliser pour financer ses activités illicites. Le seuil de pauvreté en Iran varie de 10 à 15 millions de tomans. Pendant ce temps, la base salariale des ouvriers et employés iraniens est d’environ quatre millions de tomans.

Selon le quotidien économique Donyay-e Eghtesad, le 4 octobre : « les enquêtes officielles montrent que le nombre de pauvres a presque doublé de 2012 à 2019. Au cours de cette période, 4 millions de personnes se sont ajoutées aux pauvres et l’augmentation du seuil de pauvreté est passé de 6,4 % à plus de 12 %. »

Le 17 octobre, le quotidien Mardom Salarie a également confirmé que « les salaires sont bien inférieurs au taux d’inflation. Ainsi, avec la hausse du coût de la vie et les salaires fixes, une grande partie de la société est tombée sous le seuil de pauvreté. »

« Au cours des quarante dernières années, l’indice des prix a augmenté d’environ 1326 fois« , a écrit le quotidien Etemad (11 octobre 2021).

« Une partie de la société parvient à peine à joindre les deux bouts, tandis que les élites partent en tournée de luxe (à l’étranger). Actuellement, il n’y a pas de classe moyenne en Iran. Le seuil de pauvreté a dépassé les 11 millions de tomans. Les indices montrent qu’une grande partie de la société est en dessous de cette ligne. La poursuite de cette tendance divise la société en sections riches et pauvres. Nous pourrions bientôt entendre les os des pauvres se briser sous cette pression », a écrit le quotidien Aftab-e Yazd le 6 octobre.

Selon le quotidien Jahan-e Sanat du 2 octobre, « le pouvoir d’achat des Iraniens a fortement chuté et ils ont du mal à acheter même les produits de première nécessité, comme la viande, les œufs, et les produits laitiers, dont la consommation par les Iraniens a chuté de façon spectaculaire jusqu’à 50 pour cent.

« La flambée des prix et l’augmentation du taux d’inflation ont augmenté le coût de la vie de 40 millions de tomans en 2018 à plus de 63 millions de tomans en 2021 », a écrit le quotidien Kar-o Kargar le 3 octobre.

Récemment, les responsables du régime ont tenté de blâmer l’augmentation des salaires pour la flambée des prix. Pourtant, selon le quotidien public Kar-o Kargar du 21 septembre, « une augmentation de 39 % des salaires en 2021 ne couvrira que 37 % du coût de subsistance de la population. Le salaire d’un ouvrier de 4 millions de tomans ne couvre que dix jours du mois, et après cela, les ouvriers arrivent à peine à joindre les deux bouts jusqu’à la fin du mois. Ils doivent supprimer de nombreuses dépenses de base de leur vie.»

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