Des informations fournies à la Société iranienne des droits de l’homme par un détenu de la prison de Zahedan révèlent de nouveaux détails sur le transfert secret d’une trentaine de prisonniers politiques de Téhéran vers cet établissement et sur les conditions de détention déplorables dans lesquelles ils sont incarcérés. Afin d’éviter toute pression sur la source ou des poursuites judiciaires à son encontre, tous les éléments permettant de l’identifier ont été supprimés.
Selon ces informations, une trentaine de prisonniers politiques ont été transférés de Téhéran à la prison centrale de Zahedan durant les 40 jours de guerre civile. Après leur transfert, ils ont été placés dans des cellules et des sections séparées, et les détenus de droit commun n’ont jusqu’à présent aucun contact direct avec eux.
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Les détenus des quartiers communs ont été informés que les personnes transférées avaient été arrêtées pour leur rôle présumé dans l’organisation des manifestations nationales de janvier 2026. Cependant, aucune information officielle n’a été publiée concernant leur identité, les charges retenues contre eux, l’autorité ayant ordonné le transfert, leurs lieux de détention précédents ou l’état d’avancement de leur dossier.Transfert d’une trentaine de prisonniers politiques de Téhéran à Zahedan
Le transfert de ce groupe de prisonniers politiques s’est effectué sans préavis et, selon les informations disponibles, leurs familles ignorent toujours où ils se trouvent et dans quelles conditions. Même les détenus de la prison de Zahedan n’ont pas pu rencontrer les personnes transférées ni obtenir d’informations sur leur identité.
Une source interne à la prison indique que les prisonniers ont été répartis dans plusieurs cellules et que l’administration pénitentiaire a refusé de les regrouper. Cette séparation risque de limiter leur capacité à communiquer, à échanger des informations et à protester collectivement contre leurs conditions de détention.
Il a également été rapporté que les dossiers judiciaires et les informations concernant ces 30 prisonniers n’ont pas été communiqués aux personnes incarcérées. Aucune information n’est disponible quant à l’état d’avancement des procédures judiciaires, aux peines encourues ou à leur accès à un avocat. On ignore dans quels centres de détention ou prisons de Téhéran ces personnes étaient détenues avant leur transfert, ni si ce dernier a été effectué sur ordre judiciaire et avec l’accord de leurs familles.
Le transfert de prisonniers politiques dans une prison éloignée du domicile de leurs familles complique considérablement l’accès aux visites, aux avocats et au soutien familial. La distance importante entre Téhéran et Zahedan peut également engendrer des frais de déplacement élevés et de nombreux obstacles pour les familles souhaitant suivre l’évolution de leur dossier.
Des prisonniers originaires de différentes villes sont détenus à la prison de Zahedan
Outre le groupe transféré de Téhéran, au moins trois autres prisonniers sont détenus à la prison de Zahedan, accusés de liens avec l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Ces personnes ont été transférées à la prison centrale de Zahedan depuis Zahedan ou d’autres villes du sud et de l’est du pays. Aucune information supplémentaire n’est disponible concernant leurs noms, les chefs d’accusation exacts, les peines prononcées ou l’état d’avancement de leurs dossiers.
Les prisonniers politiques ne sont sortis de leur cellule qu’une fois par semaine pour prendre l’air, ce qui limite leur exposition à la lumière du jour. La durée et l’heure exactes de ces sorties sont inconnues.
Même lorsqu’ils quittent leur cellule, ces prisonniers sont déplacés de manière à éviter tout contact avec les détenus ordinaires. L’administration pénitentiaire justifie cette séparation par la volonté d’empêcher la diffusion d’informations à l’extérieur et de bloquer toute communication entre les détenus.
Les prisonniers politiques n’ont pas non plus accès aux cabines téléphoniques de la prison. De ce fait, ils sont privés de la possibilité de contacter leurs familles, de les informer de leur état de santé et de leur lieu de détention, ou de demander un avocat. L’interdiction des appels téléphoniques, combinée aux restrictions de visites et à l’isolement dans des quartiers séparés, les plonge dans un état de confinement et d’incertitude total.
Des détenus ordinaires menacés de nouvelles poursuites
Selon une source interne à la prison, les autorités ont averti les détenus ordinaires que toute conversation avec des prisonniers politiques entraînerait l’ouverture de nouvelles poursuites contre les deux parties. Il leur a également été indiqué que communiquer avec des prisonniers politiques pourrait entraîner des peines plus longues ou des accusations supplémentaires.
Ces menaces ont instauré un climat de contrôle strict dans les quartiers, dissuadant les détenus ordinaires de s’approcher des sections où sont détenus les prisonniers politiques. Ces restrictions empêchent également la transmission d’informations concernant la santé des prisonniers, leurs conditions de détention et le comportement des autorités à leur égard.
La source a souligné que les autorités pénitentiaires sont extrêmement vigilantes quant à toute information susceptible de filtrer vers l’extérieur. Par conséquent, non seulement les prisonniers politiques se voient refuser tout contact direct avec les autres détenus, mais quiconque tente d’obtenir des informations sur leur situation s’expose à la menace de l’ouverture d’une nouvelle procédure judiciaire à son encontre.
Insuffisance alimentaire et privation de nourriture chez les détenus
Un autre problème soulevé concerne la piètre qualité et la quantité dérisoire de la nourriture distribuée aux détenus. Selon le détenu à l’origine de ce rapport, dans certaines sections, la ration alimentaire permet tout juste d’éviter que les prisonniers ne meurent de faim, sans toutefois suffire à les rassasier.
La situation est encore plus critique dans les cellules d’isolement. Les détenus qui y sont enfermés ne reçoivent pas de petit-déjeuner. Leur ration quotidienne se limite parfois à une dizaine de cuillerées de riz, et même ce riz ne leur est pas servi régulièrement.
Dans la journée, les détenus reçoivent un verre d’eau, puis un autre le soir. Certains jours, le repas du soir se compose d’un œuf et d’un petit morceau de pain. La source interne a décrit les conditions d’alimentation en isolement comme étant extrêmement éprouvantes, précisant que ces quantités ne couvrent pas les besoins fondamentaux d’un adulte.
Structure des quartiers et cellules souterraines
Selon les informations recueillies, la prison centrale de Zahedan compte dix quartiers principaux. Toutefois, les avis et règlements diffusés au sein de l’établissement au moment de la transmission de ce rapport ne concernaient que les quartiers un à huit. Le statut des deux autres quartiers ainsi que leur mode d’utilisation demeurent indéterminés.


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