Cet été, l'Iran a été le théâtre d'une vaste vague de protestations ouvrières et professionnelles. Les experts avertissent que l'inaction des autorités face à ces revendications pourrait étendre le mouvement au-delà des seuls griefs liés aux professions et au travail.
Ces dernières semaines, les retraités ont figuré parmi les groupes de manifestants les mieux organisés. Selon un rapport de HRANA, le 6 septembre, plusieurs enseignants retraités, employés des télécommunications et retraités de l'Organisation de la sécurité sociale se sont rassemblés devant le siège de cette dernière à Téhéran.
Des retraités de la Sécurité sociale ont également manifesté dans les villes d'Ahvaz, Shush, Kermanshah, Rasht et Dezful. Leurs principales revendications portaient sur l'application intégrale des articles 96 et 111 de la loi, la révision des dispositions relatives à l'ajustement des pensions et la prise en compte de leurs conditions de vie et de leurs problèmes de santé.
Des retraités du secteur des télécommunications de plusieurs provinces ont également protesté contre la gestion des deux principaux actionnaires de l'entreprise et le non-respect de son règlement d'emploi de 2010. Ces rassemblements ont lieu régulièrement, chaque semaine.
Grèves des chauffeurs et des ouvriers industriels
Le mécontentement des travailleurs s'est également étendu au secteur des transports. Selon un rapport de HRANA, le 5 septembre, des chauffeurs routiers ont protesté contre l'incertitude persistante au poste frontière de Pishin ; certains ont déclaré que leurs véhicules étaient immobilisés depuis près de 30 jours dans l'attente d'une décision concernant leur statut.
Parallèlement, le secteur industriel a également été le théâtre de manifestations sporadiques. À Ahvaz, des ouvriers d'entreprises liées à la canne à sucre se sont affrontés aux forces de sécurité, tandis que des journaliers travaillant dans des unités d'exploitation pétrolière protestaient contre plusieurs mois de retard dans le paiement de leurs salaires et de leurs assurances. Ces protestations témoignent d'un mécontentement croissant face aux retards de paiement des créances impayées, qui s'étend désormais à divers secteurs de l'économie du pays.
Crise économique et incapacité du régime à réagir
Pour de nombreux citoyens, l'horizon de leur vie s'est considérablement raccourci et la planification de l'avenir se résume désormais à s'inquiéter de la nourriture, des dettes et des dépenses du lendemain. Ce constat illustre l'ampleur des difficultés économiques que rencontrent les ménages iraniens.
Un examen des événements de ces dernières semaines révèle que les mouvements sociaux et professionnels partagent des causes communes : le mécontentement face à l’inflation, la dévaluation de la monnaie nationale, le chômage et les retards de paiement des salaires. Dans aucun de ces cas, les institutions responsables n’ont annoncé de réponse structurelle ni de solution concrète.
Mise en garde concernant l'expansion des manifestations
La récurrence hebdomadaire des rassemblements de retraités et de demandeurs d'emploi dans différentes villes, sans réponse concrète de la part des dirigeants du régime, pourrait conduire à l'extension des protestations à l'échelle nationale.
L'absence persistante de réponse aux revendications des travailleurs et des professionnels, dans un contexte de crise monétaire et d'inflation galopantes, accroît le risque de voir des mécontentements épars se transformer en un mouvement de protestation de plus grande ampleur. L'expérience des manifestations de janvier 2026, qui ont débuté dans les bazars de Téhéran, montre que de telles étincelles peuvent rapidement se propager au-delà de leurs revendications économiques initiales. Tant qu'une réponse structurelle ne sera pas apportée à ces revendications, le risque de voir une telle tendance se reproduire et s'amplifier demeurera.
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