Féminicides en Iran : En quelques jours seulement, en octobre 2026, plusieurs femmes et filles ont été assassinées dans différentes villes d'Iran par les hommes les plus proches d'elles — d'une enfant mariée de force de 16 ans à une mère abattue avec sa fille de 14 ans.
Ces crimes ne sont ni des incidents isolés ni des cas exceptionnels. Ils font partie intégrante de la réalité quotidienne des femmes en Iran : une réalité où les lois misogynes du régime des mollahs, l’inefficacité des sanctions et l’impunité dont jouissent les auteurs de violences ont créé un contexte propice à la perpétuation des féminicides.
Un examen des meurtres signalés ces dernières semaines montre que la violence à l'égard des femmes en Iran n'est pas une crise individuelle ou familiale, mais un problème structurel enraciné dans l'État lui-même.
Fereshteh Yousefzadeh et sa fille de 14 ans assassinées
Fereshteh Yousefzadeh, une mère de trois enfants âgée de 38 ans, a été assassinée par son mari, membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Mohammad Mohammadi, 56 ans, membre du CGRI dans la ville de Dehloran, province d'Ilam, a ouvert le feu avec un Kalachnikov, tuant Fereshteh, sa fille Roza, âgée de 14 ans, et ses jumeaux de neuf ans, Radbin et Hadis.
Fereshteh avait une fille, Roza, d'un précédent mariage. Les désaccords du couple portaient sur la présence de Roza au sein de la famille, ce qui finit par contraindre Fereshteh à quitter le domicile conjugal. Quelque temps plus tard, elle revint récupérer ses affaires. C'est alors qu'elle et ses trois enfants furent assassinés. L'information concernant ce crime atroce fut publiée le 15 octobre 2026.
Yeganeh Hosseinzai n'avait que 10 ans lorsqu'elle a été fiancée.
Yeganeh Hosseinzai, 16 ans, victime d'un mariage forcé, a été assassinée par son mari dans le comté de Bakhzar, province de Razavi Khorasan , le vendredi 9 octobre 2026. Elle a été battue à coups de câble et de bâton avant d'être étranglée. (Agence de presse Rokna, 13 octobre 2026)
Yeganeh avait été promise au fils de sa tante paternelle alors qu'elle n'avait que 10 ans et l'avait épousé à l'âge de 14 ans.
Maryam Yar-Mohammadi, 28 ans, mère de deux enfants
Le 5 octobre 2026, Maryam Yar-Mohammadi, une mère de 28 ans, a été tuée à son domicile sur l'île de Qeshm, dans la province d'Hormozgan, après avoir été poignardée à plusieurs reprises.
C'est son frère qui a tué Maryam. Son mari a été son complice : il a emmené leurs enfants hors de la maison pendant l'attaque, facilitant ainsi le meurtre.
Le frère a fait irruption chez sa sœur en pleine nuit et l'a poignardée à plusieurs reprises au cou, aux seins et aux parties génitales. Après s'être assuré que Maryam était morte, il l'a emmenée à l'hôpital.
Ce qui s'est passé après le crime a révélé un autre aspect troublant de ce qu'on appelle un « crime d'honneur ». Plusieurs proches de Maryam se sont rassemblés devant l'hôpital pour protester contre l'arrestation de son frère et de son mari.
Suite à son meurtre, les noms de son mari et de son frère ont été publiés dans l'avis de décès, en tant que membres de la famille endeuillée — les personnes mêmes qui auraient dû être tenues responsables de sa mort.
Mina Soltani, 40 ans, mère de deux enfants
Mina Soltani, une mère de deux enfants âgée de 40 ans et résidant à Ispahan, a été assassinée par son mari, qui l'a poignardée à plusieurs reprises à la poitrine et au cou. Le 8 octobre 2026, avant de tuer Mina, il a fait sortir leur aîné de la maison sous un prétexte fallacieux et a enfermé leur fils de 10 ans dans une pièce. Il a ensuite assassiné sa femme.
Le lendemain, le 9 octobre 2026, une femme de 27 ans a été abattue par son ex-fiancé à l'aide d'une arme de poing dans le centre commercial Saadi de Téhéran. (Hamshahri Online, 10 octobre 2026)
Pourquoi les tueurs se sentent-ils libres de défendre leurs actes ?
Les féminicides en Iran sont de plus en plus fréquents. Les cas mentionnés ci-dessus montrent qu'au moins cinq femmes ont été assassinées par des membres masculins de leur famille en l'espace d'une seule semaine. Ces cas ne représentent qu'une infime partie des meurtres relayés par les médias. Mais la question n'est pas simplement de savoir pourquoi un frère, un mari, un père ou un fils commet un meurtre. La question centrale est de savoir pourquoi ces meurtriers se sentent si libres de justifier leurs actes.
Les lois misogynes du régime des mollahs ont contribué à une augmentation inquiétante des crimes dits d'honneur en Iran.
Ces lois ne font rien pour prévenir la violence. Au contraire, elles légitiment le meurtre.

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