Malgré les promesses du gouvernement de Massoud Pezeshkian d’améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière, la réalité sur le terrain révèle une crise croissante de pauvreté, de corruption et de fraude d’État.
L’escroquerie du « Logement National »
À Shiraz, dans la province de Fars, ce qui était présenté comme un projet phare du gouvernement est désormais qualifié de « fraude nationale » par des citoyens en colère. Lundi 22 décembre, des demandeurs de logements dans le cadre du « Mouvement National du Logement » se sont rassemblés devant la Direction générale des routes et du développement urbain.
Leur grief est criant : après quatre ans d’attente et des paiements dépassant 600 millions de tomans, ils sont toujours sans abri. Les chantiers, qui devaient aboutir à des immeubles résidentiels de six étages, sont au point mort au troisième étage. Au lieu de livrer les logements, les autorités exigent maintenant 200 millions de tomans supplémentaires des demandeurs.
De même, à Borazjan, dans la province de Bushehr, les acquéreurs du projet immobilier « Isargaran » se sont rassemblés lundi devant le palais de justice local. L’entrepreneur, proche du régime, a vendu environ 280 logements, encaissé les fonds, puis a laissé le projet en suspens pendant des années. « Personne ne nous entend ! », scandaient les manifestants, dénonçant le refus de la justice de poursuivre les entités étatiques responsables de ce détournement de fonds.
« Notre travail est rémunéré en dollars, notre salaire en rials »
L’effondrement de la monnaie nationale a dévasté le secteur de la santé iranien. Mardi 23 décembre, le personnel infirmier de l’hôpital Razi d’Ahvaz, dans la province du Khuzestan, a organisé un rassemblement de protestation. Contraints d’effectuer des heures supplémentaires obligatoires en raison de la pénurie de main-d’œuvre, les soignants ont scandé un slogan qui résume la réalité économique de l’Iran en 2025 : « Notre travail est rémunéré en dollars, notre salaire en rials. »
Les infirmières protestent contre le « manque de fonds » alloués aux tarifs de santé et la forte baisse de leur pouvoir d’achat. Malgré un rassemblement le 20 décembre, leurs revendications pour des salaires équitables et le paiement des arriérés sont restées lettre morte.
Or et sucre : Extraction des richesses contre pauvreté ouvrière
Alors que le régime exporte les ressources naturelles du pays, les travailleurs qui les extraient vivent dans la misère. À Takab, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, la grève à la mine d’or de Zarshuran entrait mardi dans son dixième jour consécutif. Zarshuran est l’un des gisements d’or les plus riches du Moyen-Orient, pourtant ses mineurs sont en grève pour obtenir le respect de leurs droits sociaux fondamentaux et la fin des pratiques salariales discriminatoires.
Simultanément, à la sucrerie du Moyen-Orient, les ouvriers entamaient mardi leur deuxième jour de grève. Le mouvement a été déclenché par l’expulsion de trois ouvriers qui s’étaient portés volontaires pour réclamer leurs salaires impayés. Les ouvriers protestent également contre la non-application des lois sur la classification des emplois, une tactique utilisée par les employeurs pour comprimer les salaires.
Rejet d’un budget « injuste » par les retraités
À Kermanshah, une large coalition de retraités issus des secteurs public, de la sécurité sociale, des télécommunications et de la santé s’est rassemblée mardi devant la Caisse nationale des pensions. Les manifestants ont condamné le projet de budget du gouvernement pour la prochaine année persane, qui ne prévoit qu’une augmentation de 20 % des pensions – un chiffre largement insuffisant face à l’inflation à trois chiffres du pays.
Des témoins sur place ont décrit une foule solidaire, les automobilistes klaxonnant sans cesse en signe de solidarité avec les manifestants âgés, désormais incapables de subvenir à leurs besoins essentiels. Les retraités ont également réclamé la libération du prisonnier politique condamné à mort, Mohammad Javad Vafaei Sani.
À l’approche de la fin de l’année 2025, le peuple iranien affirme clairement que la pauvreté et la corruption sont dues à un régime qui privilégie sa propre survie et l’agression régionale au détriment du bien-être de sa population.

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