dimanche 1 janvier 2023

Au 107e jour du soulèvement, un jeune abattu par les pasdarans à Javanroud dans une commémoration de martyrs

 Soulèvement en Iran – N°211

Manifestations au bazar central de Téhéran, Semirom et Najaf Abad, grève des travailleurs du pétrole à Abadan et Ilam

Samedi matin 31 décembre, 107e jour du soulèvement, l’entrée du Grand Bazar de Téhéran a résonné des slogans « à bas le dictateur » et « à bas Khamenei ». Les forces répressives ont tiré des gaz lacrymogènes et arrêtés des commerçants. Les gens ont répliqué en criant « ordures, ordures », et des accrochages sporadiques ont éclaté. Ici et là fusaient les slogans « c’est l’année du sacrifice, on va renverser Seyed Ali [Khamenei] » et « pauvreté, corruption et vie chère, nous allons les renverser ». Les affrontements se sont étendus à la place du 15 Khordad et aux environs du bazar. Des secteurs du bazar de Téhéran ont fermé, notamment les bazars des chaussures, des joailliers, de l’électroménagers et des pièces détachées. Des forces répressives étaient aussi stationnées sur la place Valiasr par crainte de manifestations.

Iran : 12 exécutions en une semaine, au moins 78 prisonniers exécutés en décembre

 Appel à une action immédiate pour qu’une mission internationale visite les prisons en Iran et force le régime à stopper les exécutions

Par crainte de la propagation du soulèvement et du renversement inévitable de son régime, Ali Khamenei poursuit les exécutions sans relâche. A l’aube du 28 décembre, les mercenaires de Khamenei ont envoyé à la potence le condamné Ebrahim Ajali, blessé par les tirs des gardiens lors de l’émeute à la prison centrale de Karadj, ainsi que Davoud Youssefi, qui était lui aussi en isolement après le raid des forces répressives sur la prison. Ils ont été pendus dans ce centre pénitencier. Le 17 décembre, lorsque des détenus de la centrale de Karadj ont protesté contre le transfert de quatre prisonniers devant être exécutés, les forces répressives avaient ouvert le feu, tuant et blessant un certain nombre d’entre eux.

Deux ans de prison pour Sepideh Salarvand, anthropologue, écrivaine et militante des droits de l’enfant

 Le pouvoir judiciaire du régime des mollahs et ses institutions chargées de la sécurité continuent d’instruire des affaires et de prononcer des peines de prison et des châtiments inhumains à l’encontre des manifestants du soulèvement iranien. Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Sepideh Salarvand, anthropologue, écrivaine et militante des droits de l’enfant, à deux ans d’emprisonnement, à deux ans d’interdiction de quitter le pays, à l’interdiction d’appartenir à des groupes sociaux et politiques, et à la préparation d’un travail de recherche de 80 pages sur les thèmes de l’amour de la patrie et de la condamnation de la trahison.

Iran : Lettre ouverte de 238 responsables actuels et anciens de l’ONU

 « Depuis le début des manifestations populaires en Iran après la mort en détention de Mahsa Amini, les autorités ont assassiné jusqu’à 750 manifestants, dont des dizaines d’enfants, dans la rue ou en prison. Pas moins de 30 000 manifestants ont été arrêtés, et des dizaines d’entre eux ont été condamnés à mort pour « moharebeh » (faire la guerre à Dieu) dans le cadre de procès fictifs accélérés sans droit à une procédure régulière. »

La citation fait partie d’une lettre ouverte adressée aux dirigeants occidentaux par 238 responsables actuels et anciens de l’ONU, juges, experts des droits de l’homme, lauréats du prix Nobel et organisations non gouvernementales. Ils ont demandé que des pressions soient exercées sur l’Iran pour qu’il arrête l’exécution de manifestants antigouvernementaux, notamment en sanctionnant les responsables. Ils recommandent l’expulsion des ambassadeurs iraniens et l’inscription sur la liste noire, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Le soulèvement iranien et ses perspectives : interview avec le président des affaires étrangères du CNRI, Mohammad Mohadessine

 Mohammad Mohadessine, président de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Le soulèvement national du peuple iranien est entré dans son quatrième mois, malgré les tentatives du régime pour le réprimer. La poursuite de ces protestations indique que ce mouvement est organisé, et effectivement, la situation ne sera plus jamais la même en Iran. La révolution en marche a dévoilé le vrai visage d’un régime moribond et fragile. Pour éclairer la situation actuelle en Iran et évaluer les perspectives de ce soulèvement, plusieurs politiciens et personnalités suisses se sont réunis autour d’une table ronde avec Mohammad Mohadessine, président de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). La première partie des questions et réponses de cette réunion :

Des 40e jours de deuil, des affiches de Soleimani brûlées et des slogans de nuit pour le 106e jour du soulèvement

 Soulèvement en Iran – N°210

L’armée aux ordres de Khamenei reconnait sa participation à la répression du soulèvement

Dans la soirée du vendredi 30 décembre, la 106e nuit du soulèvement, « à bas à Khamenei » a été lancé depuis les bâtiments et les toits de divers quartiers de Téhéran, comme Pounak Jenoubi et Saadat-Abad. De jeunes insurgés ont mis le feu à des bannières avec le portrait de Qassem Soleimani sur le boulevard Hachemi, l’autoroute Sattari et l’autoroute Imam Ali de la capitale. À Kachan, la jeunesse rebelle a recouvert de peinture rouge sang un grand portrait de Soleimani. Dans la ville de Karadj, des jeunes ont allumé un feu sur le boulevard Danechamouz et lancé des slogans contre Khamenei.

Mahsa Pairavi a été condamnée à dix ans de prison et Mina Alikhani à 74 coups de fouet

 Le régime clérical au pouvoir en Iran continue de prononcer des peines d’emprisonnement et de flagellation à l’encontre des manifestants détenus au cours de procès inéquitables. Mahsa Pairavi, l’une des personnes détenues lors des manifestations nationales à Téhéran, a été condamnée à 10 ans de prison pour “incitation à la corruption et à la prostitution”.

Mahsa Pairavi a été arrêtée le 17 octobre 2022, dans le boulevard Mirdamad de Téhéran, parce qu’elle avait retiré son foulard et le faisait tournoyer en l’air. Mahsa Pairavi a été libérée plus tard après avoir versé une caution de 2,5 milliards de tomans.