L'affaire de corruption dans les ports iraniens est redevenue un sujet de controverse au Parlement. Selon le site web Didban Iran, lors de la session parlementaire virtuelle du mardi 1er septembre, les députés ont examiné un rapport de la Commission parlementaire du génie civil concernant une demande d'enquête et d'audit sur les performances de l'Organisation des ports et des affaires maritimes. La demande a été approuvée par 152 voix pour, 27 contre et 8 abstentions, sur 245 membres présents.
Le député Moslem Salehi a signalé des irrégularités financières dans certains ports du pays. Il a indiqué qu'à certains moments, plus de 1 000 milliards de rials avaient été retirés des comptes financiers. M. Salehi a également évoqué des faiblesses dans les contrôles internes et des lacunes réglementaires. Il a appelé à un examen approfondi des processus financiers et du système monétaire de l'Organisation des ports et des affaires maritimes.
Cependant, les documents publiés soulèvent des questions plus graves. Un rapport d'audit fait état d'un détournement de fonds de 1 080 milliards de rials au port Imam Khomeini. Ce même rapport souligne également la faiblesse du contrôle des opérations de paiement bancaire.
Recettes en devises étrangères et questions relatives aux flux monétaires
L'Organisation des ports et des affaires maritimes perçoit des recettes et des redevances liées aux activités des navires étrangers. Une partie de ces recettes est versée en devises étrangères. De ce fait, le contrôle des flux financiers des ports s'avère d'autant plus crucial. Salehi a plaidé pour une transparence totale quant à la gestion, au transfert et au règlement des recettes en devises. Il a également insisté sur le respect de la réglementation des changes de la Banque centrale. Dans ce contexte, la question centrale est sans équivoque.
Un rapport d'audit a recensé environ 12 958 milliards de rials de créances commerciales et autres dettes en cours. Une part importante de ces créances était due par diverses entreprises. Le rapport indiquait également qu'une partie de ces créances ne bénéficiait d'aucune garantie valable.
Les terrains de 2 400 hectares : un autre volet de l'affaire de corruption portuaire
L'affaire de corruption dans les ports ne se limite pas aux comptes bancaires. Les terrains portuaires font également l'objet d'une enquête et d'un audit approfondis. L'un des dossiers examinés concerne les 2 400 hectares de terrain du port de Rajaei. Salehi s'interroge sur les modalités d'attribution et de gestion de ces terrains. Il convient également d'examiner les qualifications des investisseurs et le respect de leurs engagements. Mais le rapport d'audit soulève un point encore plus important.
D'après le rapport, 676 hectares des 2 400 hectares de terres gagnées sur la mer étaient occupés par des tiers. Le même document signale également l'absence de titres de propriété pour une partie de ces terres dans plusieurs ports. La superficie totale de ces terres est estimée à 821,3 hectares.
Enquête et audit : pourquoi les réponses n'ont-elles pas été fournies ?
Un autre aspect majeur de l'affaire de corruption portuaire réside dans la longueur des procédures d'enquête et d'audit. Salehi a déclaré que la demande était en suspens depuis 2024. Selon lui, des réunions ont eu lieu avec les anciens dirigeants de l'Organisation des ports et des affaires maritimes. Cependant, les documents demandés par les parlementaires n'ont pas été fournis. Si ces déclarations sont exactes, le problème ne se limite pas à des malversations financières. Il concerne également la responsabilité des dirigeants et des institutions concernées.
À cet égard, un expert du secteur du transport maritime a également remis en question les conclusions de l'enquête et de l'audit menés en 2024 sur l'Organisation des ports et des affaires maritimes. Il avait évoqué la nécessité de transparence et de responsabilisation parmi les dirigeants de l'organisation.
Il ne s'agit plus de simples questions de gestion. L'enjeu concerne le sort des ressources publiques et la responsabilité de ceux qui sont chargés de les gérer.
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