samedi 17 avril 2021

Les protestations des retraités reflètent la situation explosive de la société iranienne

retraites-manifestations

Les retraités manifestent en Iran

CSDHI – Il n’est pas exagéré de dire que la société iranienne est au bord de l’effondrement et d’une explosion sociale. Aux quatre coins du pays, nous assistons à des protestations quotidiennes de toutes les strates.

Des étudiants aux travailleurs en passant par les retraités et les femmes, qui n’ont plus rien à perdre.

Les retraités ne supportent plus leur vie misérable

Les retraités en sont un exemple : pour la troisième fois depuis le Nouvel An persan, ils sont descendus dans la rue pour protester contre leurs conditions de vie misérables et leurs bas salaires. Le poids des coûts élevés et l’inflation leur brisent le dos.

Cette fois-ci, les manifestations ont eu lieu à Téhéran et dans 26 autres villes. Les forces de police du régime étaient parfaitement préparées et ont tenté d’empêcher quiconque de filmer ou de se joindre à elles en attaquant les manifestants.

La répétition des manifestations et leur maturation en trois mouvements de protestation cette année montrent que la société est prête. Ce fait est clairement cristallisé dans le slogan des retraités.

« Tant que nous n’obtiendrons pas nos droits, nous viendrons ici chaque dimanche. »

« Ce n’est que dans la rue que nous obtiendrons nos droits. »

Atteindre le point où seul le fait de descendre dans la rue permet d’obtenir les droits est une réussite bénie pour le mouvement social et une alarme sérieuse pour le régime.

Le régime est coincé entre réprimer ou ignorer les protestations

Les options du régime sont très limitées. D’une part, il ne peut réprimer ces protestations car il craint les conséquences de leur propagation. D’autre part, il ne peut les ignorer car cela aura le même effet et davantage de personnes rejoindront ces protestations. C’est une situation dans laquelle le régime est coincé.

Dans une situation où le régime a besoin d’une société silencieuse pour organiser son élection présidentielle, ces protestations sont très dangereuses. Parmi les chants récents des manifestants, on a pu entendre : « Nous ne voterons plus, car nous avons entendu trop de mensonges. »

Ce slogan vise l’élection du régime. Sa répétition et son expansion sont très dangereuses pour la légitimité du régime.

Les responsables du régime sont bien conscients que toute erreur pourrait bien être leur dernière erreur, notamment à cause d’une société après les manifestations de novembre 2019. Auparavant, le président du Parlement du régime, Mohamad Bagher Ghalibaf, a déclaré :

« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à divers défis dans le système. Nous sommes témoins de problèmes économiques dans le système. Les moyens de subsistance des gens sont sous pression à tel point que la question de l’approvisionnement et de la distribution du poulet joue tout simplement avec l’âme des gens.

L’ennemi de l’économie, c’est le régime

« Ces problèmes sont dus à une mauvaise gestion, pas à un manque de ressources. Aujourd’hui, les ennemis entrent dans l’économie pour affaiblir le système. Ainsi, la dichotomie de la pauvreté et de la richesse est devenue plus importante pour le système que la dichotomie de la guerre et de la paix. Si l’on ne répond pas aux demandes avec précision, en temps voulu et rapidement, nous serons confrontés à des problèmes différents chaque jour. »

Il avouait évidemment le fossé social créé par lui-même dans la société et son danger pour le régime. Il conduira à davantage de protestations, car il a dit : « Nous sommes confrontés à différents problèmes chaque jour. »

« Les inefficacités mentionnées causent des problèmes dont la police doit supporter la charge, et toute action dans ce sens entraîne divers problèmes. » (ISNA, 10 avril 2021)

Tout en demandant plus de forces de l’ordre et l’allocation de plus de ressources à celles-ci, Ghalibaf essayait de réduire et de couvrir la haine et le dégoût du peuple pour ces force. Il a dit : « Aujourd’hui, les forces de l’ordre sont au cœur de la vie des gens, et les commandants de la NAJA (police) rencontrent souvent les gens plus que leurs propres forces. Il est donc important de connaître les phénomènes avant d’agir. La NAJA est un succès lorsqu’elle peut agir activement et devancer les phénomènes. »

Se déplacer activement et en amont des phénomènes signifie que les forces du régime doivent sentir le pouls de la société entre leurs mains, afin de prévoir tout soulèvement et de le prévenir à temps.

Source : Iran Focus (site anglais)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire